Area ( Peciinatarca ) bearnensis, nov. sp
Taille assez petite; forme étroite, allongée, peu convexe, inéquilatérale; côté antérieur arrondi, atténué, au moins deux fois plus court que le côté postérieur qui est élargi, obliquement rectiligne vers le haut; bord palléal à peu près rectiligne au milieu, raccordé par des arcs de cercle très inégaux avec les contours latéraux; crochets petits, peu gonllés, prosogyres, assez rapprochés, situés presque au quart de la longueur des valves, du côté antérieur; bord supérieur rectiligne, faisant un angle de 120° avec le contour buccal, et de 165° environ avec le contour anal. Aire ligamentaire très étroite, à peine élargie en avant du crochet, d’une longueur égale aux deux tiers de celle des valves, lisse en apparence.
(1) Les figures de celte espèce ont été omises sur les planches de la présente livraison ; elles seront publiées en même temps que le Supplément, à la fin des Pélécypodes.
Surface dorsale déprimée au milieu, excavée sur la région anale, ornée de nombrenses côtes rayonnantes et aplaties, que séparent d’étroites rainures au fond desquelles on distingue de fuies cloisons transversales, formées par des lamelles d’accroissement peu serrées; ces côtes sont plus écartées et plus étroites sur la région buccale, plus larges et peu écartées sur la région anale.
Plateau cardinal très étroit, à peine arqué sur son contour inférieur, muni de très petites dents sériales et serrées, qui sont un peu obliques vers les extrémités, surtout en avant, avec une faible interruption ou atténuation vis-à-vis du crochet; elles occupent au milieu toute la hauteur du plateau, mais vers les extrémités, elles laissent au-dessus d’elles un un espace libre assez large. Surface interne obtusément rayonnée, sauf sur les impressions musculaires qui sont inégales et subtrigones ; impression palléale écartée du bord qui est fortement crénelé par des dentelons bifides.
Dim. Diam. a.-p. : 9 m i 11. ; diam. u.-p. : 4 mill.
R. D. — Cette mutation de l’espèce précédente est constamment plus allongée et plus inéquilatérale; ses côtes sont plus larges et plus aplaties, il est donc facile de distinguer au premier coup d’œil A. bcarnensis d’A. burdigalina, même quand on fait abstraction de la différence des gisements. Hœrnes a attribué le nom Breislaki à un Pcctinatarca qui est beaucoup plus ovale que notre espèce et qui — d’après la figure parait avoir une aire ligamentaire plus large et chevronnée; or nous avons eu l’occasion d’expliquer déjà que A. Breislaki Bast. estime mauvaise espèce représentée par des figures qui ne concordent pas entre elles, et qu’il est à peu près impossible de l'identifier avec certitude; en tous cas, on ne peut y rapporter A. bearnensis.
Loc. — Sallespisse, peu rare, coll. Cossmann. — llelvëtien.
BARBATIA Gray, 1840.
(= Calloarca Gray, 1857).
Coquille velue, inéquilatérale, généralement peu bombée, byssitère, ornée de fines côtes rayonnantes; aire ligamentaire relativement peu élevée, située à peu près dans le même plan
que la commissure des valves, couverte de chevrons serrées à branches très inégales, sous un angle apical très ouvert; dents sériales fines au milieu, obliques aux extrémités, souvent interrompues en arrière des Fig. 13. — Barbatia barbata Lin. Viv.
crochets, impressions musculaires peu inégales; bord palléal souvent festonné très finement (G. -T. : A. barbata L. Viv.).
Ce Genre représente Area qui aurait subi un effort de pression ou d’écrasement suffisant pour rapprocher les crochets et aplatir l’aréa dans le même plan que la commissure des valves; la charnière est un peu arquée, comme celle d ’Anadara, mais les dents sériales sont encore plus divergentes aux extrémités, les dernières deviennent même presque horizontales, quoique en restant encore courtes, ce qui distingue Barbatia de son ancêtre BeUshausenia (== Macrodon Lyc.) qui a les dents longues et parallèles au bord, mais l’existence de Barbatia n’a été constatée avec certitude qu’à la fin de la période crétacique.
On a distingué de nombreuses Sections qui ne sont guère caractérisée que par leur ornementation ou par leur forme un peu anormale; nous les énumérons ci-après :
Sect. Obliquarca Sacco, 1898. — Forme très inéquilatérale, souvent gibbeuse en arrière; aréa aplatie, élargie aux dépens du plateau cardinal qui ne porte que deux séries — écartées et interrompues — de dents très inclinées aux deux extrémités, tandis que les chevrons nombreux et serrés empiètent au milieu (G. -T. : A. modiolïformis Desh. Eoc. inf.).
Cette Section très répandue dans l’Eocène, depuis la base, s’est perpétuée dans le Néogène; il est probable qu’il en existe, dans les mers actuelles, des représentants que l’on a confondus avec Barbatia s. str., les différences étant difficiles à saisir.
Sect. Litharca Gray, 1840. — Coquille cunéiforme, allongée, carénée en avant; surface treillissée, bord ventral un peu bâillant; aréa très étroite (G. -T. ; L. lithodomus Gray, Viv. Non connue à l'état fossile).
Sect. Acar Gray, 1847. — Surface grossièrement cancellée, carénée sur la région anale; aréa ligamentaire un peu inclinée, chevronnée en arrière, souvent lisse en avant; plateau cardinal assez fortement arqué, dents en éventail; bords crénelés (G. -T. : A. donaciformis Reeve, Viv.).
Cette Section — qu'on distingue surtout par sa carène anale — a son origine dans l'Eocène supérieur et s'est ensuite poursuivie très régulièrement jusqu’à l’époque actuelle, avec un petit nombre de représentants dans chaque terrain.
Sect. Soldania De Stef. et Pant. 1878. — Surface lisse ou largement striée; aire ligamentaire relativement courte et étroite, avec un petit nombre tle chevrons irréguliers, crénelés par les lignes verticales d’accroissement des dents sériales qui sont arquées en virgule, complètement effacées au milieu; bords lisses (G. -T. : A. mytiloides Br.).
La coquille modioliforme dont la diagnose est ci-dessus, n'a guère été séparée qu'à cause de sa surface presque lisse; on la rencontre dans le Néogène, à partir de l'Helvétien.
Sect. Plagiarca Conrad, 1875. — Aréa très étroite; dents nombreuses, petites, divergentes (G. -T. : A. carolinensis Conrad. Craie).
Il n'est pas bien certain que ce groupe ait vécu dans l'Eocène, et il est possible que les coquilles qu’on y a rapportées soient simplement des Barbatia s. str. En tous cas, nous n’en connaissons pas dans le Néogène du Sud-Ouest.
Sect. Cucnllaria Desh. 1860. — Forme et ornementation de Barbatia: ; aréa très étroite; bord cardinal légèrement arqué, portant en avant et en arrière des dents allongées et transverses, au milieu plusieurs petites dents irrégulières (G. -T. : Area heterodonta Desh. Eoc.).
On ne connaît Cucullaria que dans le Calcaire grossier des environs de Paris; il nous parait bien certain que c'est une forme de transition entre Beushausenia mésozoïque et Barbatia tertiaire.
Sect. Granoarca Conrad, 1862 (= Guciillæarca Cour. 1865). — Dents plus ou moins divisées en grandulations irrégulières; d’après M. Dali, ce caractère n’a pas grande valeur et ce serait un Barbatia à faible bâillement byssal, avec une ornementation d 'Anadaral (G. -T. : A. propatula Conr. Mioc.).
Sect. Polynema Conrad, 1875. — Dents latérales de la charnière très obliques; celles du côté postérieur allongées et striées (G. -T. : A. lineata Conrad, Craie).
Nous n'avons pas à nous occuper ici de ces deux dernières Sections, contestables d’ailleurs, ni de la suivante :
Sect. Scaphula Benson, 1837. — Inéquilatérale, close, carénée au milieu; habitat fluviatile (G. -T. : A. scaphula Benson, Viv. Amérique du Sud).