‹ Conchologie néogénique de l'Aquitaine (volume 2)Chapitre 78 sur 273 · Ar*ca Emiliæ G. Dollfus. PI. Vil, fig · texte numérisé non relu

Ar*ca Emiliæ G. Dollfus. PI. Vil, fig

1873. Area umbonata Benoist. Cat. Sauc., p. 63, n° 170 ( non Lamk.).

1873. Area Sandbergeri Benoist. Cat. Saucats [errata), non Desh.

1909. Area Emiliæ G. Dollf. Et crit. coq. foss. Bord., p. 17, pl. II, fig. 5-7.

Taille moyenne on assez grande; forme élevée, subtrapezoïdale, assez courte, très convexe; côté antérieur arrondi, égal aux deux septièmes environ du côté postérieur qui est obliquement tronqué; bord palléal sinueux au milieu, parallèle dans son ensemble au bord cardinal; crochets gonllés, un peu enroulés, à peine prosogyres, situés à peine au tiers de la longueur, du côté antérieur, au-dessus d’une aire ligamentaire très large, plus haute au milieu que sous le crochet, presque entièrement lisse, sauf deux chevrons plus ou moins complets et fortement gravés sous le crochet; les branches font un angle apical de 80°.

Ornementation composée de fines côtes rayonnantes, inégales, souvent alternées, subgranuleuses à l’intersection d’accroissements plus ou moins réguliers; région anale excavée entre deux angles arrondis, ornée d’une dizaine de costales un

peu plus écartées que celles de la région dorsale, avec des filets beaucoup plus ténus dans leurs interstices; elles sont plus fortement festonnées par les accroissements.

Charnière rectiligne, portant de nombreuses dents sériales, très serrées, à peine plus obliques aux extrémités qu’au milieu. Impressions musculaires subégales, semi-elliptiques, transverses, nettement distinctes du reste de la surface interne; impression palléale très rapprochée du bord qui est entière ment dépourvu de crénelures.

Dim. Diam. a.-p. : 33 inill.; diam. u.-p. : 21 mill.; épaisseur des deux valves réunies : 19 mill.

R. D. — La séparation de cette espèce surtout aquitanienne est amplement justitiée : M. Dolltus a indiqué quelques bons caractères qui permettent de la reconnaître assez facilement : la sculpture plus fine, mieux réticulée; la forme plus haute, moins allongée, moins inéquilatérale, plus trapézoïdale; les crochets situés moins en avant, plus enroulés, tandis que le maximum de convexité des valves est — par suite — plus au milieu de leur longueur; à ces différences nous ajouterons un critérium très important chez toutes les espèces à’ Area s. str , le nombre et la disposition des chevrons de Faire ligamentaire qui ne varient pas comme a paru le croire M. Dollfus : ici, ils sont au nombre de deux seulement, tout à fait sous les crochets, et il n’y en a aucune trace sur toute la portion antérieure de Faire ligamentaire qui est entièrement lisse, tandis qu’on constate l’existence de cicatrices « multivinculaires » chez A. biançjulina, A. grundensis et en général chez toutes les formes du Groupe d’A. Noæ.

Si on compare A. Emiliæ avec A. imbricata Brug. (= A. umbonata Lamk.) vivante aux Antilles, on trouve que cette dernière a une forme plus allongée, beaucoup plus inéquilatérale, avec un bord palléal plus convexe, quoique sinueux, et avec des côtes plus grossières sur la région anale; mais Faire ligamentaire est chevronnée de la même manière, et c’est ce qui distingue principalement A. imbricata d’A. Noæ. D’après M. Dali, A. imbricata aurait vécu dans l’Oligocène (= Aquitanien) de la Floride; toutefois les spécimens de Tampa (col 1 . Cossmann) que nous avons sous les yeux, sont beaucoup plus finement ornés que la coquille des Antilles; ils ressemblent davantage — à ce point de vue — à A. Emiliæ, mais ils sont plus inéquilatéraux, et leur aire ligamentaire est plus étroite, quoique chevronnée de la même manière.

Après comparaison avec un spécimen de A. imbricata var. monilis MiclA1 (coll. Peyrot), provenant des collines de Turin, nous craignons bien qu'il y ait identité et qu’il ne faille ultérieurement adopter le nom plus ancien

proposé par Miclittî. L'espèce du Bordelais n’est pas absolument aquitannienne : elle existe à Mandillot, Maïnot, Peloua : elle parait aussi avoir vécu en Touraine (coll. Feyrot), et enfin nous en avons vu de jeunes exemplaires de Salies. Néanmoins, avant de trancher définitivement la question, il convient d’attendre qu’une nouvelle vérification, faite sur des spécimens d’Italie absolument frais, ait permis de constater que l’aire ligamentaire — qui est un si précieux moyen d'identification des espèces d 'Area s. str. — se présente exactement avec la même disposition des chevrons chez A. Emiliæ et chez A. monilis.

Dans la Méditerranée, nous avons encore A. tetragona Poli, qui est du même groupe, quoique ses chevrons soient déjà plus nombreux et plus symétriques, et quoique ses dents sériales soient plus grossières; l’ornementation d'A. tetragrona est d'ailleurs très différente, composée de côtes qui alternent avec une réelle régularité, traversées par des lignes d’accroissement plus serrées qui n’y découpent pas de granulations

En résumé, A. Emiliæ représente une mutation ancestrale d'A. imbricata, qui s'est subdivisée en deux espèces actuelles, celle de la mer des Antilles et celle de la Méditerranée, mais déjà avec un homologue contemporain dans PAquitanien de la Floride.

Loc. — St-Avit, plésiotypes (PL VII, fig. 26-29), coll. Duvergier. Léognan (le Thil), toutes les coll. Mérignac (Baour), types originaux, St- Morillon, Martillae, Saucats (Lariey), coll. Degrange-Touzin ; coll. Cossmann. Peyrehorade (Peyrère), coll. Raulin. — Aqinifanieit

Dax (Mandillot), coll. Degrange-Touzin, Dax (Maïnot), coll. Cossmann.

Salies-de-Béarn, coll. Degrange-Touzin; cinq petites valves fortement carénées et échancrées en arrière, avec une charnière assez grossière pour leur taille, un seul chevron coloré sur l’aréa; mais elles ne sont pas assez adultes pour que nous les nommions. M. Degrange-Touzin (Et. prél. foss. Orthez, p. 410) les rapporte avec doute a A. imbricata Brug. — Melvétien.

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