‹ Conchologie néogénique de l'AquitaineChapitre 97 sur 350 · Eastonia c/. crassidens [Lamk.] PI. VII, fig · texte numérisé non relu

Eastonia c/. crassidens [Lamk.] PI. VII, fig

1818. Lutraria crassidens Lamk. An. s. vert., V, p. 471.

Desh. Id., VI, p. 94.

Desh. Traité élém. Conch., II, p. 267.

d’Orb. Prod., III, p. 98, n° 1830, 26e et.

Eastonia turonica Mayer. Calai. Mus. Zurich, 2e cahier, p. ;

Benoist. Cat. Saucats, p. 27.

Dollf. Dautz. Etude prélim., p. 3.

Dollf. Dautz. Nouv. liste Péléc., p. 9.

1902. Eastonia crassidens Dollf. Dautz. Conclu Mioc. Loire, p. 97, pi. IV,

Test peu épais. Taille petite (dans le Bordelais); forme ovale transverse, subéquilatérale, assez convexe; côté antérieur un peu plus court, largement arrondi; côté postérieur subtronqué, quoique ovale; bord palléal arqué, se raccordant par des courbes régulières avec les contours latéraux; crochets petits, peu proéminents, prosogyres, situés aux trois septièmes de la longueur, du côté antérieur; bord supérieur également arqué et convexe de chaque côté du crochet. Surface dorsale régulièrement bombée, lisse, à peine déprimée sur la région anale qui n’est pas limitée; quelques stries d’accroissement surtout vers les crochets, mais aucune trace d’arêtes ni de stries rayonnantes. Charnière comportant : sur la valve droite, une branche 3„ très saillante, et à 35°, la branche 3* réduite à une ligne sans saillie contre la fossette arrondie du cartilage ; L P 1 et III très courtes, sortant de dessous la nymphe qui est séparée de la fossette par une arête minuscule ; L A I attenant à 3(i, et L A III se réduisant à un petit tubercule contre le bord cardinal; sur la valve gauche, 2„ et 2i formant un A très aigu, L Ali très courte et sail-

lanle. Impressions musculaires grandes et presque égales, l’antérieure palmiforme, la postérieure arrondie; sinus palléal très profond, ovale, dépassant en avant l’aplomb du crochet ; impression palléale dédoublée en avant, dans le prolongement de l’étroite languette qui la sépare du sinus.

Dim. Diamètre antéro-postérieur: 14 mill. ; diamètre umbonopalléal : 8,5 mill.

Rapp. et diff. — Nous ne sommes pas absolument sûrs que la coquille ci-dessus décrite soit bien E. crassidens, de Touraine; elle nous parait un peu moins inéquilatérale, et les lamelles postérieures de sa charnière sont peut être un peu plus courtes; toutefois, comme nous n’en avons examiné que deux spécimens, dont l’un encore bivalve, et dont l’autre (celui qui est figuré) a la valve gauche un peu endommagée en arrière du crochet, nous estimons qu’il ne serait pas prudent de créer une nouvelle mutation sur des bases aussi peu certaines. La surface lisse et la forme ovale de ces spécimens nous empêchent de les rapporter à E. mitis qui a le bord palléal bien plus rectiligne et dont l’extrémité antérieure est plus atténuée ; il y a aussi quelques différences dans la charnière, les lamelles latérales étant manifestement plus courtes chez E. crassidens; enfin le sinus palléal s’avance beaucoup moins vers la côte antérieure chez E. mitis.

ï.ocalités. — Mérignac, plésiotypes (pi. VII, fig. 27-29), coll. Cossmann; le Haillan, un individu bivalve, coll. Degrange-Touzin ; Sauçais (Lariey) , perforant le calcaire lacustre, fi.de Benoist. — Aquilanicn.

Fam. MES O D ES MA TI DÆ Gray cm. (1).

« Coquille équivalve, trigone, cunéiforme ou ovale, solide, épidermée, close; sommets opisthogyres; charnière portant ordinairement une dent cardinale sur chaque valve, placée en avant d’un cuilleron ligamentaire interne, central; dents latérales presque toujours bien développées en avant et en arrière ; impressions des adducteurs des valves assez profondes; ligne palléale sinueuse ou simple.

» Les dents cardinales des Mesodesmatidæ ressemblent à

(1) Gray a écrit Mesodesmidæ, orthographe incorrecte; la rectification d'orthographe faite ultérieurement par Deshayes n'entraîne nullement la paternité du nom de Famille pour cet auteur, comme l'a écrit M. Dali (Trad. Man. Ziltel).

celles de Maclra, mais l’animal diffère par ses siphons disjoints à la hase ».

Quoi qu’en pense Fischer et après lui M. Dali qui ne signale pas d’autres différences entre les deux Familles, il y a cependant une profonde distinction basée sur ce que les Mésodesmes ont leur ligament « encadré de dents », c’est-à-dire qu’il y a « une lame cardinale en arrière de la fossette chondrophore ». Félix Bernard, frappé de cette anomalie, a. cherché à l’expliquer par un cheminement du ligament à travers celte lame 4a qui est échancrée tout exprès à son extrémité, tandis que, sur la valve opposée, 3a aurait avorté. Cette hypothèse ingénieuse a seulement l’inconvénient de reposer sur une base diamétralement opposée au principe — posé par Munier Chalmas — d’après lequel le ligament est toujours interne au début et ne devient externe qu’ensuite : le cheminement devrait donc se faire à l’inverse de ce qu’a supposé Félix Bernard. En tous cas, de quelque façon qu’on explique l’anomalie, elle existe bel et bien sur un certain nombre de Mesoclesmatidæ et cela suffît amplement à justifier la création d’une Famille bien distincte.

M. Dali l'a divisée en trois Sous-Familles Mesodesmatinæ, Erviliinæ, Davilinæ, cette dernière caractérisée par l’absence de sinus palléal; nous n’avons à nous occuper ici que des deux premières, seules représentées dans l’Aquitaine.

MESODESMA Desh. 1830.

La première des espèces que Deshayes a énumérées sous ce nom générique, dans son Encyclopédie méthodique, est précisément M. donacium qui est le génotype de Ceronia Gray, 1833; comme d’autre part M. corneum Poli a été placé, en 1836, par Philippi dans le Genre Donacilla (latinisé d’après Donacille Lamk., 1812), on doit en conclure, comme l’a fait M. Dali, que l’interprétation de Fischer — qui a conservé M. corneum comme génotype de Mcsodesma — est erronée, et que Ceronia = Mesodesma.

- S. -G. Donacilla (Lamk.) Phil. — Valves ovales oblongues, très inéquilatérales ; côté antérieur plus allongé que le côté postérieur; crochets petits, opisthogyres ; charnière épaisse, comportant : sur la valve droite, une lame 3a mince et courte, contiguë à une profonde fossette chondrophore, deux fortes lamelles AI, A III, peu éloignées du cro-

Alf

Charnière 3e Donacilla cornea Poli.

chef, et deux lamelles PI, P III, très inégales occupant en arrière de la fossette un emplacement quasi-cardinal, PI très épaisse, courte et subtrig'one, P III très mince et adjacente au bord supérieur; sur la valve gauche, une mince lame 2 en avant de la fossette chondrophore, une épaisse dent 4* courbe et bordant de l'autre côté la fossette ; plus, A II mince et écartée, et P II épaisse, oblique à côté de 4^; ligament externe marginal et obsolète; le plateau cardinal ne fait presque pas de saillie sur la cavité umbonale; impressions musculaires inégales, l’antérieure plus largement arrondie, sinus court, obliquement ascendant; ligne palléale irrégulière et frangée. — G. -T. Mactra cornea Poli.

Ce Sous-Genre se distingue de Mesoclesma s. s. (= Ceronia ) par sa forme non trigone, par, sa fossette beaucoup plus rétrécie et plus profonde, et surtout par la disposition des dents de sa charnière qui comporte une épaisse dent 4a, au lieu du rudiment qu’on observe seulement chez M. donacium; en outre, le ligament est beaucoup plus court et mieux marqué sur le bas et sur le crochet de cette dernière espèce; c’est même là que Félix lier nard a cru reconnaître la communication entre ce ligament et la fossette, pour expliquer la genèse de la dent 4a.

Chez Paphia au contraire, qui a une forme trigone et une charnière très haute, la lame 4a est longue et mince et 2 est très épaisse. A ce propos, il y a lieu de relever la rectification faite par M. Dali qui élimine la dénomination Paphia Lk. sous le prétexte que Bolten avait déjà employé le même nom un an plus tôt que Lamarck, dans un autre sens. Or, tout le monde sait maintenant que les noms génériques du catalogue de Bolten (1798) n’ont aucune valeur scientifique et ne peuvent entrer en ligne de compte pour la priorité qu’à la date de celui qui les ressuscite en leur donnant une identité concliyliologique : ce ne serait donc qu’en 1898, dans l’ouvrage de M. Dali, que Paphia Bolten pourrait être repris. Par conséquent, il n’y a pas de motif valable pour rejeter Paphia Lamk. et y substituer Atactodca Dali.

Il est intéressant de constater l’existence du S. -G. Domicilia, dès l’Aquitanien, dans le Miocène de l’Aquitaine où Benoist ne l’avait pas signalé et où Mayer en avait indiqué deux rares espèces dont nous n’avons retrouvé qu’une seule. M. Sacco a décrit une variété de D. cornea dans le Tortonien dé Piémont, et une autre espèce (D. trigona Cocconi) dans le Plaisancîen; mais MM. Dollfus et Daulzenberg n’en citent aucun représentant dans l’Helvétien de la Touraine.

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