‹ CondillacChapitre 7 sur 14 · CO>'DII.LAC · texte numérisé non relu

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tion de Condillac n'est pas cet élément; elle n'est primitive que par hypothèse : il ne l'a pas observée et il n'a pas pu l'observer; ill'a imaginée a priori, lui le partisan de la seule méthode expérimentale! La sensation à l'état pur n'est pas une réalité, mais une abstraction. Ce qui est donné d'abord, c'est une réalité complexe, une synthèse vivante; la sensation n'est qu'un point de vue abstrait pris sur cette synthèse.

En essayant de faire l'histoire des idées philosophiques de Condillac, il était sans doute nécessaire de s'appesantir un instant sur le plus important de ses écrits, ce Traité des sensations, qui a si longtemps constitué seul sa gloire dans le monde intellectuel d'une époque qui l'adopta sans le discuter.

Peut-être le jugement définitif sur cette longue controverse a-t-il été porté incidemment par un des derniers disciples de

Cousin, M. P. Janet : " De quelque manière que l'on explique la pensée, écrivaitil un jour (1), soit que l'on admette, soit que l'on rejette ce que l on a appelé les idées innées, on est forcé de reconnaître qu'une très grande partie de nos idées viennent de l'expérience externe. Les idées innées elles-mêmes ne sont que les conditions générales et indispensables de la pensée; elles ne sont pas la pensée ellemême. Gomme Kant l'a si profondément aperçu, elles sont la forme de la pensée :

. elles n'en sont pas la matière. Cette matière est fournie par le monde extérieur. Il faut donc que le monde extérieur agisse sur l'ame pour qu'elle devienne capable

' de penser. Il faut par conséquent un intermédiaire entre le monde extérieur et l'âme. Cet intermédiaire est le système nerveux, qui a pour centre le cerveau. Les images

(1) Rtvue (les Deux Mondes du 15 juillet 1865.

et les signes sont les conditions de l'exercice actuel de la pensée. Le cerveau n'est pas seulement l'organe central des sensations; il est l'organe de l'imagination et de la mémoire, l'auxiliaire indispensable de l'intelligence. »

A un siècle de distance, la forme seule étant modifiée, n'est-ce pas le langage que Condillac aurait dû tenir?

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