‹ Conclusion sur les lois des Douze Tables, contenant 1°. Un examen de quelques points généraux; 2°. Tous les fragmens qui nous ont été conservés, et tels que les savans en ont proposé les textes, avec la preuve de chacum d'eux, et des explications sur les lois qui en sont susceptibles;Chapitre 47 sur 78 · DE LA MANIÈRE D'APPELER EN JUSTICE · texte numérisé non relu

DE LA MANIÈRE D'APPELER EN JUSTICE

Si in jus^ vocat^ atque^ 3 ) eat.

Si quelqu'un est appelé en justice , qu'il s'y rende à l'instant.

Cicéron , Traité des Lois , liv. II , dit : « Nous avons » appris dès l'enfance à appeler loi cet énoncé et d'auto très semblables : Si in Jus vocet atque eat , » ce qui ne prouve pas suffisamment que ce passage appartienne aux lois déccmvirales; mais plus loin il ajoute: « Dans

(1) Quis aliquem sous-entendu. (a) ^ocalus sous-entendu. (3) Pour itiieà.

» notre jeunesse on nous faisait apprendre de mémoire » les Douze Tables , comme quelque chose de très- » nécessaire , » et ceci complète la preuve.

Ni it C*> antestamino igitur< a ) em< 3 ) capito.

S'il s'y refuse, prenez des témoins, et vous pourrez l'y contraindre.

Les scoliastes , à l'occasion de la neuvième satire d'Horace , liv. I , disent que Ton trouve dans les Douze Tables le texte suivant: Si vis vocationi testamini igitur em capito antestari.

Jacques Godefroi a corrigé ce passage , et le propose ainsi qu'il est rapporté ci-dessus.

Si calvitur ( 4 ) pedemve struit^ manum endo< 6 ) jacito.

S'il diffère , s'il cherche à vous tromper y ou s'il veut prendre la fuite , mettez la main sur lui.

(i) Pour si non it. (a) Pour inde , postea. (5) Pour eum. - (4) Cest-à-dire morctur et frmlrettir. (5) Fugit. (6) Pour Mr.

Festus, au mot struere, rapporte ce texte, et dit qu'il est dans les Douze Tables.

Si morbus aevitasve^ vitium( 2 ) escit^) qui in jus vocabit jumentum ^ dato si nolet arceram ne sternito.

S'il est retenu par son grand âge, s'il est impotent ou infirme , que le demandeur lui envoie une voiture ; mais on ne peut exiger une litière.

Aulu-Gelle, liv. XX, chap. i, dans une dissertation sur les Douze Tables , dit : Verba sunthœc de lege : si in jus vocat , si morbus , oevitasvc vilium esset , qui in jus vocabit , jumentum dato : si nolet , arceram ne sternito. Il donne ensuite un commentaire dont je me suis servi pour interpréter cette loi.

Si en< 5) siet (6 ) qui in jus vocatum vindicit mittito.

(1) Pour œtas longa. (2) Pour impedimenium. (3) Pour eril. (4) Plaustrum quod junctis jumentis trahalur. (5) Pour autem. (6) Pour «7, aliquis sous-entendu.

Cependant si quelqu'un se présente et répond pour celui qui est appelé en justice, renvoyez ce dernier.

Gaïus , Hv. I er , sur la loi des Douze Tables ( v. ff. De in jus voc. 1. XXII) , dit : « L'adjourné doit être ren- » voyé, s'il se présente quelqu'un qui réponde pour • lui . » Qui in jus vocatus a/ , dimittendus est , si quis ejus personam defendet. C'est d'après cette indication qu'on a proposé le texte de la cinquième loi.

Assiduo vindex^O assiduus esto proletario quoi qui volet vindex esto.

Que le riche seul puisse répondre pour le riche. Qu'on admette , quel qu'il soit , celui qui répondra pour le pauvre.

Aulu-Gelle, liv. XVI, chap. io, dit que, s'il s'en souvient, bien, on lit ceci dans les Douze Tables : Assiduo vindex , assiduus esto : proletario civi guivis volet , vindex esto. Il donne en même tems la véritable acception des mots assiduus et proletarius.

(i) Vowrjidejits&ur.

SECONDE PARTIE. g5

Endo via rem uti pacunto^ rato< 2 ).

Si les parties transigent en route, que la transaction soit ratifiée.

Gaïus , dans le passage cité plus haut , ajoute que le défendeur doit être également renvoyé , si , dans le chemin, les parties ont transigé, et si dum in jus venilur, de re transactum fuerit.

vni.

Ni ita pacunt in comitio aut in foro (5 > ante meridiem causam conscito^ quum pérorant ambo présentes.

Si les parties n'ont point transigé , que le préteur, avant midi, juge la cause dans le comice ou dans le forum , après les avoir entendues Tune et l'autre.

On cite , pour preuve de la première partie de cette loi, l'auteur du livre ad Herennium , qui dit, liv. II,

(i) Les anciens écrivaient souvent paco pour paciscor. (2) C'est-à^ire ratum esto. (3) Voyez les explications à la fin de cette table. (4) Pour consciscito.

chap. i3 : Rem ubi pagunt (i) orato : ni pagunt in comitio , ai// in foro ante meridiem , causant c on se il o.

Aulu-Gelle , liv. XVII , chap. 2, dit que ceci est écrit dans les Douze Tables. Ante meridiem causam conscito , càm pérorant ambo prœsentes.

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