‹ Concours d'agrégation de médecine, janvier 1907. Exposé des titres et travaux scientifiques (volume 3)Chapitre 2 sur 2 · BACTÉRIOLOGIE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

BACTÉRIOLOGIE GÉNÉRALE

pilante était acquise sous l’influence d’injections répétées ; comme elles elle était spécifique, c’est-à-dire que le sérum d’un lapin inoculé par exemple avec du sérum de cheval, précipitait in vitro le sang de cheval et celui-là seulement.

De suite les observateurs précités avaient songé à utiliser cette réaction pour caractériser les sangs des différentes espèces animales et l’on étudiait en médecine légale les moyens d’appliquer cette propriété à la reconnaissance des taches de sang humain ; mais pour obtenir le sérum nécessaire, il était indispensable d’inoculer à des animaux du sérum humain aseptique, difficile à obtenir en grande quantité, et de plus le Sérum précipitant préparé de la sorte se conservait très mal.

Après avoir vérifié par de très nombreuses expériences les conclusions de nos prédécesseurs, nous avons montré avec M. Arthus que l'on peut obtenir très commodément le sérum nécessaire aux médecins légistes, et cela de la façon suivante: on remplace le sang humain par du liquide d’ascite, liquide que l’on peut se procurer très facilement stérile et en grande abondance.

Les Inoculations .de ce liquide sont faites au chien, qui fournit plus de sérum que !e lapin et qui peut être saigné plusieurs fois de’suite sans inconvénients.

Au lieu dé conserver le sérum aseptiquement, ce qüi est difficile dans la pratique, nous l’avons additionné d’un volume égal de solution de fluorure de sodium à 4 % dans l’eau distillée et nous avons pu garder ainsi

les différents composants chimiques du lait, de l’œuf, de l’urine ; encore ici la caséine et les globulines empruntées à des liquides organiques ou à des tissus d'animaux d’espèces déterminées, communiquent au sérum des animaux inoculés la propriété de précipiter in vitro les solutions de substances ainsi injectées et celles-là seulement.

Nous étions donc en possession d’une méthode nouvelle nous permettant d’établir un certain nombre de faits discutés en chimie biologique.

On sait que les chimistes sont loin d’être d’accord sur la valeur des réactions qui permettent de séparer par les sels neutres et de caractériser les matières albuminoïdes. La réaction biologique s’ajoutant à toutes celles fournies par la chimie nous a permis d’apporter un argument de plus pour là spécificité de ces différentes substances.

En outre il était impossible aux physiologistes de démontrer d’une façon parfaite que les albumines d,u sang et du lait, du sang et de l'œuf, du sang et de l’urine, étaient absolument identiques. De nombreuses théories avaient avancé par exemple que dans l’albuminurie la substance qui passait dans l’urine était très différente de l’albumine du sérum.

Nos expériences portant sur les composants chimiques de ces produits organiques, nous ont permis d'établir la parenté indiscutable des albumines de l’œuf et du sang de la poule, des lacto-globulines du sang et du lait de la vache, l’identité des différentes espèces de caséines, etc. Nous avons précisé de plus les conditions dans lesquelles apparaissait la propriété précipitante, et nous avons pu montrer que cette propriété existait dans le sang circulant et qu'elle n’était pas atténuée par la présence de différents composés chimiques. Nous avons vu également qu'il Vagissait d’une véritable coagulation de l’albumine étrangère,,coagulation due à une diastase que nous avons pu séparer par les procédés normaux usités en physiologie. Cette diastase, redissoute dans l’eau salée, agit comme le sérum frais et perd toute son activité quand on chauffe à 70" le liquide qui la renferme.

- Nous devons signaler en terminant que nos recherches ont servi de base à la découverte dé l’anaphyllaxie chez des animaux traités par des sérums étrangers, découverte qu'a faite M. Arthus, car nous avons démontré que les animaux supportaient de plus en plus mal les injections Si de matières albumineuses et que l’on obtenait chez eux, après un certain nombre d’inoculations, d’énormes abcès aseptiques.

Voici in extenso les conclusions de notre travail :

Si l’on injecte à un animal des albuminoïdes empruntées à des animaux ;.. d’espèce différente, le sérum de l'animal ainsi préparé acquiert la propriété de précipiter in vitro les substances dont ôn s’est servi.

Cette réaction ne devient maniteste qu'après plusieurs injections, elle parait augmenter à mesure que les injections se répètent et que la f quantité d’albumlpe introduite augmente.

leuvent éclairer cet important proDléme. Dans le cas qui nous 'examen du liquide nous révéla les particularités suivantes : 1" ui 'orte proportion d'urée, 2 grammes par litre (Comba est le seul au lit signalé la présence d’urée it dose élevée dans la sérosité) eneur en chlorures considérable, 8 gr. 6, alors que normalement tarie entre S et 7 grammes ; 3* l’absence complète de formes micro it d’éléments cellulaires (leucocytes et cellules endothéliales) pei le rejeter l’hypothèse d’inflammation et de réaction méningée; 4* ion toxicité du liquide Céphalo-rachidien injecté à doses massiv a substance cérébrale d’animaux.

Comment, partant de ces données, expliquer les résultats o Les auteu'rs qui se sont occupés de la question ont émis deux hypi une admettant l’action mécanique de la ponction et la décomp ,’autre le rôle chimique de désintoxication. La première suffit à ei lans le cas qui nous intéresse, l’amélioration des troubles visi ’œdème péri-papillaire, la disparition de la céphalalgie par l’hyp consécutive à la ponction, le retour assez rapide des accidents pt luCtion de liquide. Elle a contre elle l’absence de pression sons faible quantité recueillie, la lenteur d’apparition des phénom

rapportons le liquide n’était pas toxique, i

pulmonaires, les esc secondaire. Le pneur aisément dans l’articl symptomatique de l’i

formes séreuse et pu chaque cas on puissi pensons pas. La natui .révélable par la simpt instruire et nous allon nous avons faites dam

lo Inoculation h 16 première série

A ce moment, il est possible de retirer plus de 3 centimètres cubes de pus épais, grumeleux, jaunâtre, renfermant en abondance le bacille typhique.

Les ensemencements pratiqués sont toujours positifs.

Malgré l'énorme abcès articulaire, la généralisation ne se fait jamais.

A l’autopsie tous les organes sont sains : seule la, capsule est atteinte. L'os lui-même ne parait pas touché, il est à peine plus nacré que d'habitude, la moelle osseuse est normale. La synoviale épiphysairè est recouverte d'une fausse membrane grisâtre peu adhérente. L'injection des vaisseaux est extrêmement accentuée et même en certains points, on rencontre des taches ecchymotiques. Les ligaments sont disjoints, les cartilages érodés, séparés de l'os par un abondant dépôt fibrineux.

Le pus renferme des cellules endothéliales desquamées et dégénérées, èt surtout de très nombreux leucocytes polynucléaires dont certains sont déjà granuleux ou graisseux. A l'examen direct sur lame, on trouve toujours le bacille typhique. Ce bacille, très fréquemment phagocyté, présente rapidement des formes de dégénérescence multiples, analoguesà, celles que l’on rencontre dans les péritonites ou les pleurésies provoquées chez les animaux.

Le bacille d'Eberth disparait du reste quand l'épanchement vieillit, dé ; même que les cellules endothéliales : au dixième jour, par exemple, on ne rencontre plus que des polynucléaires dans l’exsudât. La culture permet de déceler le bacille beaucoup plus longtemps : un mois après l'inoculation, les ensemencements sont eneore fertiles. L'articulation malade conserve à ce moment l’aspect que nous venons de décrire : seul le pus diminue en quantité, la synoviale s'épaissit à peine, it;njy a pas de brides fibreuses, ni de tendance à la luxation spontanée (signalée chez l'homme).

Ce n'est que trois mois après, que la guérison parait acquise. A ce moment la capsule est considérablement épaissie, richement vascularisée, mais l'ankylose n’est jamais complète. L'ensemencement pratiqué avec lé liquide articulaire séreux à peine plus abondant que de coutume: reste stérile.

L’examen histologique nous a prouvé que l’os voisin était intact: les lésions portent sur la synoviale et sur celle-ci seule. SI

En plus de lésions infectieuses notables, analogues à celles que les microbes banaux produisent dans les séreuses (exsudation de polynucléaires, congestion vasculaire, abcès du tissu conjonctif, etc.), on ren- . contre des lésions toxiques un peu spéciales : nécrose de coagulat.on, dégénérescences hyalines dues à l’action rapide du poison typhique.

Malgré ces désordres, l’évolution normale chez l’animal est la restitution ad integrum complète.

résultats ont été négatifs ; l'introduction de toxine typhique dans la synoviale n'a pas amené de lésions notables. Ce fait négatif ne prouve rien, càr cette toxine isolée par filtration sur bougie Chamberland était extrêmement peu active.

■ En chauflant le bacille virulent à 85» et même h 60», pendant vingt minutes, nous obtenions encore par l’injection intra-articulaire des abcès renfermant le microbe vivant. Ce n'est qu’en le maintenant à 65" pendant vingt minutes que l'inoculation intra-synoviale a provoqué une arthrite séro-ftbrineuse absolument comparable à celle rencontrée chez l'homme : léger dépôt pseudo-membraneux sur les surfaces osseuses, congestion intense des franges synoviales, abondant liquide séreux ne renfermant que de rares polynucléaires et des bacilles phagocytés. Ce liquide distendait fortement la capsule épaissie par places ; l'ensemencement est resté

. stérile. Cette arthrite persiste quelque temps, puis guérit très facilement ; l’épanchement est à son maximum le quatrième jour.

2" Inoculation dans la circulation générale. — Pour expliquer les cas d’arthrites survenues chez l’homme, les données précédentes ne peuvent nous servir. Nous avons donc essayé de réaliser les conditions dans lesquelles l'infection articulaire se produit au cours de la dothié-

Il est extrêmement difficile de provoquer chez l’animal unp fièvre typhoïde expérimentale. Les inoculations intra-vasculaires en particulier . -ne rappellent que d’une façon lointaine par leurs symptômes les cas observés en clinique. En effet, avec des doses élevées de bacilles viru- ^ lents l’animal meurt en vingt-quatre à quarante-huit heures après avoir présenté une diarrhée plus ou moins abondante. Avec des doses faibles l’animal parait à peine malade et se rétablit rapidement.

En continuant longtemps chez un même animal les inoculations de microbes vivants, on obtient au bout d’un certain temps des suppurations multiples portant-sur toutes les séreuses (polyarthrite purulente).

Pour réaliser la forme monoarticulaire, il est nécessaire de procéder comme suit : inoculation dans les veines de 2 centimètres cubes de culture vivante, et immédiatement après, traumatisme léger portant sur une articulation quelconque. Dans ces conditions, la localisation se fait

■ toujours sur le membre lésé. Le traumatisme peut précéder l'inoculation intra-vasculaire, le résultat est le même. Le mieux est de luxer pendant l'anesthésie chloroformique l’articulation fémoro tibiale du lapin. Le lendemain, l'arthrite est manifeste ; l’animal meurt du reste deux ou trois

Cette augmentation n’est pas due aux oscillations normales du taux des leucocytes, car si l’on fait les numérations précédentes aux mêmes heures de la journée sur des sujets èijeûn, la leucocytose constatée est très faible et porte surtout sur les polynucléaires. De ces recherches il résulte donc que chez l'homme sain, après le repas, on trouve une augmentation du nombre des globules qui dépasse d’un tiers et parfois de moitié le nombre primitif.

gastriques, les résultats seraient les mêmes.

Sur 13 malades atteints de cancer de l'estomac observés dans le

une seconde, deux heures après le repas. Il s’agissait de cas les plus divers de cancer gastrique chez des sujets à différentes périodes de la maladie. line seule, fois le résultat a été douteux; dans cette observation, le malade atteint de sténose œsophagienne a présenté tardivement des symptômes du côté de l'estomac. A ce moment, l’examen de la leucocytose digestive répété à deux reprises a été négatif. L’autopsie a prouvé . qu’il s'agissait d'un cancer de la partie inférieure de l’œsophage avec propagation toute récente au cardia : dans ce cas, l’absence de leucocytose avait coïncidé avec l’envahissement secondaire de l’estomac.

Chez un autre de nos malades il s’agissait de linite plastique évoluant avec tous les symptômes d’une tumeur maligne de l’estomac ; ici encore la leucopénie a été notée après le repas.

En compulsant les statistiques nous avons vu que sur 163 cas signalés parles différents auteurs, 131 fois l’épreuve avait été négative dans les cas de cancer gastrique.

Ce signe possède donc une haute valeur ; mais il n’exisle pas seulement dans les cas de néoplasmes de l’estomac : nous avons démontré eii effet que dans plusieurs cas de cancer du foie, primitif ou secondaire, la leucocytose digestive faisait encore défaut. Chose importante,dans d’autres cancers n'intéressant pas l’estomac et les glandes digestives, l’augmentation du taux des globules blancs a pu être constatée comme chez des sujets normaux.

Ces recherches ne permettent pas de conclure à l’infaillibilité de ce procédé de diagnostic : elles nous conduisent à admettre, qu’absente souvent à la période d’envahissement du cancer gastrique, la leucocytose post prandium manque toujours à la phase de cachexie.

Ce qu’il faut retenir, c’est que ce n’est pas le trouble seul des fonctions digestives qui cause le phénomène, car dans de nombreuses observations citées par nous d’affections gastriques les plus diverses, nous avons trouvé non pas de la leucopénie après lè repas, mais bien une leucocytose variant comme chez l’homme sain de deux à six mille globules en plus.

Ce n’est pas non plus la dénutrition profonde présentée par lès malades qui amène l'absence de réaction, car sauf de rares tuberculeux pulmonaires à la période agonique, la leucocylose digestive est. la règle chez les malades, même les plus émaciés et les plus cachectiques.

Aussi avons-nous pu émettre les conclusions suivantes :

Ml existe normalement chez l’homme sain une leucocylose postdigestive qui atteint son maximum deux heures après le repas, et qui dépasse notablement les oscillations journalières de la courbe leucocytaire chez l'homme àjeiln.

2“ L'augmentation leucocytaire, constatée après le repas, porte principalement sur le taux des mononucléaires. Chez l’homme il jeiln, au

Tout d’abord se montre une parésie des membres postérieurs qui s’étend aux membres antérieurs : lorsqu’on couche l’animal, il se remet

réflexes sont exagérés et la percussion de la patte amène des contractures . généralisées : il y a de l’hypéresthésie au crâne et au rachis. L’œil est larmoyant sans être congestionné, il est parfois recouvert d’un liquide riche en leucocytes et dans lequel on retrouve le méningocoque.

La déglutition est pénible ; il y a paralysie complète de la vessie et du rectum. Plus tard apparaissent des contractures de la nuque (la tête est renversée en arrière) et du thorax qui s'immobilise.

L’animal succombe à l'asphyxie progressive. La maladie dure quelques heures ou plusieurs jours, mais les symptômes sont les mêmes.

A l’autopsie, on trouve, le cerveau et la moelle enveloppés d'un exsudât fibrineux renfermant en abondance des leucocytes polynucléaires et des méningocoques. La moelle est molle et diffluente, surtout à la portion lombaire ; le canal de l’épendyme est dilaté ; les méninges peuvent parfois être décuplées d’épaisseur, elle sont très congestionnées et adhérentes à la substance nerveuse.

Le cœur est mou, friable; le péricarde rempli de liquide souvent hémorragique. Le sang est laqué. Les. poumons sont congestionnés (noyaux de broncho-pneumonie) et il y a fréquemment du liquide dans les -plèvres.

Le foie est gros, la rate hypertrophiée, parfois il y a de la péritonite. La vessie, toujours très distendue, occupé une grande partie de l’abdomen. .. On trouve constamment le microbe dans les frottis de moelle, dans l’exsudât du canal rachidien et dans le sang ; très souvent dans le liquide conjonctival, dans le mucus nasal ; rarement dans l’urine.

Les coupes de la moelle montre ni. dans tous les.cas, des lésions considérables des méninges. La cavité sous-arachnoïdienne est remplie, de leucocytes polynucléaires dans lesquels on reconnaît facilement des méningocoques phagocytés. Les vaisseaux sont, en certains points, pleins dé microbes, formant de véritables embolies septiques. Le canal épendymaire est distendu et, par places, rempli de leucocytes et de microbes.

Les cellules nerveuses, colorées par la méthode de Nissl, ne semblent pas dégénérées. -

Les coupes sont absolument semblables à celles que Beltencourt a représentées (coupes de moelles provenant de morts de méningite cérébro-spinale).

L’inoculation intra-veineuse d'une culture de méningocoque tue le lapin en 30 à 40 heures. La dose à employer pour arriver à un résultat positif est d’un centimètre cube au moins pour un lapin de poids moyen.

Dans la cavité pleurale, une injection de quelques gouttes de culture en bouillon, amène la mort en 8 à 10 jours. A l’autopsie, on trouve dans

l’oreille), avec survie de l'animal, nos tentatives d’inoculatiOtie dans les 3 , de l'œil et de l'urèthre, même après perficielles.

. chambre intérieure de l'œil on observe popyon.

;anisme qui renferment le méningocoque microbe virulent.

iche en germes, fournit facilement ■ une 3nt les hématies du lapin.

phases d'excitation, de régression et de coma final comme dans la méningite tuberculeuse. Seuls l’évolution plus rapide et surtout l’examen cytologique et bactériologique du liquide céphalo-rachidien permirent d’affirmer le diagnostic.

Le deuxième de nos malades eut une affection plus aiguë : ramassé dans la rue et transporté à l’hôpital, il mourut en 3 jours avec signes méningés terminés parle coma. Dans cette observation c’est la ponction lombaire seule qui fit poser le diagnostic.

Cès deux cas sporadiques sont très probablement attribuables à l'exaltation spontanée d'un méningocoque, hôte normal de 1 organisme et

Sur l’origine intestinale de I'anthracose pulmonaire

Sur la pénétration des poussières minérales et des graisses à travers la paroi du tube digestif

(Presse médicale,Aj. août 1900. En collaboration avec le docteur Sonneville).

Sur l’origine intestinale de la pneumonie et d’autres infections phlegmasiques du poumon

(Comptes rendus Société de Biologie, juillet 4903. Pressemédicale, i«r sept. 19067: En collaboration avec les docteurs Calmette et Grysez),

L’anthraeose pulmonaire physiologique d’origine intestinale

(Comptes rendus de \ Académie de Sciences, S décembre 1906).

Même sujet

(Comptes rendus de la Société de Biologie, 8 décembre 1906. En collaboration, avec les docteurs Calmette et Grysez).

La pénétration du germe de la tuberculose dans l'organisme était autrefois uniquement attribuée à l'inhalation des poussières chargées de bacilles. Cependant Chauveau en 1868 avait déjà signalé le rôle possible du tube digestif comme voie d’accès de l'infection et Behring avait émis plus récemment l'idée que la tuberculose pulmonaire de l'adulte pouvait n'être que la reviviscence tardive d’une infection intestinale contractée dans le jeune âge.

M. le Professeur Calmette, à la suite d’expériences faites en collaboration avec M. Guérin, se range à l’opinion de Behring pour ce qui est de l’origine intestinale de la tuberculose pulmonaire. Ses recherchés lui ont montré en effet la difficulté qu’il y a à réaliser la tuberculisation par inhalation. C'est ainsi que dans une expérience que nous avons exécutée avec lui chez deux cobayes qui pendant vingt minutes avaient été placés sous une cloche en verre dans un courant d’air chargé de bacilles bovins virulents, l'inoculation révéla la présence de bacilles dans l'œsophage,

de la sonde œsophagienne, soit enfin en la leur injectant après laparotomie dans l’intestin grêle.

ün cobaye adulte soumis à l'ingestion de noir de fumée par l’un quelconque de ces procédés, sacrifié 12 à 24 heures après, présente àl’autopsie, des poumons criblés de petites taches noires abondantes surtout à la surface; les ganglions trachéo-bronchiques sont tuméfiés, ceux du mésentère sont indemnes.

La même expérience faite chez le cobaye jeune, conduit à des résultats complètement différents ; les poumons sont indemnes alors que les ganglions mésentériques sont absolument infiltrés de particules charbonneuses.

Ces résultats sont d’une grande netteté; ils sont constants surtout chez le cobaye. L’anthracose est bien le résultat de l’ingestion et non de la

trachée. Elle est très visible quand on à sacrifié l'animal par section du cou, car on évite ainsi la coloration foncée des poumons asphyxiques et les embolies noires se détachent sur le fond blanc du tissu pulmonaire. Elle apparaît dès la douzième héürè, mais si l’animal a été sacrifié de 48 heures à 5 jours après une seule ingestion elle est de moins en moins nette, le noir qui s’était arrêté dans le poumon disparaissant peu à peu.

Ces premières expériences prouvent la possibilité de l’anthracose pulmonaire d'origine intestinale ; elles viennent aussi à f appui de l'opinion de M. Calmette sur le rôle d’arrêt joué par les ganglions mésentériques chez les animaux jeunes et leur perméabilité chez 1 adulte jâ

L’anttiracose pulmonaire par inhalation est, elle aussi, possible dans certaines conditions que nous avons déterminées au- cours d’autres expériences ; mais elle diffère profondément de l’anthracose par ingestion.

Il' faut pour la réaliser rapidement, plonger les animaux dans une atmosphère saturée de noir de fumée et cela pendant un temps relativement considérable : 30 minutes à 1 heure: On voit alors le noir, de fumée envahir la trachée, les bronches, les alvéoles, mais on ne remarque pas les dépôts sous pleuraux qui sont la marqué de l’anthracose par ingestion et aussi dé l’anthracose normale. Cette constatation macroscopique est j d’ailleurs confirmée-par les nombreux examens histologiques que nous avons effectués au cours dé nos recherches. Dans l’anthracose par ingestion lés particules de charbon se trouvent dans le parenchyme et sous la plèvre ; dans l’anthracose par inhalation elles tapissent lès parois alvipyt laires et bronchiques; on ne les voit pas dans le parenchyme ni sous la plèvre. En d’autres termes l’anthracose par ingestion est parenchymateuse et sous pleurale ; l’anthracose par inhalation est péribronchique et alvéolaire.

La possibilité de l’anthracose pulmonaire par ingestion démontrée et son individualité bien établie à côté de celle par inhalation, il nous restait pour compléter notre démonstration à montrer le trajet suivi par les particules charbonneuses depuis leur point de départ dans l'intestin, jusqu’à leur arrivée dans le parenchyme pulmonaire. Un premier point à mettre en évidence était le passage des poussières à travers la paroi intestinale. On sait que la plupart des auteurs soutiennent .('imperméabilité absolue de la muqueuse du tube digestif aux substances non dissoutes. Nous avons entrepris pour montrer comment se, fait ce passage une série d’èxpérienees en collaboration avec M. le Docteur Sonneville. Nous donnerons plus loin le résumé de.ces recherches et nous nous contenterons d’exposer ici les résultats auxquels nous sommes arrivé. Les particules solides arrivent dans l’intestin grêle 3 heures après l'ingestion ; on les voit alors pénétrer entre les cellules du.plateau épithélial de la muqueuse, puis englobées dans les leucocytes passer dans le chylifère central. Cinq heures après l’ingestion on ne constate plus que de rares

at considérés

pneumonie, ocoque était a

ions d’éther, m pathologie

des matières grasses. — Les recherches précéi dée de préciser le mode de pénétration des rs les parois du tube digestif. Cette question

> peuvent-elles passer en nature quand elles oi sionnées ii l’état de granulations très fines, e phagocytées par l’épithélium intestinal commi

nme l’admettent la plupart des auteurs moden int-elles complètement dédoublées en acides { suc pancréatique, puis absorbées sous formi

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