‹ Conchologie néogénique de l'Aquitaine (volume 2)Chapitre 170 sur 273 · Chlamys ( Antipecten ) Sacyi nov. sp · texte numérisé non relu

Chlamys ( Antipecten ) Sacyi nov. sp

PL XV, fig. 12-13 et 15-19.

. [Chlamys quinqueradiatus Ben. in coll.].

?I874. Pecten discors Benoist. Cat. Saucats, p. 71, n° 202 ( non Brocc.).

Test épais. Taille moyenne; forme suborbiculaire, transverse à l’âge adulte, auriculée, équilatérale, très inéquivalve, à peu près close. Valve droite presque plane, crochet pointu et plat, angle apical 90° au crochet, 120° aux extrémités; oreillette antérieure dilatée en aile très allongée, rectangulaire, coupée presque orthogonalement à son extrémité, échancrée à sa base par une encoche très large et peu profonde, garnie de cinq dents pectinidiales fortes et acérées chez les exemplaires adultes; fasciole byssale ornée de sillons curvilignes indiquant les emplacements successifs de l’encoche; oreillette postérieure aussi étendue que l’autre, mais plus large, un peu sinueuse sur son contour inférieur. Valve gauche assez bombée, avec

des oreillettes très développées, assez hautes, légèrement sinueuses à leur extrémité; crochet, pointu, recourbé, mais peu bombé, angle apical variant aussi de 90° à 120".

Surface externe différemment ornée sur les deux valves; la droite porte douze à quatorze côtes bien égales, très saillantes, piano-convexes, s’accroissant en largeur à mesure qu’elles s’éloignent du sommet et séparées par des intervalles qui les égalent en largeur; des costules secondaires peu saillantes divisent les côtes et s'aperçoivent également dans les intervalles; des stries concentriques assez peu saillantes, et surtout visibles dans les intervalles des côtes, rendent, dans la région palléale, les côtes quelque peu squameuses; l’oreillette antérieure porte quatre ou cinq costules assez larges, contiguës, grossièrement squameuses; sur l’oreillette postérieure, les costules sont plus étroites, plus nombreuses et marquées de stries d’accroissement onduleuses, serrées et assez saillantes; sur la valve gauche, les côtes sont souvent inégales; on distingue trois grosses côtes, plus larges et plus saillantes que toutes les autres, dont la médiane occupe l’axe de la coquille, mais cette disposition n’est pas constante; entre les côtes il en existe une ou deux plus faibles, et enfin sur les côtés latéraux, en dehors des deux grosses côtes, trois côtes encore plus étroites et moins saillantes, cela fait douze à quinze côtes en tout; les plus grosses côtes s’accroissent assez rapidement en largeur, mais restent toujours plus étroites que leurs intervalles : à partir de la moitié environ de la coquille, les grosses côtes se divisent en costules secondaires arrondies, assez faibles, non contiguës, en nombre variable, quatre au plus; des stries concentriques peu élevées, irrégulières, coupent les côtes et les intervalles sans donner naissance à des squamules; les oreillettes sont ornées de costules étroites, très distantes, peu saillantes, et de stries onduleuses assez saillantes et serrées.

Bord cardinal de la valve droite presque rectiligne, recourbé en dedans, une paire de lamelles cardinales assez fortes, parallèles, striées transversalement; lamelles auriculaires peu

visibles, se terminant en un dentelon assez marqué, surtout à la base de l’oreillette postérieure; bord cardinal de la valve gauche rectiligne, une paire de lamelles cardinales faibles et striées perpendiculairement, lamelles auriculaires peu nettes, dentelon terminal assez fort.

Impression musculaire peu profonde, impression palléale très écartée du bord. Surface interne des valves marquée de grosses côtes larges, plates, saillantes et visibles presque jusqu'au crochet. Bord des valves largement denté.

Dim. Diam. a.-p. : 51 in i 1 1 . ; diam. u -p. : 56 mill.

R. D. — A part les oreillettes qui sont absolument différentes par leur extension, nous ne pouvons guère rapprocher cette jolie espèce que de C. inæquicostalis Lk., du Pliocène italien, dont la valve gauche présente aussi une grosse côte médiane avec, de chaque côté, d'autres côtes alternativement plus grosses et plus faibles, mais chez la coquille pliocénique les costules secondaires sont nombreuses serrées et saillantes. M. Sacco (I Moll. terz. Piem., parte XXIV, pl. XIII, fig. 5) a figuré une jeune valve droite de C. inæquicostalis dont la sculpture est exactement identique à celle des exemplaires adultes de notre espèce d'Aquitaine; les valves gauches adultes de C. Saci/i et de C. inæquicostalis se ressemblent davantage que les valves droites, chez cette dernière espèce les costules secondaires sont cependant plus nombreuses et plus saillantes, mais encore l’analogie est des plus étroites entre la sculpture d’une jeune valve gauche de C. inæquicostalis (loc. cit., fig 41 et celle de notre valve gauche adulte N'y aurait-il pas lieu de penser que C. Sacyi est une forme ancestrale de C. inæquicostalis ?

Le fossile du Bordelais s’écarte davantage du groupe de C. flexuosus dont les côtes sont parfois inégales mais qui appartient, à cause de la presque égalité de ses valves et d’autres caractères, à un Sous-Genre différent.

Loc. — Cestas (pré Cazeaux), valve droite, type (Pl. XV, fig. 12-13), coll. de Sacy; valve gauche type (Pl. XV, fig. 15), coll. Benoist; une valve gauche pluricostulée (Pl. XV, fig. 18-19), coll. Neuville; Pont-Pourquey, une valve népionique, coll. Degrange-Touzin. — Bsii'diyalieii.

Sallespisse, une valve gauche (Pl. XV, fig. 1G-17), coll. Duvergier. — Helvétien.

HINN1TES Defrance, 1821.

(= Hinnita Féruss., 1822; = Hinnus Woodr 1841).

Test pouvant devenir fort épais et pesant. Coquille libre ou fixée par un byssus à l’état népionique et alors semblable à Chlamys , puis se fixant plus tard par sa valve droite qui devient irrégulière; peu inéquivalve; valves faiblement bombées; oreillettes petites, subégales, à l’état adulte. Surface externe ornée comme Chlamys dans la région umbonale, puis irrégulièrement squameuse et rappelant parfois Ostrea sur le reste de la coquille.

Plateau cardinal dépourvu de lamelles cardinales et auriculaires à l’état adulte, prolongé en une sorte de talon par des épaississements lamelleux qu’entame la fossette ebondrophore allongée et virguliforme ; l’épaississement se continue sur le bord libre des oreillettes, et sur l’antérieure de la valve droite, il comble l'encoche byssale originelle. Surface interne dépourvue de côtes ou de lirations; empreinte palléalc très écartée du bord, se rétrécissant subitement au voisinage de l’empreinte musculaire qui est très grande et presque régulièrement circulaire; bord des valves dépourvu de crénelures. (G. -T. ; Ostrea crispa Broc. ; = Hïnnites Cortesii Defr. Miocène et Pliocène.)

Beaucoup d’auteurs font de Hinnites un S. -G. de Chlamys, en se basant sur la forme que possède la coquille à l’état jeune; il n’y a là, en somme, qu'une persistance, anormalement longue, d’un stade népionique, représentant une phase de l’évolution du groupe, précieuse pour marquer sa phylogénie, mais qui ne lui est pas particulière. Or comme Hinnites, à l’état adulte, s’éloigne beaucoup des autres formes de Pcctcn par sa charnière, par la forme de ses impressions musculaire et palléale, par son genre de vie, nous préférons, en nous appuyant d’ailleurs sur l’autorité de Fischer, élever Hinnites au rang du Genre. Par son mode de fixation et souvent par l’ornementation de sa surface externe, Hinnites rappelle Ostrea ; l’empreinte de 1 adducteur des valves est semblable à celle de Spondylus ; le talon de la région umbonale et la forme de la fossette cliondropbore rapprochent Hinnites de Spondylus et de Lima.

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