‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 3 sur 520 · A. — SOURCES INÉDITES · texte numérisé non relu

A. — SOURCES INÉDITES

l. — Bibliothèque de l'Institut.

C'est à l'Institut que sont conservés la plupart des papiers inédits de Condorcet. Au moment de la proscription du philosophe, l'appartement qu'il occupait fut mis sous scellés, et l'on y porta même les documents déposés chez Cardot, son secrétaire. Madame de ('ondorcet reprit possession de son logement, après la Terreur: elle put ajouter aux manuscrits qui s'y trouvaient ceux que lui avait remis Madame Vernet. Elle ne parait point avoir songé à classer ou à utiliser ces richesses ; elle se préoccupa d'abord de rentrer en possession des biens de son mari ; elle fit publier la traduction des Sentiments moraux de Smith et le Tableau historique des Progrès de VEsprit humain. Mais il semble que sa piété conjugale se soit bornée à ces seuls actes : elle ne s'employa point à défendre la mémoire du philosophe contre ses accusateurs, ni à réunir en une seule collection, les œuvres dispersées de Condorcet, ni à plus forte raison, à classer et à éditer les manuscrits encore inconnus. On ne trouve guère plus de quelques notes de la main de Madame de Condorcet dans les cartons de l'Institut.

Madame O'Connor hérita à la mort de sa mère des papiei's paternels. Vei-sIS^S, elle résolut de publier avec l'aide d'Arago et d'Isambert, une édition complète des œuvres de Condorcet. Kilo passa donc en revue les documents qui constituaient les archives, recopia certains, annota certains autres, mais il ne semble point qu'elle ait entrepris de les classer. Pour reconnaître l'aide d'Arago, et le remerder de la Notice académique qli'il avait rédigée en 1841, elle lui

XII BIBUOGRAPHIE

légua tous ses manuscrits, que Madame Laugier transmit à la Bibliothèque de l'Institut en 2 envois successifs. Ils parvenaient à ce dépôt dans un désordre inexprimable. Condorcet avait été le légataire universel de d'Alembert, et les papiers du testateur étaient mêlés à ceux de l'héritier; de plus cette masse énorme de documents avait été dispersée sans méthode et sans respect, en une série de cartons disparates, et la plupart des manuscrits étaient incomplets ; beaucoup même ne subsistaient plus qu'à l'état de fragments informes, de feuillets sans date, sans indication explicative. M. Lalanne avait cherché à inventorier le fonds dont on lui commettait la garde, mais il n'avait pu dresser qu'un état sommaire, nécessairement incomplet, et d'autant plus inexact qu'il s'était ûé aux annotations de M™« O'Connor, absolument incompétente en matière historique.

Je me suis proposé d'examiner les manuscrits que j'avais été autorisé à consulter, de réunir dans la mesure du possible les fragments épars, et de classer les différents numéros du fonds selon un ordre méthodique. Le travail était d'autant plus ingrat, et plus difficile que Condorcet n'a jamais signé, ni daté ses œuvres, que son écriture varie dans une notable mesure : il m'a fallu plus de deux ans pour le mener à bien. Encore n'ai-je pas réussi au gré de mes désirs ; j'ai dû renoncer à identifier et par suite à utiliser un certain nombre de pièces, dont l'intérêt historique est d'ailleurs presque nul ; et je n'ai pu davantage restituer à tous les manuscrits que j'ai classés, leur intégrité primitive. Par suite de circonstances multiples, M™« O'Connor, Arago, ou M"»« Laugier ont dû se dessaisir de certains autographes, dont la Bibliothèque de l'Institut ne peut aujourd'hui que déplorer la perte.

Les papiers de Condorcet figurent aujourd'hui dans la Nouvelle Série des Manuscrits de la Bibliothèque de l'institut. Voici l'indication sommaire des cartons et de leur contenu.

16 Biographie (notes de M">« O'Connor). Réfutation de l'ouvrage de Lamartine. Notes bibliographiques et écrits académiques.

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