LE PÈRE DE FAMILLE, UN INCONNU
Tandis que le père de famille erre, accablé de tristesse, entre un in-> oonnn, yêtu comme un homme du peuple, en redingote et en veste, les bras cachés sous sa redingote et le chapeau rabattu et enfoncé sur lesyeux. Il parait plongé dans la peine et la rêverie. Il traverse sans apercevoir personne.
LE PÈRE DK FAMILLE, qui le voit venir à lui, Tattend, l'arrête par le^
bras et lui dit :
Qui êtes-vous? où allez- vous?
l'inconnu, point de réponse.
LE PÈRE DE FAMILLE
Qui êtes-vou8? où allez-vous?
l'inconnu, point de réponse encore.
LE PÈRE DE FAMILLE relève lentement le chapeau de Tlnconnu^
reconnaît son fils, et s^éciie :
Ciell... C'est lui!... C'est lui!... Mes funestes pressentiments, les voilà donc accomplis I... Ah!... (n pousse des accents
douloureux; il s'éloigne; il revient; il dit :) Je veux lui parler... Je
tremble de l'entendre... Que vais-je savoir?... J'ai trop vécu,, j'ai trop vécul
1. Comparez plutôt à VEssaisur la poésie dramatique les mémorables Préfaces do M. Alexandre Dumas.
SAINT'ALBIN, en s'éloignant de son père, et soupirant de doulear.
Ah!
LE PÈRE DE FAMILLE, le suivant.
Qui es-tu? D'où viens-tu?... Aurais-je eu le malheur?
SAINT-ALBIN, s'éloignant encore.
Je suis désespéré.
LE PÈRE DE FAMILLE
Grand Dieu! que faut-il que j'apprenne?
SAINT- ALBIN, revenant et s'adressant à ton ptoe.
Elle pleure, elle soupire, elle songe à s'éloigner , et, si elle s'éloigne, je suis perdu.
LE PÈRE DE FAMILLE
Qui, elle?