Anisodonta Duvergieri nov. sp. PI. V, fig
Test mince. Taille petite, forme peu convexe, étroitement oblongue, subtrapézoïdale ; inéquilatérale ; côté antérieur très court et arrondi; côté postérieur à peine plus large, à contour un peu curviligne ; bord palléal peu arqué, raccordé par des angles arrondis avec les contours latéraux. Crochet petit, non gonflé, mais faisant néanmoins une légère saillie sur le bord supérieur, situé presque au quart de la longueur du côté antérieur; bord supérieur peu incurvé de part et d’autre du crochet, presque parallèle au bord palléal. Surface dorsale lisse et déprimée, séparée par un angle — d’abord très net vers les crochets, puis plus émoussévers les bords — de la région anale
qui est excavée et ornée de pliâ d’accroissement lamelleux à partir de l’angle; vers les bords de la région médiane et sur la région antérieure, les stries sont plus profondes et très serrées. Charnière de la valve droite comportant une dent 3 minuscule sous le crochet, adjacente à une nymphe assez épaisse, assez longue et surtout saillante à son extrémité anguleuse qui se raccorde par une courbe excavée avec le bord cardinal, et elle est séparée du bord supérieur par une rainure. Impression du muscle antérieur squalène et limitée par une côte interne qui rayonne de la cavité umbonale; l’impression du muscle postérieur occupe presque toute la largeur de la dépression anale et son extrémité inférieure se relie à la ligne palléale par un arc qui représente le sinus.
Dim. Diamètre antéro-postérieur : 9,5 mill. ; diamètre umbonopalléal : 4,5 mill.
Rapp. et diff. — L’unique valve ci-dessus décrite est tellement voisine — par son aspect — d’A. saucatsensis, que nous l’y aurions certainement réunie si elle ne s’en écartait par deux caractères importants qui, si l’on constate ultérieurement qu’ils sont constants, justifieront la séparation d’une espèce plutôt même que d’une mutation : d’abord la valve est notablement plus allongée que celles de l’espèce burdigalienne, et sa longueur
est plus que le double de sa hauteur, tandis que le rapport n’atteint pas
■— chez l’autre coquille ; en second lieu, le bord supérieur est à peu près parallèle au bord palléal, tandis que les deux contoui’s (ou leurs tangentes) font un angle d’environ 20 degrés chez A. saucatsensis; enfin, il semble que le crochet est placé encore plus en avant chez A. Duvergieri, la côte interne est aussi plus visible et plus subitement terminée. Nous souhaitons néanmoins que de nouvelles recherches dans le gisement du Minoy fassent découvrir d’autres valves de cette intéressante espèce, et surtout une valve gauche, opposée à celle que nous venons de décrire.
A. Duvergieri est beaucoup plus déprimée qu’A. complanata Desh., du Bassin de Paris; ses bords sont plus parallèles, et elle est moins dilatée en arrière qu’ A. ambigua Desh., elle est moins tronquée et plus étroite qu’A. rugosula Desh.
Localité. — Salles (Le Minoy), unique (PL V, fig. 20-21), coll. Duver-
gier. — llelvétien.