Concours d'éloquence de 1876 [microforme]
Au mois de novembre dernier, M. Théophile Ledroit, directeur de l'Institut, et l’un de ses membres les plus dévoués, offrait au Bureau de Direction une médaille d'or pour prix d’un concours d’éloquence dont l’Institut choisirait le sujet. Ce projet fut accueilli avec empressement, et, quelques semaines plus tard, un réglement préparé par le Comité de Lectures et Discussions était publié dans les principaux journaux de la province de Québec, annonçant à toute la jeunesse instruite du pays le sujet du concours : “ Christophe Colomb.” (1)
(1( RÉGLEMENT CONCERNANT LE CONCOURS D'ÉLOQUENCE FRANÇAISE OUVERT PAR L'INSTITUT CANADIEN DE QUÉBEC.
Art. I. L'Institut Canadien de Québec, grâce à la générosité de de l’un de ses membres, ouvre un concours d’éloquence française auquel sont appelés tous les Canadiens.
Art. Il, Chaque concurrent devra adresser, avant le er septembre prochain 1876, deux plis cachetés au secrétaire-archiviste de l'Institut Canadien; le premier contenant son travail et une épigraphe ; le second, la déclaration signée que l’ouvrage est inédit, avec la reproduction de l’épigraphe susdite suivie du nom de l’auteur et de l'indication de sa demeure.
Art. III. Les juges seront choisis par les membres du comité de lectures et de discussion de l’Institut; ils décideront d’après le mérite absolu. i
» EE PU ASE A D ins d
ss
Les concurrents devaient envoyer leur travail le ou avant le ler septembre 1876. À la date fixée, quatre pièces ont été reçues. Le comité de lectures et discussions procéda immédiatement à la formation du jury chargé de prononcer sur la valeur des pièces soumises à son examen. Il eut la bonne fortune de trouver de suite trois juges compétents, déjà connus dans notre littérature, et qui acceptèrent cette tâche délicate avec la meilleure grâce du monde. C'était M. l'abbé Ls. Beaudet, préfet des études au Petit Séminaire de Québec, M. Henri Taschereau, député, et M. le docteur Larue, professeur à l'Université Laval. Dans les premiers jours d'octobre, ils transmirent un rapport motivé, constatant que la médaille d’or devait être décernée à l’auteur de la pièce que nous publions plus loin, et qu’une mention devait être accordée au concurrent qui avait pris pour épigraphe ces vers de Lamartine:
‘6 L RAR, PA Les songes du génis ‘« Descendent sur des fronts qui n’ont dans l’insomnie ‘“ Qu'une pierre pour oreiller. ”
Après vérification faite de tous les documents transmis par les concurrents, ct après avoir constaté que le réglement du concours avait été suivi, le comité de lectures et discussions fit rapport que la médaille d’or était décernée à M. Onésime Fortier, de St. Jean, Ile d'Orléans, et qu’une mention honorable était accordée à M. Napoléon Charbonneau, de Montréal.
Le bureau de direction résolut de donner le plus
Art. IV. La lecture des pièces envoyées au concours devra exiger un temps variant de une demi-heure à une heure, ni plus ni moins.
Ar!. V. Le lauréat sera proclamé en séance solennelle de l’Institut et recevra une médaille d’or portant les armes de l’Institut Canadien de Québec avec la date et l'inscription: ‘ Prix «’éloquence.”
Art, V.. Seront exclus du concours : {° Les élèves des universités, des collèges et des écoles; 2° Tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, se feront connaître comme concurrents avant la proclamation du lauréat.
Art. VII. L'Institut Canadien se réserve la propriété de toute pièce envoyée au concours.
Art. VIII. Le sujet du concours sera : ‘ Christophe Colomb.”
en , , b bd
ET
d'éclat possible À la séance dans laquelle serait proclamé le lauréat. Grâce à la courtoisie de Messieurs les syndics et de Messieurs les membres du comité de régie de l'Institut Saint-Patrice, c'est dans lasalle Victoria qu’avait lieu la séance du 13 octobre dernier.
L'Honorable P. J. O. Chauveau, président honoraire de notre [Institut présidait, ayant à sa droite Monseigr l’Archevèque de Québec, et à sa gauche M. ot
adame T. Ledroit,
Sur les siéges d'honneur on remarquait Mgr. Cazeau, M. le grand-vicaire Hamel, recteur de l’Université Laval, l'Honorable G, Ouimet, surintendant de l’éducation, et Madame Ouimet, M. le Curé de Québec.
Au milieu du brillant et nombreux auditoire qui se pressait dans la salle, on remarquait en outre le président actif de l'Institut, M. Rémillard, l'honorable M. Garneau, commissaire des Terres de la Couronne, et madame Garneau, M. l’abbé Lagacé, ‘principal de l'Ecole Normale Laval, l'honorable Théodore Robitaille, M. J, Stevenson, président de la Société Littéraire et Historique ; Messieurs les abbés Ls. Beaudet, J. Sexton, A. C. Marois, E. Marcoux, Ths. G. Rouleau; Messieurs J, Sheyn, P. B. Casgrain, C. A. P. Pelletier, Adolphe Caron, F. Rouleau, De St. George, députés.
L'honorable M. Chauveau s'était chargé du discours de circonstance, M. Henri Taschereau était le rapporteur du jury. Puis vint la proclamation par le secrétaire archiviste des noms des heureux concurrents, M. Fortier et M. Charbonneau. M. Fortier appelé pour recevoir des mains de M. Ledroit, le diplôme que doit accompagner plus tard une superbe médaille d'or fut salué de vifs applaudissements, et vint sur la scène lire une parte de son éloge historique de Christophe Colomb.
ans les intervalles, l'excellente musique de la Batterie B de l'artillerie de garnison, venait faire une agréable diversion aux idées sérieuses qui occupaient tous les esprits.
L'Institut Canadien a tenu à conserver, en les imprimant dans ses annales, les travaux remarquables que, tout le monde à applaudis dans la soirée du 13 octobre 1876. On relira avec plaisir, dans l'Annuaire de cette année, ct le brillant discours de M. Chauveau, avec ses
hautes considérations sur l’importance et la valeur des concours littéraires; sur les liens mystérieux et les points de ressemblance qui existent entre Colomb, le véritable ‘ héros des deux mondes,” et Cartier et Cham-
lain, les fondateurs et les pères de notre belle patrie. £a effet nous avons bien le droit de nous écrier avec l’éloquent orateur: ‘“ Il est leur pèro à tous! Cartier et ‘ Champlain ont marché sur ses traces dans la vie ; ne “lui ménageons point l’apothéose; ils ne pourront ‘“ manquer de la partager! Ils avaient la même foi, la ‘“ même pensée religieuse et civilatrice, le même cou. ‘ rage, la même pérsévérance ; à peu de choses près, ils ‘ ont eu ‘es mêmes épreuves; ils devront le suivre et ‘ marcher dans le sillon éternel et lumineux de «a “ gloire qui pour nous ne se distinguera plus de la ‘ leur. ”
Le rapport du jury préparé par M. Henri Taschereau n’est pas seulement un morceau de critique et d'analyse, c'est pour les amis des lettres qui ont envoyé des travaux au concours un encouragement, et une leçon toute bienveillante même quand elle est sévère. Monsieur le rapporteur à dignement exprimé toute la reconnaissance que l’Institut Canadien de Québec, et le pays tout entier doivent à M. Théopklile Ledroit, qui a pris l’iniative de l’œuvre des concours de l’Institut, et a voulu le premier en faire les frais.
Comme Monsieur Henri Taschereau, nous sommes convaincu que tous les amis dévoués à la cause de l’Institut Canadien de Québec, après avoir lu la pièce couronnée seront unanimes à dire en parlant de M. Le
Droit : ‘“ Remercions-le ! et souhaitons qu’il ait des ‘“ imitateurs | ”
H. J. J. B. CaourNnarso.