AVERTISSEMENT DE 1/ AUTEUR
Cet ouvrage était achevé. J'attendais , pour le revoir et y mettre la dernière main, le loisir des vacances, lorsque,^ dans cet intervalle, j'appris, par la voie des journaux , qu'il paraissait uue seconde édition d'un Commentaire sur la Loi des Douze Tables , par M. Bouchaud.
La première ne m'était point connue. Je me procurai cet ouvrage , j'en parcourus les pages avec empressement, et je reconnus que nous n'avions pas eu le même objet, et que nous n'avions pas suivi la même route.
M. Bouchaud a consigné, dans deux volumes in-4° de plus de 600 pages cha-
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cun, tout ce que, pendant deux siècles, les jurisconsultes et les savans ont c'erit sur les Douze Tables. 11 a rapporté toutes les controverses et toutes les disputes qui se sont élevées pendant que Ton tentait de relever cet antique édifice. Il a même, à l'exemple de ceux qui l'ont précédé, conservé l'échafaudage qui a servi à la construction, mais qui devient inutile aujourd'hui, et qui empêche d'en considérer l'ensemble et de la voir dans toutes ses proportions.
J'ai cru , au contraire, qu'il était tems de dégager l'édifice de tous ces accessoires, et de lui rendre la noble sévérité de son ordonnance. J'ai pensé qu'après une dissidence et des débats qui durent depuis si long-tems, il fallait enfin prendre un parti , tirer les conséquences et conclure; telle est la raison du titre que j'ai adopté,
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et qui m'a fait borner ce travail à tout ce qu'il y a de certain et d'utile à connaître sur les Douze Tables.
Nous différons donc essentiellement, M. Bouchaud et moi , tant par le plan que nous avons suivi , que par l'objet principal que nous nous sommes proposé. Je ne dois point étendre la comparaison plus avant; on verra, au surplus, en lisant cet ouvrage, sous quels autres rapports il diffère de celui de M. Bouchaud.
Je dois prévenir que je n'ai point partagé le sentiment de cet auteur sur l'interprétation de certaines lois. Mon opinion était formée et mes preuves établies avant que son livre me fût connu, J'ai fait depuis de nouvelles recherches , j'ai discuté de nouveau, et je me suis d'autant plus affermi dans le parti que j'avais adopté; mais j'ai dû retoucher
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mon ouvrage, afin de justifier mon interprétation, lorsqu'elle ne se trouvait pas d'accord avec la sienne. On reconnaîtra , par les ménagemens que j'ai apportés dans mes additions , que je sais respecter sa mémoire.
Cependant il est une faute grave que M. Bouchaud a commise, et je ne puis la passer sous silence. Il a trop souvent copié, sans discernement et sans choix, le seul écrivain français qui avait, avant lui, commenté les lois des Douze Tables.
Il aurait dû s'occuper de le réfuter, et de redresser ses erreurs, et on les retrouve en grande partie reproduites sous sa plume.
11 a même imité dans les textes la bizarrerie de son orthographe, ce qui en rend la lecture rebutante, et pour les jeunes , gens, et en général pour tous ceux qui s'inquiètent peu de savoir comment