‹ Condorcet et la révolution françaiseChapitre 379 sur 520 · yipud Glagau, p · texte numérisé non relu

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problème de la sanction et d'autres questions accessoires. Condorcet eût voulu que TAssemblée résolut rapidement ces préliminaires, et discutât sans retard le traitement à faire subir au roi. Si elle tardait, il était à craindre que le peuple ne lui forçât la main; en abordant le débat, elle calmait l'effervescence populaire *. Déjà les fédérés des départements avaient réclamé la déchéance du roi ^ ; un manifeste détaillé, précis, montrerait à tous, dans sa pleine évidence, la trahison de Louis XVI ; la guerre civile qu'on pouvait craindre au milieu de juillet, n'est plus à redouter au commencement d'août. L'Assemblée malheureusement manqua d'audace et de sens politique. « Le parti de la liberté, écrira Condorcet quelques jours plus tard,... agissait au jour le jour, suivant l'impulsion de ses lumières et de sa science, et attendait les événements \ » Et dans son fragment de Justification, il exprime sa pensée plus nettement encore. « Aucune démarche ferme, aucune attaque directe, même contre des ministres au moins suspects ne calmait le peuple en le rassurant. La manière dont la question, qu'on appelait la déchéance du roi, était tantôt repoussée comme une absurdité, tantôt ajournée à un terme prochain, comme une question ordinaire,... rien de tout cela n'était propre à inspirer cette confiance en une \olonlé <juelconque, condition nécessaire pour la tranquillité du peuple d'une grande ville \ » Ainsi, par sa faute, l'Assemblée perdit toute inlluence sur la marche des événements; le problème qu'elle n'avait pas voulu poser fut posé et résolu par le peuple.

Le 3, Pétion, au nom des sections de la capitale, vient réclamer la déchéance du roi ; la pétition dont il donne lecture est renvoyée à la commission des Vingt et Un. Celle-ci aborda le débat sans perdre un instant. Le procès-verbal du 5 août' nous apprend en eHVl (pie « MM. Condorcet et Vergniaud ont été nommés au scrutin pour présenter séparément à la commission un travail relatif aux mesures à prendre avant et après la déchéance du roi, dans le cas où l'Assemblée nationale serait obligée de pro-

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