‹ Conchologie néogénique de l'AquitaineChapitre 319 sur 350 · Phacoides (Linga) columbella [Lamarck · texte numérisé non relu

Phacoides (Linga) columbella [Lamarck

mut. Basteroti [Agassizj. PI. XVIII, fig. 64-65 et 71-74.

1825. Lucina columbella Lamie, in Bast. Env. Bord., p. 86, pl. V, fig. 11. 1835. — Desh. An. s. vert., p. 230.

1845. Lucina Basteroti Ag. leon. coq. tert., p. 58, pl. XI, fig. 1-6. 1852. Lucina columbella dOrh. Prod., III, p. 115, 26e ét., n° 2162.

1873. — Benoist. Cat. Saucats, p. 50, n° 125.

1886. Lucina columbclla Benoist. Foss. St-Avit, y). 50.

1897. — Raulin. S ta t . géol. Landes, p. 299 (sola).

1991. Linga Basteroti Saeco (var.). I Moll. terz. Piem., XXIX, p. 91,

pl. XX, fig. 58-60.

1903. Linga columbclla Dollf. Cott. Gom. Moll. tert. Port., pl. XVII,

fig. 6-7.

Test très épais. Taille assez grande pour le groupe; forme très globuleuse, subsphérique, inéquilatérale; côté antérieur anguleux vers le haut, sinueux et même échancré vers le bas; contour palléal circulaire dans le prolongement du contour buccal; crochets gonflés, subspiraux, prosogyres, situés presque au trois cinquièmes de la largeur, du côté antérieur; bord supérieur convexe du côté buccal; entre deux sinuosités, l’une en avant du crochet, l’aulre à l’extrémité de la lunule; bord supéro-postérieur presque rectiligne se raccordant avec la courbe du contour anal. Lunule très large et très grande, très excavée sous le crochet, bombée au milieu, limitée à l’extérieur par une profonde dépression qui aboutit à la sinuosité du contour; une autre dépression ou rainure, bordée par un gradin obsolète, limite la région anale qui forme une sorte d’excroissance bombée; toute la surface est ornée de courtes lamelles assez écartées, dont les intervalles — lisses vers le crochet — sont décussés vers les bords — et même bien avant chez l’adulte — par de fines stries rayonnantes qui donnent l’aspect obtusément crénelé aux dernières lamelles palléales.

Charnière épaisse, arquée sur son contour inférieur, un peu amincie en avant du crochet, par le creux de la lunule : 3„ minuscule sous le crochet, 3;, oblique et bifide; A III et P III très saillantes, inéquidistantes, l’antérieure deux fois plus rapprochée; 2 épaisse et pyramidale, 4/, oblique, mince et longue; A II pyramidale, A IV très obsolète, PII épaisse, P IV mince et contiguë au bord; nymphe peu proéminente, presque confondue avec le bord ; aire ligamentaire plate et large.

Impression de l’adducteur postérieur ovale-allongée, immédiatement sous la lamelle postérieure; digitation du muscle

antérieur assez longue et très large, divergeant de la ligne palléalc qui est assez écartée du bord crénelé et garnie de (ranges entre elle et le bord ; les crénelures très fines ne se prolongent ni sur le contour lunulaire ni sur le bord ligamentaire;

Dm. Diamètre antéro-postérieur : 22 mill. ; diamètre umbonopalléal : 23 mill.; épaisseur des deux valves : 19 mill.

Rapp. et diff. — Avant d'admettre cette mutation qui a été rejetée par MM. Sacco, Dollfus et Dautzenberg, nous avons longuement et minutieusement comparé, tous les spécimens des divers Bassins (coll. Cossmann) et des différents niveaux; de cet examen nous tirons la conclusion que la coquille du Burdigalien et de l’Aquitanien du Sud-Ouest se distingue invariablement du véritable L. columbella de la Touraine par son galbe deux fois plus gonflé et conséquemment par sa lunule plus creuse sous le crochet, qui entame davantage le plateau cardinal ; en outre, la digitation antérieure est manifestement plus large et plus divergente, l'adducteur postérieur est un peu plus développé; la rainure postérieure est plus profonde et détermine sur le bord palléal un sinus bien plus aigu, le corselet est moins large; nous ne signalons que pour mémoire l’écartement des lamelles qui est assez variable chez L. columbella s. str., cependant il semble plus grand chez la mut. Basteroti; il n'y a rien à dire de la charnière qui parait bien identique chez les deux formes, et c'est ce qui nous décide à ne pas admettre L. Basteroti comme une espèce complètement distincte de celle de Lamarck.

Les spécimens de l’Helvétien de l’Aquitaine appartiennent aussi incontestablement à la var. Basteroti , dont ils ont tous les caractères. Ils sont cependant, en général, un peu moins bombés que ceux du Burdigalien, mais ils s’écartent beaucoup plus des spécimens helvétiens de la Touraine que des spécimens aquitaniens ou burdigaliens de l’Aquitaine.

Les spécimens d'Adiça (Portugal) que nous avons sous les yeux (coll. Cossmann) sont extrêmement voisins de ceux du Burdigalien, de sorte que L. Basteroti auquel nous les rapportons serait à la fois une mutation et une race qui se prolongerait — dans le Sud-Ouest de l’Europe — jusqu'au Miocène supérieur.

Au contraire, la forme typique de la Touraine, qui est bien celle désignée par Lamarck d'après MM. Dollfus et Dautzenberg, paraît s’étendre dans le Bassin de Vienne, dans le Piémont et aussi en Pologne; les échantillons de Potzleinsdorf et de Podhorce (coll. Cossmann) ressemblent exactement à ceux de Pontlevoy. Mais la variété candida Eichwald, se distingue par la brièveté de sa digitation musculaire et par l'atténuation

des rainures rayonnantes de la surface externe, de sorte que le contour esté peine échancré : les valves d’Holubica (Pologne)que nousavons sous les yeux (coll. Cossmann) ont des lamelles antérieures plus écartées des cardinales que chez L. columbella et chez L. Basteroti.

Signalons enfin la var. tolpa de Greg., qu’on reconnaît à ses lamelles effacées : elle existe en Touraine concurremment avec la forme typique, mais il y a de nombreux passages intermédiaires. 11 n'en est pas de même de la var. strictula Sacco, qu’on retrouvera ci-après.

En ce qui concerne L. Adansoni d’Orb., coquille vivante aux Canaries et sur la côte Ouest de l’Afrique, nous remarquons que nos valves ont la lunule aussi enfoncée que L. Basteroti, mais que leur forme est aussi peu convexe, et que leurs lamelles sont aussi serrées que chez le vrai L. columbella, 11 semble que c’est une mutation chez laquelle il y a une tendance au retour à la lunule ancestrale, avec persistance du galbe plus récent; peut être un cas de convergence?

L. pensylvanica L. est beaucoup moins gonflée et plus grande : il n’y a pas de confusion possible.

Localités. — Pont-Pourquey, plésiotypes (PI. XXX11I, fig. 71-74), coll. Cossmann ; commune dans tous les gisements (1). — Biirtligalien.

Léognan (le Tliil), Mérignac (Baour), St-Avit, Villandraut (Gamachot), toutes les coll. Mérignac (le Pontic), spécimens extra-gonflés (fig. 64-65), coll. Peyrot. — Atjtiitanien.

Salles (Minoy), coll. Duvergier; Saucats (La Sime); Baudignan, Parleboscq; St-Etienne-d’Orthe, coll. Degrange-Touzin, beaucoup plus rare que dans les autres étages. — HeKétîen.

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