HISTOIRE ET LITTÉRATURE MÉDICALE
Un essai de Faculté libre au dix-septième siècle, Théophraste Renaudot, d’après des documents inédits. La Gazette. — Les Consultations charitables, etc., in-8® de 316 p. Plon etG‘% 1884.
Dans ce livre, j’ai sorti de l’ombre le plus grand philanthrope du dix-septième siècle, Théophraste Renaudot, médecin de Louis XIII, qui, pour soulager la misère publique, créa la Publicité commerciale par son Bureau d’Adresse et importa en France les Monts-de-Piété.
Fondateur de la Gazette, notre premier journal, il joua un rôle politique très important, mais, comme il l’écrivait, « la médecine fut la base de son édifice » . De ce fait, il institua des Consultations charitables ou gratuites qui fonctionnent aujourd’hui dans nos hôpitaux. Parmi ses ouvrages nous citerons La présence des absens, qui peut être considérée comme notre premier manuel de diagnostic.
Renaudot, qui, protestant, avait été obligé de prendre ses grades à Montpellier, vit accourir près de lui tous les malades et aussi tous les étudiants de la capitale; entouré d’un groupe de médecins instruits, il fonda les Conférences du Bureau d'Adresse, sorte d’Académie des sciences au petit pied dont les comptes rendus, qui forment plusieurs volumes, sont encore intéressants à consulter.
Sur le point d’obtenir un emplacement pour établir à ses frais un hôpital et aussi pour y fixer le siège d’une École où il aurait pu enseigner librement que la circulation du sang n’était pas un vain mot et que les médicaments chimiques et le laudanum n’étaient des poisons que dans des mains inexpérimentées, Renaudot perdit coup sur coup ses deux protecteurs, Richelieu et Louis XIII.
Par jugement rendu à la requête de la Faculté de Paris, il dut cesser toute pratique et tout enseignement de la médecine; digne et fier, il résista jusqu’au bout, et alors qu’il lui eut été si facile de s’enrichir, il mourut « gueux comme un peintre », suivant l’expression de son terrible ennemi Guy Patin.
Toutes ses « innocentes inventions » , ainsi qu’il les appelait, lui ont survécu, et il nous est actuellement permis d’espérer que la postérité se montrera moins ingrate vis-àvis de lui que ses contemporains.
V Académie française a décerné à ce livre une mention très honorable.
Sœur Jeanne des Anges, supérieure des ürsulines de Loudun {dix-septième siècle), autobiographie d’une hystérique possédée, d'après le manuscrit inédit de la Bibliothèque de Tours. Préface de M. le professeur Charcot. In-S®, 321 p. Delahaye et Lecrosnier, 1886. (En collab. avec le D' G. Légué.)
Nous avons eu la bonne fortune de retrouver à la Bibliothèque communale de Tours le manuscrit de la sœur Jeanne des Anges, supérieure des ürsulines de Loudun,
dont les accusations furent au moins le prétexte du supplice d’Urbain Grandier, en 1634.
Nous avons, au point de vue médical, annoté ce manuscrit, dont l’intérêt, dit M. Charcot dans sa préface, « ne le cède en rien aux quelques passages bien connus du « Chemin de la perfection », du « Château intérieur », enfin de «la Vie de sainte Thérèse, écrite par elle-même. » C’est l’hystérie dans toute sa floraison avec ses troubles mentaux, ses sfigmates, ses attaques convulsives, etc., etc.
Au point de vue historique, la découverte de ce manuscrit a jeté un jour tout nouveau sur la possession des ürsulines et le procès d’Urbain Grandier. Incontestablement les religieuses étaient hystériques ou possédées, comme on disait alors ; mais comment accuser désormais Grandier de leur possession, alors que la Supérieure écrit de sa propre main qu’elle n’avait jamais vu le curé de Saint-Pierre avant d’être possédée? Ce fut un procès politique où la scélératesse de Laubardemont servit à souhait la rancune d’un puissant ministre.
La Mort de Charles IX (avec M. le professeur Brouardel), Fisbacher, 1885.
Charles IX mourut de la tuberculose, comme plusieurs autres membres de sa famille.
Le Miracle opéré sur Marie-Anne Couronneau, le 13 juin — Le Masque de Pascal. — Un dessin inédit d Adrien Brauwer .— Documents satiriques sur Mesmer. —: Sur un buste d’évêque guérissant les écrouelles. (Nouv. Icon. delaSalp., 1888-1891.)
L'origine ancienne de la vérole. (Progrès médical, 1884.)
Collaboration au Progrès médlcdX depuis 1878 et analyse de tous les ouvrages ayant trait à l’histoire et à la littérature médicales.
PARIS. TYPOGRAPHIE DE E. PLON, NOURRIT ET c‘% RUE GARANCIÈRE, 8.
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