Arcopagia saucatsensis. nov. sp. PI. IX, fig
Test mince. Taille assez petite; forme très déprimée, ovale transverse, subéquilatérale; côté antérieur semi-elliptique, côté postérieur à peine plus court et plus atténué; bord palléal peu arqué au milieu, se raccordant par des arcs de cercle avec les contours latéraux; crochet petit, faiblement saillant, non incliné, situé aux trois cinquièmes de la longueur, du côté postérieur; bord supérieur très légèrement excavé en avant, déclive en arrière du crochet. Lunule courte, creuse, lisse, limitée par un faible gradin; corselet presque linéaire, très allongé, limité par un angle vif; surface dorsale à peine bombée, un peu plus déprimée sur la région anale qui n’est limitée par aucun pli; ornementation formée de sillons réguliers et serrés, séparant des cordons concentriques qui s’anastomosent sur la région anale où ils se transforment en lamelles plus saillantes et plus écartées. Charnière : 3a obsolète, confondue avec le bord, 3ô épaisse et non bifide; A l et PI minces et saillantes, très inéquidislanles ; nymphe étroite et allongée comme une arête, le long du corselet. Impressions musculaires inégales, l’antérieure allongée, la postérieure subquadrangulaire ; sinus très grand, ovale et ascendant, s’étendant jusqu’à une faible distance du
(1) Act. Soc. Linn. de Bord., t. LUI, p. 193.
renflement rayonnant qui limite l’impression du muscle antérieur; ligne palléale très écartée du bord.
Dim. Diamètre antéro-postérieur; 10 mil 1 . 1/2; diamètre umbono-palléal : 7 mil!.
Rapp. et diff. — Il ne nous paraît pas possible de confondre cette coquille avec aucune des Arcopagia déjà décrites, ni de la considérer comme le jeune âge d’aucune d’elles; outre que sa forme est beaucoup plus transverse et plus équilatérale, elle a une ornementation tout à fait caractéristique, par suite de la transformation de ses cordons imbriqués en lamelles, du côté' postérieur et vers le bord palléal; d’autre part, son sinus est plus profond que celui d’A. subelegans, sa lamelle AI est moins rapprochée que chez les jeunes individus d'A. Emiliæ qui d’ailleurs sont lisses à la même taille.
Il n’y a rien de semblable dans le Néogène de France et d’Italie; mais, dans le Bassin de Paris, A. stenochora Cossm., du Guépelle, a presque la même forme oblongue, on ne l’en distingue que par son ornementation qui — chez l’espèce parisienne — comporte des lamelles vers les crochets et des sillons vers les bords, c’est-à-dire précisément l’opposé de ce que l’on constate chez A. saucatsensis ; A. stenochora est, en outre, un peu plus anguleuse en arrière.
Arcopagia asperella Cossm. e.tLamb., de l'Oligocène d’Etampes, est aussi très oblongue, mais ses lamelles sont très régulièrement écartées.
Localité. - — Saucats (Min de l'Eglise), unique valve droite (PI. IX, fîg. 28-29), coll. Cossmann. — Burdigallen.
119. Arcopagia ventricosa [M. de Serres]. PI. IX, fîg. 30-32.
1829. Corbis ventricosa M. de Serres. Geol. Midi Fr., p. 146, pl. VI, fîg. 2.
1839. Tellina corbis Mayer. ./. C., VII, p. 389, pl. XI, Fig. 4-5 ( non Brown).
1873. Arcopagia ventricosa Benoist. Cat. Saucats, p. 31, n° 56.
1886. Arcopagia corbis Dollf. et Dautz. Etude prélim. Tour., p. 5.
1901. Arcopagia ventricosa Dollf. et Dautz. Nouv. liste Pélécyp., p. 14.
1904. — Dollf. et Dautz. Conch. Mioc. Loire, p. 143,
pl. X, fig. 7-9.
Test très épais. Taille grande; forme un peu convexe, subtrigone, inéquivalve (valve droite beaucoup plus bombée que la gauche), inéquilatérale; côté antérieur largement développé, circulaire ; côté postérieur plus court, subanguleux à l'extrémité anale ; bord palléal en arc de cercle jusqu’à sa jonction
avec les contours latéraux; crochets petits, pointus, peu saillants, légèrement prosogyres, situés presque au milieu de la longueur; bord supérieur à peine convexe en arrière, rectiligne et déclive en avant du crochet jusqu’à l’angle de jonction avec le contour palléal ; les deux parties du bord supérieur font un angle de 130° environ. Lunule peu allongée, subtrigone, lisse et creuse, limitée à l’extérieur par un gradin; corselet très allongé, incurvé, limité par un angle émoussé qui est très voisin de la rainure séparative de la nymphe; surface dorsale régulièrement et médiocrement bombée, à peine déprimée en arrière; une carène décurrente part de chaque côté du crochet et limite une aire adjacente au corselet et à la lunule; toute la surface intermédiaire est ornée de lamelles concentriques peu saillantes et régulières, treillissées par de fines arêtes rayonnantes ; les lamelles forment des crénelures sur les angles décurrents et se prolongent sur les aires latérales sur lesquelles les arêtes rayonnantes ne persistent pas. Charnière : 3« mince et confondue avec le bord, 3* étroitement et inégalement bifide, 2 verticale et bifide, 44 mince, oblique et saillante ; A I et P I inéquidistantes, épaisses et saillantes, AU et PII presque aussi proéminentes; nymphe aplatie et finement striée en travers. Impressions musculaires bien gravées, surtout l’antérieure palmulée, la postérieure subquadrangulaire ; sinus ovale et ascendant s’étendant jusqu’à un sillon interne et rayonnant quoique très obsolète; ligne palléale parallèle au bord et très écartée du contour inférieur du sinus.
Dim. Diamètre antéro-postérieur : 47 mill. ; diamètre umbonopalléal : 43 mill.
Rapp. et diff. — MM. Dollfus et Dautzenberg ont eu raison de rétablir le nom ventricosa pour la coquille helvétienne ; mais nous ne partageons pas leur opinion en ce qui concerne l’identification de celle-ci avec la coquille pliocénique pour laquelle Brown a créé T. corbis ; les figures de la monographie de M. Sacço ne laissent aucun doute sur la séparation à faire entre les deux formes : A . ventricosa est plus trigone et beaucoup moins anguleux en arrière, surtout moins transverse ; quoique ce soit une espèce variable, aucune des valves du Bordelais que nous avons étudiées, en assez grand nombre, ne s’applique sur les figures des valves de l’Astien ; cepen-
dant Benoist a cité l’espèce de Brown dans le même gisement de la Sime, et nous verrons ci-après qu’on la trouve dans le Béarn. Quant aux échantillons du Bassin de Vienne pour lesquels M. de Gregorio a proposé le le nom grundensis, ils ne paraissent ressembler ni à A. ventricosa ni à A. corbis : ils sont ornés de lamelles écartées et portent un pli profond à l’arrière. Nous ne citons pas en synonymie la var. triangula Dollf., B. Cott. et Gom. (Moll. tert. Port., 1903, pi. VII, fig. 1-2) parce qu’elle parait plus élevée. La forme du sinus de ces fossiles ne permet pas de les rapporter à la Section Pseudarcopagia Berlin, dont le sinus est confluent.
Localités. — Salles (Largileyre), plésiotypes (PI. IX, fig. 30-32), coll. Bial de Bellerade, commune, toutes les coll. ; Salles (le Minoy), coll. Cossmann ; La Sime (fide Benoist) ; Salles (Moulin Débat), coll. Neuville. — Uelvétlen.