PIE IX, PAPE
Placé par les impénétrables desseins de la divine Providence, et sans aucun mérite de Notre part, sur ce Siège sublime, comme héritier du Bienheureux Prince des Apôtres, qui, « en vertu de la prérogative que Dieu lui a » accordée, est la pierre ferme et inébranlable sur laquelle » le Sauveur a bâti son Église, » et pressé par la sollicitude de la charge qui Nous est imposée, Nous désirons ardemment, et Nous nous efforçons d'étendre Nos soins à tous ceux qui, sur ious les points du globe, portenlle nom de Chrétiens, et de les unir tous dans les embrassemenls de Notre amour paternel. Ce ne serait pas sans un grand péril pour Notre âme que Nous pourrions négliger aucune partie de ce peuple chrétien, qui, racheté par le sang si précieux de Noire Sauveur, et admisau bercail du Seigneur par les eaux sacrées du baptême, a droit de compter sur toute Notre vigilance. Obligé donc de vouer
: Traduction de la Revue du Coneile œcuménique du Vatican, par lu P. Cbéry, des Frères Prêcheurs.
sans cesse Nos pensées et tous Nos soins à pourvoir au salut de tous ceux qui reconnaissent et adorent Jésus- Christ, Nous avons les yeux et- le cœur tournés vers ces ; qui, attachées autrefois au Siège Apostolique par le lion de l'unité, étaient si florissantes par le mérite de la sainteté et de la science divine, produisaient des fruits si abondants pour la gloire de Dieu et le salut des âmes, et qui aujourd'hui, par les ruses et les machinations infernales de celui qui a opéré dans ie ciel même le premier schisme, se trouvent, à notre grande douleur, éloignées et séparées de la communion de cette sainte Église romaine qui est répandue partout l'univers.
C'est pour cette raison que, dès le commencement de Noire suprême Pontificat, Nous vous avons adressé, dans toute l'effusion de Notre cœur, des paroles de paix et de charité. Et quoique ces paroles n'aient aucunement eu le succès que Nous désirons si ardemment, Nous n'avons cependant jamais perdu l'espoir que Nos humbles et ferventes prières seraient un jour favorablement accueillies et exaucées par l'infinie clémence et bonté de l'Auteur du salut et de la paix, « qui a apporté le salut à la terre, et » qui, en venant du ciel, a témoigné combien la paix » est agréable et doit l'être à tous, puisquil l'a dès sa
> naissance annoncée aux hommes de bonne volonté • par le ministère des Anges, qu'en vivant avec ces » mêmes hommes il la leur a enseignée par ses paroles
> et la leur a prêchée par ses exemples. »
Or, comme tout récemment, de l'avis de Nos vénérables Frères les Cardinaux de la sainte Église romaine, Nous avons indiqué et convoqué un Concile œcuménique, qui doit se tenir à Rome l'année prochaine et
s'ouvrir le 8 décembre, jour de la fête de l'Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, Nous vous adressons de nouveau Nos pai-oles et Nous vous conjurons, avertissons et supplions, avec toute l'ardeur que Nous pouvons y mettre, de vous rendre à cette môme Assemblée générale, comme vos ancêtres se sont rendus au IIe Concile de Lyon, tenu sous le bienheureux Grégoire X, Notre prédécesseur de vénérable mémoire, et au Concile de Florence, célébr.' par Eugène IV, également Notre prédécesseur d'heureuse mémoire, afin que, renouvelant les lois de l'ancienne charité et remettant en vigueur la paix de Nos pères, ce présent céleste et salutaire de Jésus-Christ, dont le temps nous a fait perdre les fruits, Nous voyions enfin, après une longue et triste époque de douleur où ont régné les ténèbres de la division, Nous voyions se lever l'aurore brillante et pure de cette union qui est dans Nos vœux.
Que ce soit là l'heureux fruit des bénédictions dont Jésus-Christ, Notre commun Seigneur et Rédempteur, console en ces temps malheureux sa chère et immaculée Épouse, l'Église catholique ; qu'il adoucisse ainsi sa douleur et qu'il essuie ses larmes, afin que, toute division ayant cessé, les voix auparavant discordantes s'unissent dans une parfaite unanimité d'esprit pour louer le Dieu qui ne veut pas de schisme parmi nous, mais qui, par la voix de l'Apôtre, nous a prescrit de n'avoir qu'« un même langage et une même pensée. » Que d'immortelles action? de grâce"- soient rendues sans cesse au Père des miséricordes pai tous les Saints, mais surtout par ces grandes illustrations des Églises d'Orient, les anciens Pères et Docteurs, lorsque, du haut du Ciel, ils verront restaurée