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PROMENADES AUX ENVIRONS DE PARIS

Indépendamment des promenades de l’intérieur, la bonne sociéié fréquente beaucoup en été les suivantes :

Les Champs-Elysées, qu’on trouve à la sortie des Tuileries. Cette promenade, plantée d’arbres et disiribuée en quinconces garnis de gazons, a 1200 toises de largeur et se prolonge jusqu’à la barrière de l’Etoile. Elle est enfermée entre le faubourg Saint-Honoré et la Seine ; elle a 160 toises de largeur vers les Tuileries , et 500 vers Chaillot. En 1616 , Marie de Médicis fit tracer et planter l’allée qui s’étend le long de la Seine, et qui était alors exclusivement réservée aux personnes de la cour, ce qui lui fit donner le nom de Cours-la - Reine , qu’elle porte encore aujourd’hui. Cette allée fut plantée de nouveau en 1723. En 1670, Colbert fit planter les Champs-Elysées, sur un terrain alors en culture, où l’on apercevait ça et là des petites maisons et des jardins; on le nommait Grancl-Cours. Il fut replanté en 1770.

L’allée principale des Champs-Elysées, qui s’étend de la barrière de l’Etoile jusqu’aux Tuileries, est de toute beauté et offre un coup d’œil magnifique. C’est la plus belle et la plus majestueuse entrée de Paris; aussi Napoléon la choisit-il pour faire entrer l’impératrice Marie-Louise dans la capitale de son empire. Les Cham ns Elysées sont garnis de restaurans, de cafés et de salies de danses. Lorsque le gouvernement donne des fêtes publiques, c’est principalement cette promenade qu’on choisit pour les divertissemens.

En quittant cette promenade, à une demi-lieue environ de la barrière , on trouve le Bobs de Boulogne. Ce bois, l’un des plus fréquentés par les promeneurs, a sa principale entrée par la route qui conduit à Neuiily, une autre par Passy, et une troisième par Boulogne , petit village d’où il. dre son nom. Ce bois et un débris de la forêt de Bouvret; il a 1700 arpens couverts d’arbres et d’arbustes touffus qui prêtent souvent leurs ombrages aux plus doux mystères. C’est aussi dans ce bois que se terminent la plupart des duels, soit en allant sur le terrain , soit en se réconciliant chez l’un des restaurateurs qu’on y trouve. Les gens qui mettent fin à leur existence par le suicide choisissent aussi assez volontiers ce lieu pour accomplir leur funeste projet. Mais ce bois est si vaste qu’on peut se divertir en un coin, se battre ouse suicider enTautre sans être troublé en rien.

Les jours de fêtes, et principalement celles dites de Long-Champs, qui ont lieu les trois derniers jours de la semaine sainte, le Bois de Boulogne est le rendezvous du monde élégant. Les jeunes gens s’y rendent à cheval ou en tilbury, et les dames en calèches découvertes. C’est à ces promenades que les artistes elles fabricans de Paris vont étudier les modes. Ce bois est encore le rendez-vous des personnes qui se promènent à cheval.

On y trouve des restaurans et des cafés, où l’on est parfaitement servi. Le bal du Ranelagh se tient dans l’une des parties de ce bois.

Non loin des Champs-Elysées, dans le faubourg St- Honoré , rue de Chartres, n» 4, se trouve le Parc de Moniaux , connu autrefois sous le nom de Folies de

Chartres , ainsi nommé à cause des dépenses folles q u’y fit le duc de Charte s , pour y entasser toutes sortes d’objets. On y voit des ruines do temples, un vieux fort , des cascades et des chûtes d'eau, des grottes, etc., et surtout des promenades charmantes. Il fut planté en 1778. Il appartient à la famille d’Orléans, et on ne peut plus le visiter qu’en obtenant une permission de l’intendant du prince, qui l’accorde très-facileinent en s adressant dans ses bureaux au Palais-Pioyal. Ce parc mérité d’être vu.

Après ces promenades, viennent celles de B ellevüLe et des Prés-Saint- Gervais , situées au-delà de Belleville, par la barrière du Temple. C’est la que la classe des marchands et des artisans de la capitale va se délasser le dimanche et les jours de fêtes des fatigues delà semaine. Cette promenade , d’une étendue immense , est couverte de promeneurs sur tous les points, qui sont tous plus beaux les uns que les autres, et qui offrent tous mille accidens naturels et des vues pittoresques magnifiques et toujours nouvelles par la variété des objets qu’on y rencontre. Ici, c’est un bois de lilas; la, un champ de roses, un verger rempli d’arbres à fruits de toute beauté, dont le terrain est couvert de fraises ou de vignes. Cette promenade étant sur un terrain fort élevé, la vue plane sans cesse sur une plaine immense et d’une richesse extraordinaire. On y trouve des jardins publics, où se tiennent des bals champêtres et des divertissemens de tout genre. Les traiteurs a tout piix n y manquent pas. C’est dans ces promenades que se font les parties du matin pour boire du lait et manger d«s œufs frais.

L’étranger qui ne visiterait pas ces promenades un jour de fête, ne pourrait se faire qu’une idee impaifaite tles plaisirs des Parisiens.

Après les diverses promenades dont nous venons1 de parler, il reste le bois de V encennes , a une lieue de la barrière du Trône. Il a 2,000 arpens de superfice et esff situé sur un terrain plat. Le chateau-fort de Vincennes domine ce bois de trois cotes. Cette forteresse est ce qu’il y a de plus curieux à voir. En 1183, il fut enclos de murs pour y renfermer des bêtes fauves. La cour, lorsqu’elle habitait le palais des Tournelie6 , frequen-

tait ce bois, aujourd’hui solitaire. Un haïtien composé, a lieu tous les dimanches à son entrée du côté de Paris.

Aqueduc des Prés Samt-Gervais et de Komainviïle. Son produit, en 24 heures, est de 9 pouces, équivalent à 648 muids distribués autrefois par les fontaines Maubuée, des Innocens et des Halle, et maintenant par celles du haut des faubourgs Saint-Martin et Samt-Denis. Il existait en 4274.

Aquéduc de Belleville. Produit, en 14 h., 6 pouces ou 432 muids, alimente l’hôpital Saint-Louis. 11 fut construit sous le règne de Philippe-Auguste.

Aquéduc d'Arcueiî. Sa longueur est, depuis Rungis, de 5 lieues 3/4. Louis XIII posa la première pierre en 4313. Sa longueur est de 1,847 pieds, sa plus grande hauteur de 74. Jacques Desbrosses le composa de 20 arcades, ornées de modifions, surmontés d’un attique. Les eaux delà Bièvre coulent dans des rigoles découvertes jusqu’à Arcueil , et couvertes depuis ce village jusqu’au Château-d’eau rue Cassini. Il fournit 30 pouces d’eau, ou 36,000 muids en 24 heures, alimentant 15 fontaines et beaucoup de maisons particulières. Il coûta 460,000 f. L’ancien aquéduc, de construction l'omaine, existe encore en partie a cote de celui de Desbrosses ; il était fait de tres-petites pierres. On y voit encore un bas-relief. La rigole de cet aquéduc, qui conduisait les eaux au palais de Thermes rue de la Harpe, était entièrement découverte. L’aquéduc moderne fut construit principalement pour fournir des eaux au palais du Luxembourg, construit par la mère de Louis XIII. On loue avec raison sa simplicité et sa solidité. Nous pensons néanmoins qu’il pourrait être moins massif.

©maaî de l'Ourcq. Sa prise d’eau dans l’Ourcq est à M; r< uii; son développement est de 24 lieues, sa pente de toises; il est creusé dans la terre sans revêtemc-ü. *.p construction, sans saz ni écluses. Sa largeur, depuis Mareuil jusqu’au moulin de Lizy, est de 50 pieds 9 pouces; depuis, de 10 pieds 8 ponces. Sa profondeur est de 4 pieds 7 pouces. Il reçoit les ruisseaux de la O risette , de May, de la Beuvionne, de Terrouanne; i! amène en 24 heures dans le bassin de la Yillette à 83 pieds au-dessus des plus basses eaux de la Seine, une masse de 672,000 muids d’eau. Sa construction, or-

donnée le 19 mai 1801, commença, le 22 septembre suivant, sous la surveillance du préfet du département de la Seine et la direction de M. Girard, ingénieur en chef des ponts et chaussées. Elle fut suspendue en 1814 ; elle a été reprise avec activité depuis 1818, où la ville de Paris ayant fait pour son achèvement un emprunt de 7,000,000 fr. , a chargé de la confection des travaux: la compagnie Vassal et Didier. lia coûté 25 millions.

Sassin de la ITilIette , barrière de ce nom ; destiné at servir de port au canal de l’Ourcq , de réservoir pour les: eaux de Paris, d’intermédiaire pour la navigation de Seine en Seine, par les canaux de St-Martin et de St- Denis, et d’ornement pour la barrière St-Martin. Son parallélogramme est revêtu de maçonnerie. Ses bords; sont plantés d’arbres. Le goût des Parisiens pour les plaisirs les fait naviguer en été , à la voile, dans des barques légères sur cette nappe d’eau, et en hiver une nuée de patineurs sillonnent le bassin du canal avec la rapidité de l’oiseau. Pendant le cours de l’année ce bassin est devenu le centre du commerce le plus actif; il en part chaque semaine des bateaux à vapeur chargés pour Rouen et le Havre ; il reçoit par ï’Ourcq les productions et les produits des départemens du nord-est ; Rouen y fait parvenir ses bateaux ; il eti reçoit de la Haute-Seine par le canal Saint-Martin : ce marché est très-avantageux pour les communes au nord de Paris.

Ce bassin, commencé en 1805, achevé en 1809 , reçoit au nord le canal de l’Ourcq, et, dans ses deux angles du midi, fournit d’eau l’aquéduc de ceinture et le canal Saint-Martin ; il a, de longueur, 6S2 m. 161 millim., ou 350 toises ; de largeur, 70 m. 165 millim., ou 35 toises 5 pieds 6 pouces. La hauteur moyenne de ses eaux est de 1 m. 50 centim., ou 4 pieds 7 pouces 4 lignes; la quantité d’eau qu’il peut contenir est de 71,995,74 m. cubes, ou 71,795,740 hectolitres d’eau.

©anal Saint-Denis , s’embranchant directement sur le canal de l’Ourcq, à 450 toises au-dessus du bassin de la Villette. Sa longueur est de 6,600 m.; sa largeur, dans le plafond, est de 12 m. 20 centim.; au sommet, de 20 m. Sa profondeur totale de 2 m. 60 centim. ; celle de ses eaux de 2 m. ; sa pente de 28 rn. 40 centim. Il a 12 écluses, et a coûté huit millions.

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