‹ Conchologie néogénique de l'AquitaineChapitre 300 sur 350 · COI · texte numérisé non relu

COI

Charnière édentée, un peu échancrée sons le crochet; nymphe longue, un peu arquée. Impression du muscle postérieur grande et subrhomhoïdale ; digitation du muscle antérieur étroite et coudée, parallèle à la ligne palléale qui est peu écarté du bord lisse.

Dim. Diamètre antéro-postérieur : 19 mill.; diamètre umbonopalléal : 17 mill.

Rapp. et diff. — Nos spécimens de l'Helvétien de la Gironde s’appliquent exactement sur les figures de la var. taurorotunda que M. Sacco a séparée du véritable Meg. transversus (Plioc. et Viv.) à cause de sa forme moins transverse et plus élevée, quoiqu'elle soit cependant moins étroite en hauteur que M. ellipticus Borson, moins épaisse surtout. Ceux du Burdigalien, visés par Basterot, ont seulement une forme plus régulièrement transverse et une charnière plus amincie.

La forme de cette coquille est évidemment très voisine de l’espèce éôcénique bien connue sous le nom Lucina gibbosula Lamk., mais elle s’en distingue par sa digitation moins large et par sa charnière complètement édentée, de sorte que c’est un Megaxinus et non pas un Gibbolucina.

C’est bien elle que Benoist a voulu désigner sous le nom transversa, attendu que le fossile de Lariey — qu’il cite aussi sous ce nom — est L. aquitanica Mayer (= trigonula Dh.). et l’on a vu ci-dessus que c’est un Miltha avec une charnière pourvue de dents, de sorte qu'il n’y a pas de confusion possible, même quand la forme extérieure se ressemble.

Il est probable, du moins d'après l’inspection des figures, que c'est aussi la même coquille ou une variété helvétienne qu'on rencontre dans le Bassin de Vienne et que Hœrnes a également désignée comme L. transversa.

Enfin M. Sacco a également rapporté à Megaxinus transversus, non seulement les provenances pliocéniques que Bronn avait en vue sous ce nom, mais plusieurs variétés, parmi lesquelles nous retenons seulement la var. taurorotunda, qui seule nous intéresse.

En résumé, on peut dire que cette forme se poursuit, depuis le Burdigalien jusqu'au Pliocène, avec de simples variations dans la forme du contour, et sans que ces variations affectent une allure régulière, par exemple dans l'allongement du diamètre antéro-postérieur, puisque les spécimens helvétiens sont un peu moins transverses que ceux du Burdigalien, et beaucoup moins que ceux du Pliocène ; mais, comme ces modifications paraissent constantes dans les différentes régions et aux différents niveaux, nous en concluons que ce sont des races et à la fois des mutations bien définies, auxquelles on peut se permettre d'appliquer des noms distincts.

En ce qui concerne le choix de ces dénominations, la question est un peu plus délicate et elle nécessite que nous remontions aux origines pour dissiper toute contusion : Basterot a comparé son Lucina gibbosula à l’espèce vivante de nos côtes (JL. transversa Lamk.) et il pensait que Lamarck aurait dû assimiler l’espèce du Bassin de Paris à cette dernière; or nous avons dit plus haut que c’est impossible puisqu’elles appartiennent à deux Sections distinctes. D’autre part, Basterot a indiqué que son fossile provient de Léognan où se trouve en effet une forme que Mayer a ultérieurement nommée L. soror (nom. nud.) et qui est exactement celle figurée par nous.

Nous avons donc à nommer : d’une part la forme helvétienne de Salles, d'autre part la forme burdigalienne de Léognan, puisque nous avons constaté de légères différences entre elles, la seconde étant la forme typique dont l'autre n’est qu’une variété. Pour le type du Burdigalien, il n’y a pas d'hésitation; c’est bien la forme que Basterot avait en vue, et c’est bien à elle que d'Orbigny a appliqué le nom subijibbosula pour corriger l’erreur de Basterot; la dénomination soror est postérieure, et aussi celle taurotypica qui parait s'en rapprocher beaucoup d’après les figures publiées par M. Sacco. Quant à la forme helvétienne qui se rapproche beaucoup plus de M. subijibbosula que de M. subtransversa d'Orb., du Pliocène, c’est bien la variété taurorotunda Sacco; elle existe aussi en Touraine (coll. Peyrot), bien qu’elle n’y ait pas été signalée par MM. Dollfus et Dautzenberg.

Enfin, à titre de comparaison et comme document pour le cas où on en retrouverait d’autres, nous faisons figurer une petite valve de Saubrigues, peut-être déformée, qui est aussi identique que possible à la figure 15 de la pl. XVII, publiée par M. Sacco comme Megaxinus transversus (Bronn), de l’Astien. On sait d'ailleurs que la coquille pliocénique désignée par Bronn sous ce nom, et considérée comme distincte de l'espèce de Lamarck, doit être nommée subtransversa d'Orb. (Prod. 111, p. 116, n° 2183), correction de neuf années antérieure à L. pedemontana Mayer.

Localités. — Léognan (Coquillat), néotypes (Pl. XXVII, fig. 32), coll. Bial-Neuville ; Dax (St-Paul, coll. Degrange-Touzin. — lltii*tli<|alien.

Salles (Min Débat), mut. taurorotunda Sacco (Pl. XXYH, fig. 29-31 et Pl. XXVIU, fig. 8), coll. Bial-Neuville; coll. Degrange-Touzin. Salles (le Minoy), coll. Duvergier. — llelvétien.

Saubrigues, mut. subtransversa d Orb. (Pl. XXVIII, fig. 9-10), coll. Degrange-Touzin; un autre spécimen plus trigone, même coll. — Tortonien.

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