‹ Conchologie néogénique de l'AquitaineChapitre 236 sur 350 · Cardium ( Lævicardium ) Biali nov. sp · texte numérisé non relu

Cardium ( Lævicardium ) Biali nov. sp

PI. XXII, fig. 33-37.

Test peu épais. Taille au-dessous de la moyenne; forme peu bombée, orbiculaire et presque symétrique, quoique le côté antérieur soit plus régulièrement arrondi que le côté postérieur qui est obliquement subtronqué et très peu arqué sur son contour anal; bord palléal en arc de cercle raccordé avec les contours latéraux; crochet gondé, un peu proéminent, très faiblement prosogyre; bord supérieur à peu près également déclive et peu arqué de part et d’autre du crochet. Lunule creuse, lisse, étroite; corselet étroit et trigone, un peu bombé, séparé par une dépression à l'extérieur, et par une rainure profonde, du côté de la nymphe; surface dorsale peu convexe au milieu, non distinctement séparée de la dépression anale qui correspond à la troncature postérieure; sur l’épiderme luisant, on distingue un grand nombre de fines rainures rayon-

nàntes qui séparent des côtes tout à fait aplaties, dont la saillie est plus nette sur la dépression anale où elles sont imbriquées jusqu’à peu de distance de la dépression du corselet. : il y a là un petit espace complètement lisse, de même que sur la région buccale, les lignes rayonnantes s’arrêtent un peu en deçà de la lunule.

Charnière peu épaisse, dont le plateau cardinal est bisinueux, de part et d’autre de la saillie correspondante à 3/, qui forme un croc au-dessous du crochet; 3a est minuscule et réduite à une petite protubérance latérale; AI et PI sont longues et saillantes, à peu près équidistantes, tandis que A III et P III sont plus courtes et plus minces.

Impressions musculaires à peu près symétriques, très haut placées; la ligne palléale se détache en arrière d’une sorte de cicatrice bilobée qui fait suite à l’impression de l’adducteur postérieur; commissure des valves très finement crénelée sur toute son étendue.

Dim. Diamètres : 18 mill.; épaisseur d'une valve : 6 mill.

Rap. et diff. — Cette coquille distingue aisément de toutes celles qui se lui ont succédé dans l’Aquitaine, aux niveaux plus élevés, par sa forme orbiculaire et peu convexe; sa surface lisse et brillante rappelle C. leptocolpatum qui s’en écarte par sa forme transverse et par sa convexité plus grande; C. fraternum est, au contraire, subtrigone, avec une ornementation plus visible et moins fine, et ses crochets sont moins saillants que ceux de.C. Biali qui constitue donc une mutation ancestrale et incontestable, quoique nous n’en connaissions qu’une seule valve.

Dans les étages plus anciens, on n’a pas encore signalé de Lævicardium, de sorte que les espèces ci-dessus représentent, jusqu’à présent, l’éclosion de ce Sous-Genre dans le Tertiaire.

'Localité. — Cestas, une valve droite (PI. XXII, fig. 35-37), coll. Bial de Bellerade. — Burdigalien.

DISCORS Desh. 1858.

(= hjrocardium Meek, 1876; = Ampliicardium V. Martens, 1880;

= Divaricardiwm Dollf. et Dautz. 1886).

Taille parfois très grande; forme variable, plus ou moins

oblique, parfois tronquée en arrière; surface vernissée, aveç des côtes rayonnantes, peu proéminentes sous le vernis, et des lamelles obliques sur la région antérieure, parfois aussi sur la région anale. Charnière cyclodonte, assez épaisse, quoique le plateau cardinal ne soit pas très large : 3a et 3& simples et pointues, reliées par un col entre deux fossettes; 2 et 4 & non, moins inégales, mais complètement isolées; A I et P I très saillantes, A III et P III beaucoup plus faibles; A II et P II profondément entaillées sur leur face inférieure; bord supérieur de la charnière saillant et retroussé en avant du crochet, profondément entaillé au contraire entre le crochet et la nymphe. Impressions musculaires très profondément gravées; ligne palléale bien marquée, peu écartée; bords finement crénelés (G. -T. ; C. mbdiscors d’Orb. Eocône).

Meek a pris pour génotype de Lyrocardium l’espèce actuelle C. lyratum Sow. qui ne diffère pas génériquement de C. discors ni de subdiscors, de l'Eocène des environs de Paris. D’autre part, Divaricardium est fondé sur1 C. discrcpans Bast. qui n’en diffère que par ses lamelles obliques sur la région anale; nous ne pensons pas que cette différence d’ornementation, justifie la séparation d’une Section distincte de Discors. En tous cas, si cette séparation était ultérieurement admise, Divaricardium aurait la prio-' rite sur Hemid/iscors Rovereto (1898), proposé pour H. rugiferum n. sp. qui n’a été figuré qu’en 1900 et qui parait également sillonné du côté anal.

L’établissement d’un Genre complètement distinct dçs Cardium lisses, tels que Lævicardium, se justifie surtout par la charnière qui est cyclodonte comme celle de Cardium , avec quelques différences néanmoins, tandis que celle de Lævicardium est presque hétérodonte ; mais, ce qui différencie principalement Discors des autres Cardium, outre l’aspect non costulé et' sillonné en travers que présente sa surface externe, c’est l’échancrure subumbonale du bord supérieur qui se retrousse en avant du crochet, dans l’alignement du col reliant 3b à 3a : il en résulte que la lunule se trouve resserrée dans un pli creux qu’on n’observe jamais chez Cardium.

Discors semble apparaître dans l’Eocène inférieur, mais on ne la pas signalé dans le Paléocène; il se poursuit régulièrement dans l’Oligocène et le Miocène, puis dans le Pliocène; mais le groupe Divaricardium,

làmèlleux à l’arrière, ne paraît pas représenté ailleurs que clans le Miocène inférieur.

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