‹ Conference sur la marche d'un corps d'armeeChapitre 10 sur 25 · M ► » PM · texte numérisé non relu

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4 bataillon.

2 pelotons de cavalerie

L'effectif du corps d’armée de combat serait, d’après le tableau n°4, p. 40, de 39,323 hommes pour 3 divisions, et de 27,200 pour 2 divisions. En déduisant le personnel du convoi, celui du commandement, des états-majors et de l’intendance, l’effectif descend alors à 35,716, dans le premier cas, à 24,088 dans le second. Ces chiffres acceptés pour fixer la discussion, la force des différentes fractions de la colonne, selon la proportion de Hardegg, la moyenne des écrivains français et le présent travail, s’établit comme il suit •

Les proportions doctrinales ont une certaine valeur assurément, mais leur application exacte est impraticable. On ne peut briser les unités pour arriver à des chiffres théoriques, alors que le principe conservateur de l’ordre invite au contraire à les grouper le plus possible pour ne pas diviser l’action du commandement. Bien que les chiffres auxquels nous arrivons diffèrent assez notablement de ceux donnés par les théoriciens militaires, nous croyons les nôtres plus pratiques, car ils sont le résultat forcé du groupement des unités.

Formation de marche. — La disposition successive des éléments étant fixée, il s'agit de les faire mouvoir. Pour régler le mouvement, il est nécessaire de connaître la longueur de la colonne. Elle dépend de la formation de marche, de l’allongement et des distances entre les fractions principales.

L’idéal, pour l’infanterie au moins, serait qu’elle observât en route le principe des manœuvres et qu’elle n’occupât point plus d’étendue en colonne qu’en bataille. La formation par le flanc ou par subdivisions à distance entière réalise théoriquement cet idéal.

Réduire la profondeur à moins, par un ordre en colonne serrée, est impraticable. La marche devient très-fatigante, les hommes sont gênés par leurs voisins. Ils ressentent vivement tous les à-coup; ils sont suffoqués parla chaleur ou à

demi asphyxiés par la poussière. En Outre, cet ordre serré empêche de se former immédiatement en bataille, en cas de surprise sur les flancs. Les inconvénients de la colonne serrée pour la marche sont si grands que dans la pratique les distances se perdent et on en revient forcément à la distance entière et même plus.

Cela est si vrai, que, sous le premier Empire, on faisait marcher quelquefois par peloton ou par section avec double distance. Néanmoins celte formation est si fatigante, qu'elle était à cetle époque considérée comme une punition. « Si, malgré les recommandations, dit le général « Thiébault, la colonne s'allongeait trop, on fe- « rait marcher les troupes par peloton ou par « section pour les punir. » [Manuel des étalsmajors, p. 266.)

Si jadis on a pu marcher par subdivision, cela devient moins facile, sinon impossible à présent. La bonne exécution des marches oblige à laisser libre au moins un tiers de la voie, et celte nécessité réduit d'autant le front de marche. Napoléon I" s’exprime ainsi : « Les chaussées ont de « 4 à 6 toises et permettent de marcher sur deux « files de voitures et sur 15 à 20 hommes de « front. Presque toujours on peut cheminer sur « la droite et sur la gauche des chaussées. » [Commentaires, t. Yl, p. 167.) Les haies, les fossés, les canaux, les murs s’opposent à présent à une marche continue en dehors de la voie. Le

développement des chemins de fer a amené une réduction dans la largeur des routes. Sur 109 Toutes allemandes que nous connaissons, 5 ont 5 mètres de large, 9 ont 6 mètres, 28 ont 7 mètres, 7 ont 7m5, 35 ont 8 mètres, 11 ont 9 mètres, 13 ont 10 mètres, 1 a 12 mètres.

Un peloton de 60 files a un front de 39m,6 (à 0,66 par homme). La section a 19m,8 ; la demisection, 9m,9; le quart de section ou l’escouade, 5 mètres. La marche par peleton et par section est conséquemment impraticable. Sur un trèspetit nombre de routes on pourrait employer la formation par demi-section, mais à la condition d’occuper entièrement la voie. Il faudrait donc former la colonne par escouades. Or la colonne serrée par escouade avec des pelotons de 60 files a sensiblement la même longueur que la colonne par le flanc. Ce dernier mode prévaudra généralement. C’est celui qui fatigue le moins les hommes, qui leur donne le plus d’air et le plus d’aisance et qui laisse la voie le plus libre. La colonne serrée par demi-section pourra quelquefois l’employer, mais comme exception seulement.

D’après la largeur des voies, la cavalerie ne peut se former par peloton. Elle doit marcher par quatre. Il est à regretter qu’elle ne possède pas la rupture par demi-peloton pour la colonne de route ; elle pourrait alors marcher sur un front de 6, 7 ou 8 chevaux. On obtiendrait ainsi la réduction d’un tiers de la profondeur de la colonne

avec des escadrons de 48 files et une réduction de moitié avec des escadrons de 64 files.

Sur les routes de 7 mètres et au-dessus, les voitures peuvent marcher sur deux liles et les animaux de bât par quatre. Ce sera là la forma* tion la plus usuelle.

Trois modes sont donc possibles ; celui qui donne le plus de longueur est l’infanterie par le flanc et les voilures par une ; la colonne serrée par demi-section avec les voitures par deux offrira le minimum d’étendue ; enfin le cas le plus général sera rinfanterie par le flanc et les voitures par deux.

Les tableaux nos 8, 9 et 10 qui vont suivre donnent dans les trois cas que nous avons indiqués la longueur exacte de chacun des éléments qui composent la colonne.

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