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XII PREFACE

vicissitudes de sa discussion au sein de la Convention.

Le rôle de Gondorcet comme théoricien du droit constitutionnel n'a pas échappé à M. Esmein qui, dans ses Eléments de Droit constitutionnel (1), a signalé, en passant, au cours de la discussion, quelques-unes des théories de Gondorcet sur le droit de vote, la séparation des pouvoirs, le référendum (2), etc. Ici, tout était à faire. Nous avons groupé, autour de plusieurs théories principales, les idées de Gondorcet éparses et disséminées dans ses nombreux ouvrages, et établi qu'il y a, chez lui, un traité complet de Droit constitutionnel dont l'influence sflr les trois Assemblées révolutionnaires a été très considérable.

Enfin son rôle comme précurseur de la science sociale a été signalé par Aug. Gomte dans deux passages de ses œuvres (3). Et nous-même, prenant ces deux passages pour point de départ, nous avons consacré à Gondorcet sociologue un chapitre de notre ouvrage sur Auguste Gomte (4). Mais cela ne suffisait pas. Il fallait montrer les rapports du Droit constitutionnel avec la Sociologie et des deux avec l'Economie politique, leur berceau commun ; il fallait étudier séparément l'Economie politique, la Morale et la Sociologie proprement dite, en montrant, pour cha-

(1) Paris, Larose. La première édition est de 1896, la 2*= de 1899, la 3« de 1903.

(2) Cf. dans l'Index alphabétique qui se trouve à la fin de la 3^ édition du livre de M. Esmein, le mot Gondorcet.

(3) Sjjstème de Polit, positive IV, 109; Cours de Philosophie posil., 5« édition, IV, 201. cf. notre livre : Essai historique et critique ■iur la Sociologie chez A. Comte, p. 35, 210.

(4) Ibid. Livre V, chap. III, 405-422.

PREFACE Xlll

cune de ces sciences, l'objet, la méthode, les cadres et les résultats. Ici encore, tout était à faire.

Telle est la tâche que nous allons entreprendre afin de contribuer à combler une lacune de notre histoire nationale qui est aussi une lacune de l'histoire générale de l'humanité.

La démocratie française, en particulier, doit connaître toute l'étendue de sa dette à l'égard de celui qui a été républicain sous la Monarchie, républicain avant la République de 1792, de celui qui a groupé et systématisé les difTérentes théories constitutionnelles et sociales, de celui enfin qui, après avoir dirigé les espritset parfois les événements pendant la grande époque révolutionnaire^ nous dirige encore nousmêmes aujourd'hui par son inspiration toute de raison, de laïcité et de progrès.

Puissent nos forces ne pas trahir notre dessein ! Puisse notre ouvrage n'être pas indigne de la mémoire du grand ami de Voltaire, de d'Alembert et de Turgot; de la mémoire du dernier représentant des Encyclopédistes à qui la postérité reconnaissante devra assigner une place éminente, à côté des Physiocrates et de Turgot, entre Montesquieu et Auguste l^omle

Limoges, le 21 juin 1903.

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