Miltha avitensis nov. sp. PL XXVII, fig
Test peu épais. Taille assez petite; forme irrégulière, transverse, médiocrement bombée, dissymétrique, quoique peu inéquilatérale; côté antérieur subovale, plus atténué et à peine plus court que le côté postérieur qui est plus largement dilaté, un peu coudé vers le haut, subtronqué sur son
contour anal; bord palléal très peu arqué, raccordé par des angles arrondis avec les contours latéraux; crochets médiocrement gonflés, saillants, prosogyres, inclinés un peu en avant de la ligne médiane; bord lunulairc excavé, puis le contour se relève un peu, parfois festonné vers le haut; bord supéro-postérieur déclive et presque rectiligne en arrière du crochet, se raccordant avec le contour anal par un angle très obtus. Lunule assez large, un peu cordiforme, creuse et lisse, limitée par un faible gradin, dénivelant complètement la partie antérieure du plateau cardinal; corselet réduit à la carène du bord ligamentaire; surface dorsale peu convexe sur la région médiane qui est encadrée — sans être exactement limitée — par deux aplatissements rayonnants auxquels succèdent : du coté anal, une large dépression bordée par un pli obsolète, et correspondant à la troncature anale; du côté buccal, quelques cicatricules qui festonnent un peu le contour; l’épiderme est terne et lisse, vaguement marqué par des accroissements qui deviennent sublamelleux et plus réguliers sur la dépression anale.
Charnière concentrée sous le crochet, peu arquée sur son contour inférieur, faiblement échancrée sous la nymphe : 3„ masquée par l’enfoncement du bord lunulaire, de sorte qu’on n’en aperçoit que l’extrémité; 3;, légèrement oblique, 2 perpendiculaire, peu épaisse, obtusément bifide; 4 i, mince et oblique, bien séparée de la nymphe qui n’est guère plus allongée, mais qui fait une assez forte saillie dentiforme sur le contour inférieur; aire ligamentaire large et peu profonde. Digitation du muscle antérieur courte, large, très divergente; impression de l’adducteur postérieur subrhomboïdale; impression palléale peu distincte, paraissant assez éloignée du bord lisse.
Dim. Diamètre antéro-postérieur : 10 mill. ; diamètre umbonopalléal : 9 mill.
Rapp. et diff. — Cette coquille a complètement l’aspect de Gibbolucina (jibbosula ou de G. callosa des environs de Paris; mais elle s’en distiugue essentiellement par sa charnière qui la place dans le G. Miltha. Elle
est moins élevée et beaucoup plus transverse que le génotype il/. Cliildreni, mais elle a les crochets aussi saillants et la surface presque aussi lisse; tandis que les Eomiltha de l’Eocène qui ont à peu près la même forme transverse que M. avitensis, ont généralement des lamelles courtes sur toute leur surface dorsale.
On pourrait croire que c’est le jeune âge de M. trigonula Mayer, cidessus décrit; mais nous n’hésitons pas à l’en séparer — non pas comme variété, mais comme une espèce distincte — à cause de sa forme beaucoup moins transverse et moins inéquilatérale, de ses crochets presque médians, plus inclinés, à cause de son bord palléal non sinueux du côté antérieur, de sorte qu'il n'v a pas de bec buccal chez M. avitensis; en outre, cette dernière n’a pas le pli antérieur ni la dépression rayonnante qui correspond à cette sinuosité ; d'autre part, sa nymphe est beaucoup plus courte, le contour inférieur de son plateau cardinal est plus arqué en arrière; enfin sa digitation antérieure est plus large et plus divergente que celle de M. trigonula. Le nombre et l’importance de çes critériums distinctifs ne permettent pas de les attribuer simplement à la différence d’âge des valves ou à des déformations individuelles.
Localité. — St-Avit, cotypes (PI. XXVII, fig. 14-17). coll. Cossmann. — Aquitanien.
30 i . Miltha (. Mègaxinus ) incrassata [Dubois].
PL XXVIII, fig. 1-3.
Luçina incrassata Dub. de Montp Volhynie, p. 58, pl. VI 1-3. Lucina scopulorum Duj. Mém. Tour., p. 49 ( non Brongn.).
Lucina incrassata Pusch. Polens Pal., p. 183.
— d’Orb. Prod., III, p. 1 16, 27 ét. , n° 2165 (ex parte).
— Hœrn. Tert. Beck. Wien, II, p.225, pl. XXXIII,
fig. 1.
— Bardin. Et. pal. Maine-et-Loire, p. 21.
Mègaxinus incrassatus Sacco. I Moll. terz. Piem., part. XXIX, p.
78, pl. XVIII, fig. 9-10.
Lucina ( Phacoidcs ) incrassata Dollf. Dautz. Conclu Mioc. Loire,
p. 248, pl. XVII, fig. 1-7,
Test très épais, encroûté à l'intérieur. Taille assez grande (en Aquitaine) ; forme convexe, orbiculaire, très inéquilatérale; côté antérieur court et arrondi, peu sinueux vers le haut; côté postérieur largement développé, subtronqué et rectiligne sur son contour anal; bord palléal très arqué; crochets petits,
pointus, prosogyres, situés au quart de la longueur, du côté antérieur; bord lunulaire profondément excavé sous le crochet; bord supéro-postérieur arqué, presque horizontal jusqu’à la troncature anale. Lunule petite, très creuse, lisse; corselet caréné et allongé; surface dorsale assez bombée au milieu, étroitement excavée sur la région anale, ornée de stries d'accroissement qui deviennent sublamelleuses aux extrémités. Charnière édentée, calleuse, à contour inférieur échancré sous le crochet; nymphe longue et proéminente, bordant une aire ligamentaire creuse. Surface interne cariée, sur laquelle se détachent en creux les impressions musculaires, la digitation très large et la cicatrice linéaire qui part du milieu de la nymphe pour aboutir à l’extrémité de la digitation.
Dim. Diamètre antéro-postérieur : 35 mill.; diamètre umbonopalléal : 33 mill.; épaisseur d’une valve : 9 mill.
Rapp. et diff. — Nous avons comparé les valves de notre Helvétien à celles de la Touraine, ainsi qu’à celles de Lapugy (coll. Cossmann), et nous avons pu nous convaincre qu'elles représentent bien la forme typique de l’espèce de Dubois; les spécimens ci-dessus décrits sont particulièrement épais et ils répondent complètement — à ce point de vue — au principal caractère que cet auteur a voulu rappeler quand il a choisi le nom de son espèce. Ils ne sont pas aussi irréguliers, dans leur contour extérieur, que les valves duModénais désignées par M. Sacco sous le nom « var. subinrcgularis »; mais ils ressemblent aux figures 9 et 10 de la Fl. XVIII ( loc . cit.). On peut également les rapprocher de Megaxinus Bcllardianus qui est plus nettement tronqué sur son contour anal, et dont la lunule est surtout bien moins creusée sous le crochet; la grande largeur de la digitation chez M. incrassatus est enfin un critérium dont il y a lieu de tenir grand compte.
Nous avons exclu de la synonymie ci-dessus toutes les références relatives aux provenances aquitaniennes et burdigaliennes, que l’on a toujours confondues jusqu'à présent avec M. incrassata et qui s’en distinguent, comme on le verra ci-après. La coupure des deux mutations se fait ici très nettement, entre le Burdigalien et l'Helvétien, aussi bien qu’entre la Gironde et les Landes.
Localités. — St-Martin-de-Hinx (Landes), plésiotypes (PI. XXVIII, fig. 1-3), coll. Degrange-Touzin. — Helvétien.
Soustons, une valve un peu endommagée, coll. Degrange-Touzin. —
Tortonicn.