‹ Conference sur la marche d'un corps d'armeeChapitre 13 sur 25 · S- OP Q · texte numérisé non relu

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CALCUL DES ÉLÉMENTS

Le.total de ces divers éléments, en ne laissant entre eux que les distances miminum, donne le résultat suivant :

Corps à trois divisions.

Par le flanc, voitures par une, 26,051*, 7;

En colonne serrée par demi-section, voitures par deux, 15,030 mètres;

Par le flanc, voitures par deux, 19,788®, 8.

Corps à deux divisions .

Par le flanc, voitures par une, 19,926“, 4-;

En colonne serrée par demi-section, voitures par deux, 10,1 04“, 5 ;

Par le flanc, voitures par deux, 14,292“, 9.

Ces étendues sont purement mathématiques. Dans la pratique elles prennent un plus grand développement par la perte des distances. Quelque soin qu'on apporte à leur conservation, il est impossible de les maintenir, a Le vice le plus « fréquent dans les marches, surtout quand les « colonnes sont profondes, c'est rallongement « qui s’ensuit, en raison de leur profondeur ou « du grand nombre des troupes qui les compote sent. » (Grimoard.)

Allongement des colonnes. — La théorie est impuissante à tenir compte des légères résistances, des petits obstacles, des faux mouvements individuels, des infimes accidents, dont la multiplicité finit par produire des kilomètres d’allon-

gement. L’expérience ne nous vient presque pas en aide, par suite du manque d’observations recueillies. La loi d’allongement des colonnes est à établir en entier. Ce que la théorie, comme l’évidence, nous apprend, c’est que l’allongement croît progressivement et non proportionnellement à la longueur de la colonne et à la durée de la marche. Dans quelle mesure se produit-il? C’est ce que nous ne savons pas exactement. Quelques données permettent d’arriver seulement à une approximation.

Dans l’artillerie, on compte dans les longueurs de colonnes, un quart en plus pour les retards ordinaires en paix. En guerre, ce chiffre doublera certainement. Cette quantité sera dépassée par les voitures de munitions, de bagages, de vivres» qui n’ont pas la rigoureuse surveillance des voitures de batteries. Il n’est peut-être pas exagéré de la porter à deux tiers.

Considérons un des corps à 3 divisions de l’armée d’Italie en 1859. Son effectif était de 30,670 hommes. En marchant par le flanc et les voilures par deux, la longueur théorique de la colonne devait être de 14,011 mètres. Dans la marche du 13 juin, la lre division arrive au bivouac quatre heures après son départ. La 3e n’arrive que cinq heures et demie après son départ. L’heure et demie de différence représente environ 6 kilomètres d’allongement ou les trois septièmes de la longueur totale de la colonne.

Si on prend les marches des 3, 6, 7 et 13 juin, pour lesquelles il y a des données assez précises, nous trouvons qu'il existe deux heures huit minutes, en moyenne, entre l'arrivée au bivouac des troupes de chaque division. La longueur théorique de chacune d’elles a dû être de 3,296 mètres et son écoulement ne devait demander que cinquante minutes. Tout en tenant compte de la distance qui pouvait avoir été prescrite entre les divisions, il n’en faudrait pas moins admettre que l’allongement a presque doublé l’étendue des colonnes.

Dans son histoire de la campagne de 1866, Borbstædt dit, au sujet du passage des montagnes de Bohême par l’armée du prince royal, qu’un corps d’armée avec ses bagages, sans les réserves de matériel, occupe un espace de 4 milles allemands (29,632 mètres). D’après nos calculs, le corps prussien à 2 divisions et un effectif de 34,000 hommes devait occuper théoriquement 19 kilomètres. Son allongement aurait donc été de 10,632 mètres, ou les quatre septièmes de son étendue totale.

La moyenne de ces trois exemples donnerait une augmentation des deux tiers.

Il faut reconnaître que le manque d’indications précises laisse planer une grande incertitude sur celte question. Dans les journaux de marches du premier empire, rien ne vient n®us éclairer. Quelques observations officieusement recueillies

au camp de Chàlons tendraient à donner aux colonnes une longueur presque double de celle qu’elles auraient dû avoir, mais on ne peut rien conclure de ces données, d’ailleurs peu nombreuses. La proportion des deux tiers peut être admise pour l’allongement en campagne jusqu’à plus amples informations.

Cette proportion est énorme quand on en vient à l’application. Les chiffres permettent seuls de s’en faire une idée. Ils disent assez haut combien le sujet mérite d’être étudié et combien il est important de parvenir à réduire la perle des distances. Le tableau suivant, n° 11, montre ce que devient la longueur théorique des colonnes avec un allongement de deux tiers, un tiers ou un quart

Tableau n° 11. — Comparaison de divers allongements de colonne*

Tableau n° 11. — Comparaison de

DÉSIGNATION

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