‹ Conchologie néogénique de l'AquitaineChapitre 67 sur 350 · Basterotia (Fulçrella) Neuvillei nov. sp. PI. V · texte numérisé non relu

Basterotia (Fulçrella) Neuvillei nov. sp. PI. V

fig. 16-19.

Test médiocrement épais. Taille assez petite; forme oblongue transverse, quelquefois un peu variable, convexe h l’âge de l’adulte, très inéquilatérale ; côté antérieur court et arrondi; côté postérieur allongé, subtronqué obliquement ou h peine arqué; bord palléal presque recliligne, seulement raccordé en courbe à ses extrémités avec les contours latéraux; crochets petits, peu gonflés et peu saillants, prosogyres, situés presque au quart de la longueur des valves, du côté antérieur; bord supérieur convexe et déclive en avant, très peu arqué ou presque horizontal eii arrière du crochet. Surface externe très bombée, presque cylindracée au milieu, séparée de la région anale par un angle décurrent et arrondi; stries d’accroissement irrégulières, rugueuses vers les bords chez les spécimens adultes. Charnière C. et P. 18

comportant sur la valve droite une forte dent 3, incurvée en crochet saillant, adjacente à une fossette antérieure pour la dent opposée 2 qui est également saillante sur la valve gauche, mais contiguë au bord antérieur et séparée par une fossette de la nymphe peu proéminente, simplement indiquée par une petite rainure qui la limite au-dessus et qui la distingue du bord supéro-postérieur. Impressions musculaires petites, peu visibles, situées assez haut; impression palléale non sinueuse en arrière.

Dim. Diamètre antéro-postérieur : 11 mill. ; diamètre umbonopalléal : 7 mill. 5; épaisseur d’une valve : 3 mill.

Rapp. et diff. — Cette intéressante espèce — dont nous avons étudié toute une série d’individus de taille et d’àge différents — a tous les caractères de la Section Fulcrella, dans le Genre Basterotia ; elle rappelle même quelques espèces parisiennes, de sorte qu’il est très intéressant de constater que ce groupe, déjà répandu à l’époque thanétienne, s’est poursuivi jusque dans l’Helvétien du Sud-Ouest de la France. B. Neuvillei est beaucoup plus inéquilatéral que B. paradoxa et que B. Baudoni, plus étroit que ce dernier, moins atténué en avant que B. edentula, moins élevé surtout que B. oncodes qui est aussi convexe ; les autres espèces du Bassin de Paris s’en écartent encore davantage et elles n’ont pas toutes une dent aussi forte ni aussi saillante sur chaque valve. Toutefois, il est utile de faire remarquer à ce propos que la saillie apparente de cette dent dépend beaucoup de l’angle sous lequel on l’examine : elle sort en effet — comme un croc de sanglier — de la cavité umbonale où elle s’enracine par un contrefort très épais qu’on ne distingue bien qu’en renversant la valve, le sommet en bas ; il en résulte que si l'on pose la valve à plat sur le dos pour la dessiner, l’extrémité de cette tige est seule visible et qu’elle paraît moins grosse et moins saillante qu’elle ne l'est en réalité. C’est ce qui explique pourquoi les fossettes destinées à loger ces dents semblent d’une petitesse disproportionnée avec le volume de la dent et de sa racine, et pourquoi, notamment sur la valve gauche, la dent ne parait presque pas distincte du bord antérosupérieur, tandis que si on regarde en profil, la pointe dépasse de beaucoup ce bord.

Localités. — Salles (le Minoyj, peu rare; cotypes figurés (PI. V, fig. 16- 19), coll. de l’Ecole des Mines, recueillis par M. Neuville. — Hclvétlcn.

ANISODONTA Desh. 1858 ( non 1863).

Coquille à test mince, inéquilatérale, généralement aplatie, dilatée et subanguleuse ou tronquée obliquement en arrière; côté antérieur court et atténué; surface rugueuse ou granuleuse ; crochels peu saillants, prosogyres, situés très en avant; bord cardinal peu épais; dents 2 et 3 médiocrement saillantes, plutôt

tuberculeuses; nymphe courte, peu épaisse, retroussée comme un cuilleron, de sorte qu’on pourrait la confondre avec une seconde dent, mais il n’y a pas de fossette corres-

Fig. 11. — Charnière d ’Anisodonta saucatsensis C. et P.

pondante du côté opposé; impression de l’adducteur antérieur allongée et souvent bordée d’une petite arête interne; impression du muscle postérieur arrondie et plus écartée; ligne pal-

léale dessinant un léger crochet avant de rejoindre l’impression

musculaire postérieure. G. -T. : A. complanata Desh. Thanétien.

M. Cossmann a restreint, en 1886 (Cat. illustré, I, p. 137), ce Genre aux formes éocéniques pour lesquelles il a été primitivement proposé par Deshayes, qui, en 1863, dans son ouvrage sur les coquilles de la Réunion, y réunissait à tort les espèces vivantes actuellement classées dans le G. Basterotia. Malheureusement, au lieu de persister dans cette voie, l’auteur a, dès l’année suivante (1887, Cat. illustré, II, p. 204), adopté l’opinion de Fischer (Man. Conclu, p. 1076) qui réunissait Anisodonta et Fulcrella à titre de Sous- Genres de Basterotia.

Après un nouvel examen des coquilles en question et surtout du véritable génotype fossile de Basterotia, nous en revenons aujourd’hui à l’interprétation primitive, en l’accentuant encore par la séparation complète à' Anisodonta et de Fulcrella, ce dernier se rattachant au contraire à Basterotia.

En définitive, Anisodonta se distingue de Basterotia par son léger sinus palléal, par son test plus mince, par sa charnière composée d’une dent moins saillante en croc sur chaque valve, et surtout d’une nymphe plus retroussée en cuilleron dentiforme en arrièi'e de la dent 3.

Quant aux formes vivantes auxquelles s’appliquait primitivement et plus anciennement la dénomination Eucharis Recluz, préemployée, nous n’avons pas les éléments nécessaires pour décider si l’on doit désormais les rapprocher de Basterotia plutôt que d 'Anisodonta, ou leur donner un nouveau nom générique pour les en distinguer. Mais si, comme l’indique Fischer, dans son Manuel, elles sont caractérisées par un bâillement des valves qui ne se

toucheraient que sur une faible partie de leur bord ventral, nous pouvons affirmer du moins que tous les fossiles des deux Genres Basterotia et Anisodonta ont leurs valves parfaitement closes, quelles que soient leur forme et leur convexité; il resterait à chercher si cette différence est la seule et s’il n’y a pas d’autres caractères pour justifier la séparation générique de ces espèces actuelles.

Anisodonta — qu’on croyait localisé dans l’Eocène — est authentiquement représenté dans notre Miocène de l’Aquitaine; mais nous ne croyons pas qu’on en ait signalé l’existence dans le Pliocène, jusqu’à présent.

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