‹ Conducteur général de l'étranger a ParisChapitre 20 sur 114 · FONT DE LA CONCORDE · texte numérisé non relu

FONT DE LA CONCORDE

Il fut bâti par Perronet, en 4 787-1790, en face du palais Bourbon. Ce pont est dans le goût de celui de Neuilly, bâti aussi par Perronet; mais il est beaucoup plus orné, ses piles se terminent par d’espèces de grosses colonnes, et ses parapets sont formés de balustrades.

Au-dessous des piles se voient, en amont et en aval, deux rangées de statues posées sur des piédestaux. Celles du côté du couchant, au nombre de sus, représentent, en venant du côté du palais de la chambre des Députés : Conclé , Sully , Duguesclin , le cardinal de Richelieu, Tourville , Suger.

Celles du côté opposé , en entrant toujours par l’issue qui mène à la chambre des Députés, sont : Turenne , Duguay-Trouin , Bayard , Colbert , Duquesne , Sujfren.

Ces statues ne font pas un aussi bel effet qu’on aurait pu l’espérer d’abord. Outre qu’elles sont trop fortes par elles-mêmes , on les a encore hissées sur des piédestaux d’une hauteur démesurée , tellement que le pont semble écrasé par des objets qui devaient faire son plus bel ornement.

Comme ouvrages de l’art, ces statues ont un mérite fort mince ; on n’y trouve guère qu’à blâmer.

Si l’on doit attribuer une bonne partie de leurs défauts à l’inhabileté de leurs auteurs, il faut convenir aussi que ces derniers avaient de grandes difficultés à surmonter. Rien de plus incompatible en effet avec la simplicité, les contours purs et sévères de la sculpture que les grosses bottes, les larges casaques des guerriers du siècle de Louis XIV , de Charles VII et même de Louis XVI.

Place Vendôme.

Un hôtel qui avait ete possédé par la maison de Vendôme a denné son nom à cette place , ouverte sur le terrain qu’occupait l’hôtel en 4685. Colbert acheta, ce dernier *ttee ses dépendances GG0,0G0 livres. Elle-

fut d’abord commencée, mais la mort de Colbert fit suspendre les travaux. On commença à la reconstruire en 1099, sur un nouveau plan fourni par Mansard, telle qu’on la voit aujourd’hui.

La place Vendôme est entouree de batimens construits exactement suivant la inertie^ ordonnance. XJn soubassement rustique percé de fenêtres et de portes sert de base à une ordonnance de pilastres corinthiens. Derrière cette ordonnance se montrent deux rangs de fenêtres, le milieu de chaque face est décoré d un avant-corps couronné d’un fronton angulaire, soutenu par quatre colonnes corinthiennes à demi-engagees

dans le mur. .

La figure de cette place est un octogone long , dont

les quatre petites faces sont égales entre elles, deux des quatre grandes sont coupées par les rues de la Paix et de Castiglione , les seules par lesquelles on, entre dans la place.

CO&QNNE DS Î.A FLACïï VENDÔME.

Au milieu de la place dont il vient d’être parlé , s’élevait autrefoisla statue équestre et colossale, ,en bronze, de Louis XIV; le piédestal avait trente pieds de haut, le cheval avec le cavalier 22 , le tout pesait 54,000 K.1I0-

^ Aux quatre coins dupiédestal étaient enchaînes quatre captifs, leurs bronzes ne sont pas détruits, 011 les voit encore au Louvre, musée ci-devant d’Angouleme. Ce monument fut renversé la veille du jour que fmloitune Louis XVI fut conduit à la prison du Temple ; on eut la cruauté de le faire passer sur cette place, et d arretei la voiture un instant afin qu’il vit de ses propres yeux Paffront que l’ont faisait a son aïeul. , ,

Napoléon ayant usurpé l’autorité suprême sur les debiles ageris de la république , ses flatteurs lui suggeierent l’idée de célébrer la victoire d’Austerlitz par une colonne monumentale. Le génie de ses architectes, conseillés parla prudence, ou si l’on aime mieux, par la conscience de sa faiblesse, se contenta e anc eiî| bronze une copie de la colonne Trajane à Rome. L u et» de revêtir un noyau de pierre d’une enveloppe de

bronze, avait déjà été mise à exécution à Constantinople dans le Bas-Empire.

La colonne de la place Vendôme est d’un douzième plus grande que la colonne Trajane ; quant à l’ensemble , c’est absolument la même chose; dans l’une et l’autre ? le piédestal ou siylobate est orné de bas-reliefs représentant toutes sortes d’armes prises sur l’ennemi; le double cordon qui divise dans la colonne de Paris les faces du piédestal en deux parties , sert principalement à masquer les joints des plaques de bronze qui couvrent les faces.

Au-dessus et aux quatre coins du piédestal, on voit quatre aigles qui retiennent des guirlandes sous leurs serres; vient ensuite la plinthe de la colonne proprement dite, puis un tore composé de feuillages; enfin, commence une série de bas-reliefs disposés en élice autour du fût de la colonne.

Comme son original, cette colonne est d’ordre Toscan ; au-dessus du tailloir est une galerie du milieu de laquelle s’élève une espèce de cippe couvert d’une émisphère, c’est la continuation du fût de la colonne ; au-dessus de ce cippe était autrefois la statue colossale de Bonaparte, haute de 40 à 4 1 pieds ; il était représenté couronné de lauriers, demi-nu , s’appuyant de ta main droite sur son epee et portant dans la gauche un globe surmonté de la statue de la Victoire ; cette statue est aujourd’hui remplacée par une pique haute de 6 mètresportant un drapeau : elle ne doit pas rester.

Le gouvernement issu de la révolution de juillet s'est empressé on ne sait trop pourquoi, vu la nature de ses principes, de voter des fonds pour le rétablissement de la s ta aie de Bonaparte sur la Colonne. Le programme enjoignait aux concurrens de représenter le héros vêtu à la moderne, en redingotte et coiffé d’un chapeau à tiois cornes, parla raison, a-t-on dit, que la statue qui couronne le monument doit porter le costume que le grand homme affectionnait, et qu’il a rendu si fameux, c.t ptii la raison surtout que tous les personnages re— présentés sur les bas-reliefs portent des habits à la française. Les critiques ont ri beaucoup de l’idée qu’ils se sont faits de voir incessamment un guerrier dans les airs avec raccoutrement d’un bourgeois; ils ont même

prétendu, qu’eu s’écartant ainsi des traditions de la brillante et judicieuse antiquité , nos gouvernans ont fait un pas de géant vers la décadance et la barbarie. Il est vrai de dire que la nouvelle statue de Bonaparte sera parfaitement en harmonie avec les drames 5 les romans, etc. qui se fabriquent actuellement en France.

Les bronzes de la colonne pèsent 900,000 kilogrammes; le travail de fonte et des ciseleurs, non compris la matière fournie en canons pris sur l’ennemi, coûta 1,200,000 fr. Lorsque toutes les pièces furent en place, les ciseleurs, en réparant l’ouvrage, en détachèrent 140 milliers ; l’alliage du bronze n’est pas satisfaisant, le secret de cette composition, bien connu des anciens, retrouvé sous Louis XIV , ne put être saisi parles fondeurs de la colonne de la place Vendôme, il y a trop d’étain vers le bas et pas assez vers le haut, d’où résulte nécessairement une différence de couleur dans la hauteur du monument.

La série éliptique des bas-reliefs se compose d’un grand nombre de pièces qui sont fixées autour du noyau en pierre de la colonne avec des clavettes disposées de façon que tout f’ouvrage pourrait être démonté facilement, en commençant par le haut, sans éprouveraucun dommage.

Moyennant un franc, on peut monter sur le chapitau de la colonne par un escalier en vis pratiqué dans son fut.

Au-dessus de la porte d’entrée se lit :

Napolio imperator augustus , etc.

Au-dessus du chapiteau est l’inscription française suivante :

p Monument élevé à la gloire de la grande armée , commencé le 25 août 1806, terminé le 15 août 1810, g' sous la direction de MM. Denon , de Lepere et Gondouin , architectes.

Les sujets sculptés sur les bas-reliefs représentent, suivant l’ordre qu’ils se sont passés, les événemens de la campagne de 1805; ils commencent au départ des troupes du camp de Boulogne et finissent à la paix, qui fut signée après la bataille d’Austerlitz ; la largeur de l’élice des sculptures estdelmètre2 décimètres, ces bas-

reliefs sont bordés par des cordons saillans, contounés aussi en élice , et sur lesquels sont inscrits les noms des actions représentées au-dessus.

Yoici les proportions de la colonne :

Hauteur avec le piédestal . 45 mètres.

Diamètre . 4

Profondeur des fondations. 10 Hauteur du piédestal. ... 7

On se procure des billets pour visiter cette colonne chez M. le directeur des travaux publics, rue de l’Université, no 20.

Hôtel du ministre des finances.

Ce vaste bâtiment est au coin des nies de Rivoli et de Castig’lione , il n’a rien à l’extérieur qui le distingue des autres édifices qui composent ces deux rues.

L’architecture de la rue de Rivoli est uniforme, elle consiste en un rang d’arcades au rez-de-chaussée, éclairant une galerie ; ce soubassement est chargé de trois étages, non compris les logemens pratiqués dans les combles ; cette uniformité , ces longues galeries sont d’un très-heureux effet aux yeux du vulgaire , mais le connaisseur éprouve un sentiment pénible en voyant d’élégans et faibles pieds-droits écrasés sous le poids énorme qu’ils soutiennent.

Eglise de P Assomption.

Cet édifice est situé rue Saint-Honoré, entre les noS 369 et 57Î, il se compose d’une grosse tour couverte d’une coupole, la porte est abritée par un portique d’ordre corinthien ; les colonnes sont inégalement espacées, l’entre-eolonnement du milieu étant plus long que les autres ; l’intérieur est éclairé par des fenêtres percées dans la tour. Cette construction n’a aucun mérite sous le rapport de l’art; on peut néanmoins le visiter en faveur de quelques tableaux qu’on y a placés depuis que cette chapelle a été érigée en église paroissiale sous l’invocation de Sainte- Madeleine.

Cet édifice , destiné à servir de chapelle à un cou« ' vent de femmes appelé du nom d ’ Assomption , fut bâti en 1670, sur les dessins d ’JSrrard) peintre du roi.

SÉTouveîIe église de la Madeleine.

Olte église, qui est encore en construction, est située sm le boulevard de ce nom, et sa principale porte d’entrée répondra directement au milieu de la rue Royale.

Une église, qu’elle est destinée à remplacer , étant insuffisante pour contenir les nombreux paroissiens de ce quartier, la construction de la nouvelle église fut décidée; on en posa la première pierre en 1764 ; l’ouvrage fut dirigé par l’architecte Constant d’Ivry ; étant mort en 1777, son successeur, le sieur Coulure, démolit et changea tout ce qu’il y avait de fait; malgré les démolitions etles interruptions des travaux, ils étaient assea avancés en 1790; les événemens de la révolution les firent suspendre tout-à-fait.

En 1S06, on proposa à Bonaparte divers projets pour utiliser l’emplacement et les constructions do l’édifice commencé ; ces projets lui firent naître 1 idee d en changer la destination et d’en faire un temple dédié à la gloire des armées françaises.

^ Suivant le projet, ce temple devait contenir les statues des maréchaux de France et des généraux les plus distingués; sur des tables d’or, d’argent, de bronze et de marbre, on eût vu gravés, suivant le mérite de leurs exploits, les noms des militaires qui avaient contribué au gam de tant de batailles célèbres.

On choisit sur plus de cent vingt projets, celui de M. Vignon; l’ouvrage commença de suite; à l’exception des fondations, tout fut démoli et change, ms constructions continuèrent jusqu’en 1814.

En 1816, il fut décidé que le temple de la Gloire serait converti en église, ce qui n’occasiona aucun changement notable a l’exterieur. , , ,

'Lanouvelle église de la Madeleine aura, a 1 extérieur, la forme et la simplicité d’un temple antique , point de ressauts, point de dômes, point de cLochers* son plan est un rectangle de 100 mètres de long sur 42 de large hors d’œuvre ; tout autour régnera un superbe péri stylé d’ordre corinthien, composé de 52 colonnes, de 1 mètre 94 centimètres de diamètre , et pai conséquent de 19 mètres 4 centimètres de haut (60 pieds); ce péristyle est élevé sur un soubassement lisse de

4 mètres de haut; au nord et au midi seront deux pcr« tiques terminés par des frontons angulaires ; on arrivera au portique du midi par un perron de 30 marches.

Le ministre de l’intérieur a fait mettre au concours le bas-relief qui ornera le fronton du midi; le sujet est pris dans la vie de la Madeleine.

Cet édifice est construit avec la plus grande solidité ; les plate-bandes des entablemens sont retenues par des bandes de fer pesant ensemble près de 200,000 kilogrammes.

Vu du centre de la place de la Concorde, le portique méridional de la Madeleine, sera le pendant de celui du palais de la chambre des Députés.

Comme l’intérieur de cette église n’est pas encore accessible au public , nous nous trouvons dans la nécessité d’en donner une idée, d’après ce qu’en dit M. Dulaur (histoire de Paris).

« Du vestibule extérieur, on arrivera dans un autre vestibule intérieur , à la droite et à la gauche duquel seront deux chapelles destinées l’une aux baptêmes et l’autre aux mariages.

» De ce ves tibule intérieur, on passera dans la nef par une arcade haute de 25 mètres 91 centimètres, et large de 14 mètres 93 centimètres; la nef sera décorée des deux ordres ionique et corinthien , élevée sur le même soubassement.

33 De chaque côté de la nef on verra trois chapelles»

» Le chœur, dont le plan fera un demi cercle, communiquera avec la nef par une arcade pareille à cellequi se trouvera du côté du vestibule intérieur, a

Collé ge-Uourbon »

(rue Sainte-Croix, no .5.)

La population du quartier de la Chaussée-d’Antin s’étant considérablement accrue, les autorités jugèrent à propos, en 4779, de faire bâtir une chapelle succursale de Saint-Eustache ; on se détermina, en même temps, à transporter dans ce quarti -les Capucins du faubourg Saint-Jacques, ce qui nécessita la construction, non-seulement d’une église, mais encore celle d'un couvent.

Les fondemens de cet établissement furent jetés en 1780 , deux ans après il était terminé.

En 1790, le couvent fut transformé en un hôpital où l’on recevait des personnes infectées de la syphilis ; enfin en 1800, après quelques changemens et de grandes réparations, la capucinière devint lycée appelé du nom de Bonaparte ; en 1814, le lycée est devenue Collège royal de Bourbon.

Les bâtimens que nous décrirons, quoique dépourvus d’ornemens , se recommandent par leur simplicité et l’heureuse proportion des masses , à l’attention des connaisseurs. '

A l’extérieur , le collège présente une façade aux extrémités de laquelle sont deux pavillons ou avantcour , de forme carrée, réunis par un corps de bâtiment tout uni; le tout est couronné d’un entablement.

Au-dessus de chaque pavillon se voitune attique audevant de laquelle parait un fronton.

Trois portes sont les seules ouvertures que l’on voit sur cette façade , elles sont ornées chacune de deux colonnes sans" bases, la plus grande répond au centre de tout l’édifice , les deux autres sont percées sur le milieu des pavillons.

Huit niches et deux bas-reliefs , dont il n’existe que la place jetaient de la variété sur cette façade, dont on aurait pu, sans cela, trouver les masses un peu lourdes.

Si l’extérieur de la capucinière faisait honneur au génie de son architecte , le cloître ou péristyle , d’ordre dorique ancien qui règne autour de la cour , n’étant pas moins heureusement conçu , quoi de plus convenable pour servir de promenade à des capucins que ces galeries ; qui les eue aperçus rôdant sous ces portiques se fût rappelé les anciens philosophes vêtus d’un accoutrement semblable, discourant sous quelque péristyle d’un temple de la Grèce.

Hans le même établissement se trouve une petite église, sons l’invocation de Saint-Louis, fort simple et en même temps très-intéressante à cause de ses proportions; *m y voit un tableau représentant Saint-Louis visitant les pestiférés , et un vase contenant le cœur du

comte Choiseuil-Gouflîer , célèbre pour son voyage en Grèce et son goût pour les arts.

Ces bâtimens furent construits par Brogniart.

Chapelle expiatoire de Xiouis XVI.

(rue d’Anjou Saint-Honoré.)

L’infortuné Louis XVI et son auguste épouse subirent , comme on sait, le dernier supplice sur la place, connu autrefois sous le nom de Louis XV ; leurs corps furent inhumés dans le cimetière le plus voisin, c’était celui de la Madeleine ; après le retour de la famille royale, on les exhuma pour les porter à Saint-Denis , et il fut arrêté qu’une chapelle expiatoire et monumentale serait élevée sur le lieu même où ils avaient reposé.

Ce monument , dont on doit le plan à l’architecte Fontaine, n’est comparable ni pour le style ni pour l’ensemble ou les détails, à aucun autre. Le caractère dominant est celui des tombeaux ; son plan a la figure d’un rectangle , formant une espèce de cour en avant de la chapelle proprement dite. Des deux côtés de cet espace régnent deux sortes de galeries représentant deux suites de tombeaux. La façade extérieure par laquelle on y entre , offre de semblables images ; les sculptures représentent des urnes funéraires, des torches, etc. L’intérieur de cette cour est exhaussé avec de la terre prise dans le cimetière où furent jetés les corps de plusieurs victimes de la révolution.

Sur la même cour se voit l’entrée de la chapelle; elle se compose d’une masse centrale de forme carrée aux faces de laquelle sont adossés des hémicycles qui , à l’intérieur, présentent comme trois grandes niches. Celle du fond sert de rond-point; dans celle de gauche sera la statue de Marie-Antoinette , et dans celle de droite celle du roi son époux.

L’édifice que nous décrivons rappelle un peu certaines mosquées de Constantinople, dont le membre principal, de figure carrée, est flanqué de demi-coupoles et couvert d’un comble hémisphériqe. Sa capacité intérieure paraît moins gtrande que ne semble l’anoncer à l’extérieur la grosseur de l’édifice qui, du reste, manque de grâce et de mouvement : toutefois il est

digne d’être visité , soit à cause de son originalité , soit pour les souvenirs qu’il est destiné à perpétuer.

Elysée-Bourbon.

C’est un gros hôtel situé rue du faubourg Saint-Ho— noré et dont le vaste jardin est contigu aux Champs- Elysées. Comme monument, il est fort ordinme ; mais il est digne de quelque intérêt par rapport a la qualité des personnes qui 1 ont successivement possédé ou habite. • ,

Bâti en 1748, pour le comte dEvreux,il devint la propriété de la fameuse Pompadour, prostituée de Louis XV. A sa mort, le marquis de Marigny, son frère en hérita; il le céda ensuite a Louis XV, qui le céda au financier Beaujon. De ce dernier il passa a la ‘duchesse de Bourbon. Dans la révolution il reçut 1 imprimerie du gouvernement; puis Marat 1 acquit et l’habita. Napoléon le posséda à son tour : Alexandre et Wellington y ont logé. Enfin Lous XVIII en fit présentai! duc de Berry, qui y demeurait quandl infâme Louvel l’assassina.

Église Saint -3?hilippe-du-B.oule.

[Rvjë du Faubourg-du- Roule , n° 8-io.)

Cette église, construite suivant le goût moderne, esfc un des édifices de Paris où il y a le moins a reprendre* on en doit les dessins à l’harchitecte Chalgnn.. Elle fut commencée en 1769 et terminée seulement

en 1784. , , ,,

L’entrée qui donne sur la rue est decoree d un portique composé de quatre colonnes d’ordre dorique moderne ; ce portique est couronné d’un fronton angulaire dans le timpan duquel est représente, en relief, la Religion avec ses attributs. Derrière le^ fionton s e eve une attique dont on ne voit guère la nécessité.

La partie du mur qui est derrière les colonnes est en rotonde , ce qui produit un dégagement un on effet. Dans cet enfoncement se trouve, en face, la principale porte d’entrée ; à droite et à gauche en sont deux autres plus petites.

Le plan de l’intérieur de l’église est un rectangle sur

le petit côté duquel, opposé à la porte, est un espace demi-circulaire où se trouve le chœur»

lieux rangs de six colonnes ioniques cannelées d’un goût fort pur, divisent le principal corps de l’édifice en trois neufs. Au bout de chacun des bas-côtés est une chapelle.

Ce temple, dont la construction a été si lente que naguère l’intérieur des chapelles était tout brut , n’est point couvert d’une voûte, on y a suppléé par un ouvrage de menuiserie divisé en compartimens , et si bien exeeute, qu il ferait illusion s’il était peint convenablement. Néanmoins il est fâcheux qu’un si bel édfice ne soit pas entièrement en pierre»

Chapelle ESeattjon.

[Rite du Faubourg- du- Roule , No 5g.)

Girardin fournitles dessins de ce petit édifice, qu^. fut construit en 1780 aux frais du receveur-général des finances Beâujon (Nicolas).

Cette chapelle est un excellent morceau d’architecture ; la façade qui donne sur la rue n’est percée que d’une seule ouverture ; la porte d’entrée, laquelle est abritée par un petit porche soutenu par deux colonnes } le seuil est élevé de quelques marches. Pour rompre l’uniformité de cette façade, Farchitecte a détaché, vers son milieu, un corps légèrement avancéj il est couronné d’un fronton angulaire. L’intérieur de 1 edifi.ee est divise par deux rangs de colonnes d’ordre ionique en trois nefs. Des niches pratiquées dans les murs répondent aux entrecolonnemens. Cette partie de la chapelle est eclairee par une ouverture quadrangulaire pratiquée dans la voûte.

A 1 extrémité de la nef est le chœur, de figure demicirculaire* il est orne de coionnes corinthiennes isolées y il reçoit aussi le jour d’en haut.

Cette «hapelle est dédiée à saint Nicolas ^ patron fondateur.

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