‹ Confâerences sur les doctrines et les pratiques les plus importantes de l'Eglise catholiqueChapitre 12 sur 15 · VIT · texte numérisé non relu

VIT

faut prendre les paroles de Noire-Seigneur au figuré, c'est que Notre-Seigneur dit : « Que ceux )) qui mangeront sa chair et boiront son sang vi- » vront, et que ceux qui ne mangeront pas sa » chair et ne boiront pas son sang mourront. » Notre réponse sera simple. Il y a toujours une condition attachée aux promesses de Dieu. « Ce- )) lui qui croira en moi aura la vie éternelle. » Si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme, » et si vous ne buvez son sang, vous n'aurez pas » la vie en vous. » La première de ces deux phrases signifie-t-elie que la foi suffit pour le salut? Chaque homme n'est-il pas tenu de garder les commandements de Dieu? Le sens de la première phrase est évidemment celui-ci : « Quicon- « que croira de cette foi féconde qui enfante les » bonnes œuvres aura la vie éternelle. » Dans la seconde, aussi, il y a une condition annexée au précepte. Notre Sauveur promet la vie éternelle à ceux qui mangeront sa chair et boiront son sang : est-il besoin d'ajouter, à ceux qui rempliront ce devoir avec les dispositions nécessaires, à ceux qui s'approcheront de la table eucharistique avec un esprit plein de foi et un cœur pur?

Voilà les seuls arguments que les théologiens de l'Église établie d'Angleterre apportent à l'appui de leur opinion. Disons maintenant un mot 11. 27

d'une objection populaire tirée du 64° verset : « C'est l'esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien ; » les paroles que je vous dis sont esprit et vie. » On suppose que Notre-Seigneur veut expliquer ainsi la première partie de son discours, en disant que toutes ses paroles doivent être prises dans un sens spirituel et figuré. Au sujet de cette objection, deux remarques seulement. D'abord le mot de chair, et celui d'esprit, lorsqu'ils se balancent dans un rapprochement antithétique, n'indiquent jamais, dans le Nouveau Testament, le sens littéral et le sens spirituel dune expression, mais toujours l'homme naturel et L'homme spirituel , ou la nature humaine abandonnée à sa propre impulsion , et la nature humaine fortifiée et ennoblie par la grâce. En lisant les neuf premiers versets du huitième chapitre de l'épître de saint Paul aux Romains, vous trouverez cette distinction établie d'une manière toute particulière, et d'innombrables passages viendraient confirmer cette explication , s'il était nécessaire. Mais il est inutile de prendre un tel souci , car tous les commentateurs protestants de notre époque adoptent cette explication , et reconnaissent qu'on ne saurait tirer de ce verset rien qui puisse infirmer l'interprétation catholique. 11 me suffira de nommer Kuinoel, Horne, Bloomfield et Schleusner

pour démontrer que ce n'est ni le manque de savoir, ni la partialité qui ont dicté cette décision. Mais il est un commentateur protestant au témoignage duquel j'en ai appelé, qui trahit le secret de sa communion et nous révèle le motif réel qui détermine les protestants à donner aux paroles en question un sens figuré. «Sices paroles n'étaient » pas prises au figuré, écrit le docteur Tholuck, » elles prouveraient trop, car elles prouveraient la » doctrine catholique! » Tout est la, et cet aveu vous en dit plus que toutes mes paroles. Mais quelle étrange manière de raisonner, et qui pourrait tolérer cette nouvelle logique inventée contre nous? On commence par mettre en principe que le dogme catholique est faux, et de cette fausseté arbitrairement supposée on fait la pierre de touche de l'interprétation du texte, qui doit, au contraire, servir à décider si le dogme catholique est vrai , ou s'il est mensonger et faux. J'éprouve le besoin de le rappeler; les théologiens qui raisonnent ainsi sont les mêmes hommes qui prétendent que nous devons tirer toutes nos croyances de l'Écriture!

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