Observation parisienne de pied de Madura. Bull
Acad.de Méd. (3) S, T, LV, p. 709,1906. (En collaboration avec le D" Reynier.)
43. — Les mycétomes. Thèse de Médecine de la Faculté de Paris. Archives de Parasitologie, X, p. 489-572, lO planches doubles hors texte, 12 fig. texte, 1906.
Je décris dans mon travail huit espèces de mycétomes.
1® Mycétomeactinomycosique ou actinomycose produit parle Discomyces bovis {Udxz,
2® Mycétome blanc de H. Vincent produit par le Discomyces Madurae (Vincent, 1894).
3® Mycétome blanc de Nicolle produit par VAspergillus (Sterigmatocystis) nidulaas (Eidam, 1883).
4® Mycétome noir de Bouffard produit par l’Asjoeroi/ks Bouffardi n. sp. Brumpt., 1906.
5“ Mycétome noir classique produit par le Madurella mycetomi (Laveran, 1902). ^
6® Mycétome blanc de Manson produit par YIndiella Mansoni n. g. n. sp. Brumpt, 1906.
7® Mycétome blanc de Reynier et Brumpt produit par YIndiella Beymen n. sp. Brumpt, 1906.
8“ Mycétome blanc de Bouffard produit par VIndklla Soma- Zieniis n. sp. Brumpt, 1906,
Dans le chapitre premier j’expose les caractères généraux des Champignons et des mycoses qu’ils occasionnent et je m’efforce de démontrer qu’il n’y a aucune différence entre les maladies microbiennes et les mycoses. J’insiste particulièrement sur ce fait que les Moisissures pathogènes sont parfaitement aptes à donner des spores même en l’absence de l’oxygène de l’air. Dans la note n° 41 je démontrais l’existence de spores volumineuses intercalaires assimilables aux chlamydospores. Dans le présent travail je fais ressortir l’intérêt du mycétome étudié par Nicolle et Pinoy dans les grains duquel ces auteurs ont rencontré quelquefois des conidies. En étudiant VAspergillus Bouffardi, n. sp., je constate que les têtes aspergillaires sont excessivement nombreuses dans les grains formés dans la profondeur du tissu conjonctif. Ces notions jettent sur les mycoses un jour tout à fait nouveau et montrent que leur étude doit être reprise avec des techniques différentes de celles qui ont été suivies jusqu’ici.
Me basant sur la destruction des conidies introduites expérimentalement dans les tissus, ou déversées par les appareils sporifères, j’affirme ce fait que les mycoses spontanées profondes doivent prendre naissance après l’introduction dans les tissus d’un Champignon parasite se présentant sous une forme de résistance particulière.
Cette notion vient d’être démontrée exacte par Pinoy et Nicolle qui ont réussi à reproduire des mycétomes expérimentaux chez les animaux par l’intermédiaire de filaments mycéliens chargés de chlamydospores.
Dans les chapitres, qui suivent ces notions générales sur les mycétomes j’étudie successivement les huit espèces décrites dont quatre sont nouvelles pour la science.
Je décris pour chaque espèce la distribution géographique, l’aspect clinique, et le grain caractérisque de chaque mycétome, l’histologie pathologique, les résultats de la culture, le diagnostic et enfin le pronostic.
Je donne, ci-après, les conclusions de mes recherches :
1“ A l’exception des deux premières espèces de mycétomes décrites dans ce travail et qui sont produites par des Discomyces, les six autres espèces sont occasionnées par des Champignons différant spécifiquement les uns des autres, mais ayant les plus grandes affinités génériques. Comme pour deux d’entre eux la culture ou l’observation anatomo-pathologique ont permis de savoir qu’ils appartenaient au genre Aspergillus, les autres ren-
treront à coup sùr dans ce genre quand on aura réussi a en obtenTrTculture Actuellement nous les groupons, suivant la pré, sènce ou l’absence de pigment, dans nos genres provisoires Madurella et Indiella.
2» L’étude des mycoses spontanées de l’Homme appartenant au groupe des mycétomes nous a permis de inettre en évidence la biologie de ces curieux Champignons parasites. Ils peuvent, a l’encontre de ce que l’on croyait, même dans les tissus, non seulement montrer des formes de résistance comme les sclerotes et les chlamydospores, mais encore des appareils sponfères caractéristiques [Aspergillus nidulans et Aspergillus Bouffardi).
3? Nous pensons que la production du mycétome doit demander de la part de l’hôte et de la part du parasite, des conditions assez difficiles à rencontrer dans la nature, autrement le nombre de ces affections serait immense. Les indigènes, marchant pieds nus dans les régions désertiques, et qui payent d’alleurs le plus lourd tribut à cette maladie, devraient tous être contaminés. i
4“ Étant donnée la faible résistance des spores conidiennes dans les tissus et le peu de succès des injections sous-cutanées expérimentales de spores, nous pensons que le Champignon doit être inoculé dans les téguments sous une forme de résistance capable de mieux lutter contre les agents destructeurs de l’organisme que les filaments issus des conidies.
S'’ Nous avons insisté à plusieurs reprises dans notre travail, sur le rôle que semblent jouer les cellules géantes et épithélioïdes, à protoplasme abondant et fliiide, dans la nutrition du jeune parasite. Nous avons signalé également, à propos de l’actinomycose en particulier, le rôle actif que jouent les macrophages dans la dissémination de la maladie à distance, les défenseurs de
l’organisme sont devenus les agents de sa déchéance.
6° Nous avons montré, à propos de chaque mycétone, que l examen macroscopique de la tumeur est en général assez peu caractéristique et dépend beaucoup de l’âge de la lésion. Le grain au contraire est absolument typique dans les huit espèces que nous avons décrites comme capables de déterminer cette affection ; d ailleurs, en cas de doute, l’examen microscopique éviterait toute confusion.
7» Nous avons dans ce travail signalé quatre nouvelles espèces de Champignons du groupe des Moisissures capables; de donner
l’aspect clinique « mycétome », cette nouvelle acquisition scient tiflque porte à huit le nombre des espèces mycosiques capables de donner cette maladie. Nul doute que des recherches systématiques analogues à celles dont nous avons essayé de donner une idée dans notre mémoire ne permettent de découvrir encore de nombreuses espèces dont le rôle pathogène serait démontré.
8° Enfin on aura des chances d’identifier les espèces parasites rencontrées dans les tumeurs, même en l’absence de cultures, quand on aura étudié d’une façon plus précise que cela n’a été fait jusqu’à présent la morphologie et la biologie des Aspergillus ou des autres Moisissures à thalle cloisonné qui ont un optimum cultural voisin de 37°, quel que soit d’ailleurs le volume de^ leurs spores. L’inoculation traumatique qui donne les mycétomes ne nécessite pas en effet de spores d’une dimension déterminée, elle exige un parasite pouvant vivre et se développer à 37°, Les Moisissures qui présentent ces caractères sont certainement plus communes dans les régions tropicales que dans les régions tempérées. Leur étude facile à entreprendre serait du plus grand intérêt scientifique.
44. — Lésions du système nerveux dans trois cas de maladie du sommeil. Revue d'hygiène et de médecine tropicale,
II, p. 54, 1905, (En collaboration avec Bauer et Wurtz.)
VIIL — PUBLICATIONS DIVERSES
45. — Notices biographiques. VII. Thomas Spencer Gobbold. Archives de Parasitologie, III, p. 163-176, 1900.
46. — Quelques faits relatifs à la transmission de la maladie du sommeil par les Mouches T!setsé. Rull. Acad, de Méd., (3), LI, p. 523, 21 juin 1904.
Ce mémoire a été présenté à l’Académie par M. le professeur B. Blanchard. Me basant sur l’abondance de la Glossina fusca à la mission de Mayoumba (Congo français) où la maladie du sommeil existe, j’attire l’attention sur le rôle probable que semble jouer cette Tsetsé dans cette localité.
47. - Trypanosomes et trypanosomoses. Revue scientifique (5), IV, p. 321-332, 1903.
En dehors de l’exposé critique, je donne dans ce travail un assez grand nombre de figures inédites et de documents nouveaux sur l’évolution des Trypanosomes.
4 , 3 / Les Trypanosomes chez les Vertébrés. Arc/iwes de
Méd. exp. et d’Anat.path., XVII, p. 743-779, 1905.