AUX PROTESTANTS
qui les dirige et les conduit en tout ce qui Uent au salut éternel, el, d'autre part, ces sociétés ont constamment varié dans leurs doctrines, et cette mobilité, cette instabilité est toujours chez elle la même. Chacun comprend sans peine et voit clairement que tout cela est loin de ressembler à l'Église instituée par Notre-Seigneur Jésus- Christ, dans laquelle la vérité est toujours la même, sans être exposée à aucun changement, comme un dépôt confié à cette même Église pour être gardé parfaitement intact, et pour la garde duquel la présence et le secours du Saint- Esprit ont été promis à jamais à l'Église. Et personne n'ignore que ces dissidences de doctrines et d'opinions enfantent des divisions sociales; que de là naissent ces innombrables communautés et sectes qui se propagent de jour en jour, au grand détriment de la société religieuse et civile.
En effet, quiconque reconnaît la religion comme ie fondement de la société humaine, ne saurait s'empêcher de reconnaître également et d'avouer quelle action exercent sur la société civile la désunion et l'antagonisme de ces principes et des sociétés religieuses en lutte réciproque, et avec quelle violence la négation de l'autorité constituée par Dieu a excité, développé et entretenu, dans l'intluence qui s'exerce sur l'intelligencehumaine et dans la direction des actions des hommes, tant dans la vie privée que dans la vie sociale, ces déplorables soulèvements et ces désordres dans les faits et dans les temps, qui agitent et affligent misérablement presque tous les peuples.
Que tous ceux donc, qui ne possèdent point l'unité et la vérité de l'Église catholique, saisissent l'occasion de ce
Concile, par lequel l'Eglise catholique, dont leurs ancêlres faisaient partie, présente au monde une nouvelle preuve de son unité intime et de sa puissance vitale et inexpugnable, et qu'obéissant eux-mêmes aux besoins de leur cœur, ils s'efforcent de s'arracher à cet état dans lequel ils ne peuvent être assurés de leur propre salut. Et qu'ils ne cessent point d'adresser de ferventes prières au Dieu des miséricordes, afin qu'il renverse le mur de séparation, qu'il dissipe les ténèbres de l'erreur, et qu'il les ramène dans le sein de la Sainte Mère Église, dans laquelle leurs ancêtres ont trouvé les aliments salutaires de la vie, et dans laquelle seule la doctrine de Jésus-Christ est conservée et transmise intacte, et sont dispensés les mystères de la grâce divine.
Et Nous qui en vertu du devoir de Notre ministère suprême et apostolique, à nous confié par Jésus-Christ luimême Notre-Seigneur, devons accomplir avec le plus grand zèle tous les actes du bon pasteur, et étendre Notre charité paternelle à tous les hommes du monde entier, et les embrasser dans la même charité, Nous adressons aujourd'hui à tous les Chrétiens séparés de Nous, ces lettres, où Nous les exhortons instamment et les conjurons dese hâter de revenir à l'unique bercail de Jésus-Christ. Eu effet, Nous désirons de cœur et ardemment leur salut en Jésus-Christ, et Nous craignons que Celui qui sera notre Juge ne Nous demande compte un jour, si Nous ne leur avons pas, autant qu'il est en Nou», montré et préparé la voie pour atteindre ce salut éternel. En vérité, dans toutes Nos prières, dans nos supplications et actions do grâces, Nous ne cessons jamais, le jour et la nuit, d implorer en leur faveur avec humilité et avec instance, au-