Concours pour l'agrégation, 1892, section de pathologie interne et de médecine légale. Exposé des travaux scientifiques
Les lésions tuberculeuses pulmonaires d’un bœuf, saisi â l’abattoir de Lyon, ont été le point de départ de cette Étude. Il s’agissait d’un cas de pomme Hère, typique en apparence.
Ayant constaté l’absence du bacille de Koch, j’ai isolé, par la culture et par l’inoculation directe au lapin et au cobaye, un bacille tuberculisant qui n’avait pas encore été observé et qui est aussi distinct des microbes de la tuberculose zoogléique que du bacille de Koch.
Les caractères biologiques de ce nouveau bacille suffiraient à le différencier des autres microbes tuberculeux. Les particularités de son action pathogène lui assignent une place encore plus spéciale.
J’ai montré, en effet, que les cultures tuent les mammifères avec ou sans lésions tuberculeuses, suivant le moment de leur évolution où elles sont inoculées. C’est ainsi qu’une culture en bouillon végétant à + 35°, inoculée de jour en jour au cobaye, tue constamment cet animal ; mais seuls les cobayes qui ont reçu la culture âgée de vingt jours environ meurent avec des lésions tuberculeuses. Au bout de quelques jours, la culture, tout en restant pathogène, perd son pouvoir tuberculigène.
Célte propriété d’engendrer une généralisation tuberculeuse est indépendante de la virulence du bacille; elle n’est pas le fait d’une atténuation, puisque j’ai pu obtenir des cultures suffisamment atténuées pour ne tuer le cobaye qu’en cinquante jours (sans tubercules), alors que cet animal meurt en cinq à huit jours dans les cas où se produit la généralisation tuberculeuse. Il est probable que le bacille ne fabrique qu’à un
Cinq figures accompagnent le texte dans les Éludes sur la Tuberculose de 1890. Voir plus loin l’élude des produits solubles prédisposants de ce bacille tuberculeux.
blanches expérimentales pa
Tuberculose aviaire et celle des Mammifères.
Nous avons employé 157 animaux (poules, lapins, cobayes). Huit figures indiquent les lésions obtenues chez la poule par l’inoculation du bacille tuberculeux, soit des oiseaux, soit des mammifères (homme, bœuf).
Les lapins et cobayes ont été inoculés par différentes voies avec des bacilles aviaires, les uns en culture plus ou moins atténuée, les autres contenus dans les tubercules de la
Par toute une série d’expériences faites sur des lapins et des cobayes nous avons démontré que le liquide provenant de la filtration des cultures liquides de bacilles aviaires possède des propriétés vaccinantes contre le bacille aviaire et même dans cer-
Tous les lapins, ayant reçu par une voie quelconque (sang, tissu conjonctif, péritoine)
très toxiques.
Le vaccin extrait de cultures aviaires atténuées n’est pas toxique et doit par conséquent être préféré.
Sur la vaccination antituberculeuse
Province médicale. — 29 novembre 1890.
J’ai écrit celte revue au mois de novembre 1890, c’est-à-dire pendant la période d’enthousiasme pour la tuberculine. M’appuyant sur des raisons théoriques et sur la
culine. J’indiquais ensuite les expériences françaises qui permettaient d’espérer la réa-
Etude expérimentale de la tuberculine (en collaboration avec MM. Arloing et Rodet).
Congrès de la tuberculose. — Juillet 1891 ;
Dès qu’on put se procurer de la tuberculine (décembre 1890). M. Arloing en entreprit l’étude expérimentale d’après un large programme que nous avons exécuté sous sa direction. En voici les grandes lignes :
1° Elude physiologique sur des animaux sains (chien, bœuf, chèvre, mouton, cobaye, lapin).
Il a été impossible de produire une véritable intoxication aiguë, même avec des doses assez considérables (2 6C de tuberculine pure dans le système veineux d’un chien). L’étude graphique n’a pas enregistré des troubles bien manifestes des fonctions
L’administration répétée de doses médicinales a fréquemment produit chez le lapin et le cobaye une intoxication chronique mortelle.
2° Valeur diagnostique , c’est-à-dire : étude comparée des injections chez des animaux sains et tuberculeux au point de vue de Y hyperthermie (bœufs, lapins, cobayes sains ou tuberculisés avec des bacilles humains, bovins ou aviaires). La tuberculine
une probabilité.
3° Valeur curative. Des Bœufs. Lapins , Cobayes atteints les uns de tuberculose humaine (virulente ou atténuée), les autres de tuberculose bovine , d’autres enfin de tuberculose aviaire étaient traités par des injections de tuberculine, les uns hâtivement ,
Dans presque tous les cas, la tuberculine a hâté la mort (surtout pour les bœufs) et occasionné une généralisation anormale de la tuberculose.
If Élude anatomo-pathologique des lésions provoquées chez les tuberculeux traités (homme, bœuf, lapin, cobaye). Les poumons des animaux ou de l’homme traités par la
1° Une congestion inusitée, surtout au voisinage des tubercules;
2" Une infiammation interstitielle et épithéliale s’étendant quelquefois assez loin des
3° De la dégénérescence hyaline de l’épithélium et de l’exsudât alvéolaire;
h" Une éruption de tubercules jeunes causée par le traitement.
Les reins, même non tuberculeux, sont atteints.de néphrite parenchymateuse.
5“ Valeur préventive. Des bœufs, lapins et cobayes recevaient à plusieurs reprisés des injections de tuberculine et étaient ensuite inoculés avec des bacilles humains , bovins ou aviaires, à des époques plus ou moins éloignées de la vaccination.
L'administration préventive de la tuberculine a été aussi désastreuse que l’administration curative. La tuberculine prédispose à la généralisation des trois tuberculoses
saut les cobayes dans les délais habituels.
La tuberculine est incapable de faire un diagnostic certain de la présence de lésions tuberculeuses chez un animal;
La tuberculine, injectée h des animaux tuberculeux (tuberculoses humaine, bovine, aviaire), occasionne une.généralisation et une accélération de la marche de la maladie ;
La tuberculine injectée avant l’inoculation tuberculeuse (tuberculoses humaine, bovine, aviaire) a un effet prédisposant.
Leçons sur la tuberculose et certaines septicémies, professées par M. Arloing. — 1892 (1 volume. 512 pages. 52 figures).
Mon maître, M. Arloing, a bien voulu me confier la tache de recueillir son enseignement et de réunir en un premier volume ses leçons sur la tuberculose expérimentale et certaines septicémies.
B. — OSTÉOMYÉLITE
Sur les microbes de l’Ostéomyélite aiguë juxta-épiphysaire
(en collaboration avec M. Rodet).
Société de Biologie. — 19 avril 1890.
J’ai, avec M. Rodet, rappelé les expériences de Rodet et Jaboulay qui, en 1885, avaient reproduit, chez le lapin, avec le Staphylococcm pyogenus albus des lésions d’ostéomyélite juxta-épiphysaire absolument semblables à celles que Rodet avait obtenues avec l’Aurem.
Nous avons ensuite montré que seule la fonction chromogènë peut faire distinguer ces deux microbes, et que cette fonction elle-même est soumise pour un même échantillon à des variations pouvant aller jusqu’à la suppression, les effets pathogènes subsistant.
Nous avons conclu à l’unité de l’espèce : Staphylocoque pyogène.
Etude expérimentale comparée de l'Ostéomyélite à Streptocoques et de l’Ostéomyélite à Staphylocoques (en collaboration avec M. Jaboulay), Société de Biologie. — 17 mai 1890.
J’ai, avec Jaboulay, soumis au contrôle expérimental l’affirmation de MM. Lannelongue et Achard, qu'il existe une ostéomyélite à streptocoques. Ces auteurs ont, postérieurement, publié des expériences analogues, mais dont les résultats diffèrent des nôtres sur plusieurs points.
ration osseuse, par inoculation intraveineuse de streptocoques provenant ihut-d’un phlegmon, l’autre d’une septicémie puerpérale.
En comparant les lésions ainsi obtenues avec celles qu’engendre le staphylocoque
deux cas, et que même pendant la vie, on peut distinguer un lapin inoculé avec des streptocoques d’un lapin inoculé avec des staphylocoques.
L 'ostéomyélite à streptocoques a les caractères suivants : collections purulentes dans le canal diaphysaire central, pas d’arthrite, pas de périostite, extrême rareté des séquestres, pas de décollement épiphysaire ; tandis que l 'ostéomyélite à staphylocoques s’accuse surtout par : arthrite purulente, périostite, nécrose de la diaphyse, décollement de l’épir physe, suppuration très discrète autour des séquestres, pas de suppuration médullaire.
Sur les microbes de l'ostéomyélite aiguë infectieuse.
Société de Biologie. — 26 juillet 1890.
J’ai rapporté de nouvelles expériences qui confirment les conclusions des deux notes précédentes.
1° L’unité de l’espèce stephylocoque pyogène.
2° Les différences qui séparent l'ostéomyélite à streptocoques de l 'ostéomyélite à staphylocoques , au point de vue des lésions osseuses ou articulaires.