Cochlodesma ( Bontæa ) Benoisti nov. sp. PI. I
fig. 26-28.
Test mince. Taille petite; forme ovale oblongue, convexe, faiblement inéquilatérale; côté antérieur ovale-arrondi; côté postérieur plus court, anguleux et tronqué à l’extrémité; bord palléal fortement arqué au milieu, légèrement sinueux en arrière ; crochets petits, peu gonflés, opisthogyres, situés un peu en arrière de la ligne médiane ; bord supérieur convexe en avant, rectiligne et déclive en arrière du crochet. Surface extérieure un peu bombée, non granuleuse, portant seulement de fines stries d’accroissement qui deviennent plus marquées vers le bord palléal; une carène obtuse limite la région anale qui est un peu excavée. Charnière édentée, portant sur la valve droite, la seule qui nous soit connue, et immédiatement sous le crochet, un petit cuilleron ovale, saillant, adhérent par son sommet au bord, et soutenu en arrière par une clavicule mince qui s’écarte en divergeant vers la troncature anale. Impressions palléales et musculaires invisibles sur les spécimens étudiés.
Dim. Diamètre antéro-postérieur : 13 mill. ; diamètre umbonopalléal : 9 mill.
Rapp. et diff. — Le G. Cochlodesma n’a pas encore, à notre connaissance, été signalé dans les terrains tertiaires d’Europe; mais les deux valves que nous avons trouvées dans la coll. Benoist, ainsi que celles qui nous ont été communiquées ultérieurement, ressemblent singulièrement à la figure représentant, dans le Manuel de Fischer, Bontæa prætenuis Montg. ; toutefois notre fossile a l’extrémité anale plus atténuée parce que le bord supéro-postérieur est plus déclive, et en outre son bord palléal est plus arqué; enfin son crochet paraît être moins saillant. Dans ces conditions, il nous paraît bien avéré que l’espèce du Bordelais est nouvelle, et nous la dédions à l’infatigable géologue qui a si consciencieusement exploré, pendant plus de vingt ans, les gisements de la région. Des deux valves de sa collection, la plus petite semble plus aplatie et le bord cardinal est rectili- C. et P. 7
gne en avant comme en arrière; il est possible que ces différences tiennent à l’âge inégal des deux échantillons, de sorte que nous n’oserions les séparer, d’autant plus que les autres valves — qui nous ont été ensuite communiquées — se rapprochent plutôt de la plus grande des deux premières.
Par son cuilleron dressé verticalement à l’intérieur de la cavité urabonale, et par sa clavicule interne, cette espèce ne peut évidemment être confondue avec aucune de celles que nous avons ci-dessus classées dans le G. Thracia.
Localité. — Salles (le Minoy), rare; type figuré (PI. I, fig. 26-28), col 1 . Benoist au Mus. d’hist. nat. de Bord.; coll. Duvergier, deux autres valves.
— Helvétten.
Fam. ANATINIDÆ d’Orb.
Coquille nacrée, subéquivalve, tronquée, bâillante, à crochels fissurés; cuilleron interne du cartilage soutenu par deux clavicules divergentes; sinus large.
A l’exemple de M. Dali, nous séparons complètement cette Famille des Thraciidæ, parce que les siphons sont réunis au lieu d’êlre séparés.
ANATINA Lamk., 1809.
Coquille mince, oblongue, assez ventrue en avant, tronquée en arrière; crochets opislhogyres, recoupés par une fissure qui laisse trace sur le moule interne; impressions des adducteurs superficielles, sinus peu profond. G. -T. : Solen anatinus Linn.
Si l’on restreint le Genre Analina aux formes telles que A. subrostrata Lamk., et si l’on en élimine les espèces comprimées qu’Agassiz a dénommées Cercomya, dans les terrains mésozoïques, on trouve qu’il n’a pas encore été signalé à l’état fossile en Europe; c’est à ce titre de nouveauté très intéressante que nous jugeons utile de figurer — quoique à l’état de moule interne — l’espèce ci-après désignée.