‹ Conférences, discours, allocutions et essais de Monsieur Henri BourassaChapitre 37 sur 89 · LA VIGNE DE NABOTH I · texte numérisé non relu

LA VIGNE DE NABOTH I

La situation serait compliquée pour qui ? polir la province du Manitoba ?

Imposons-nous ces territoires au Manitoba ? Le Manitoba demande au gouvernement une immense étendue de terre. Le Manitoba est, en présence du gouvernement d'Ottawa, dans la situation de n'importe lequel d'entre vous, qui, désirant acheter de son voisin une propriété grevée d'une servitude quelconque, s'attendrait naturellement à recevoir une réponse de ce genre :

''Très bien, mon ami, je suis prêt à vendre ma terre ; mais je l'ai grevée, en faveur d'un tiers, d'une servitude perpétuelle : — un droit de passage, ou un droit d'occiipation d'une partie de la terre." Songeriez-vous alors à répondre : "Vous êtes plus fort, plus riche que votre voisin : abolissez cette servitude. S'il proteste, faites le taire; s'il réclame, ruinez-le en procédures, ou corrompez les juges — mais je veux cette terre franche de toute obligation." "Déposséder Naboth", c'est très ancien. Mais aujourd'hui comme au temps d'Achab, cela s'api>elle encore la dépossession ; et la dépossession, accomplie par n'importe quel fort contre n'importe quel faible, quelque riche, quelque puissant que soit le fort — j'irai plus loin — la dépossession accomplie surtout quand le faible est infime, est plus odieuse et mérite plus la réprobation et l'indignation que quand elle se pratique à l'endroit de celui qui a pieds et poings pour s-e défendre. (Longues acclamations).

LA MINORITE DU MANITOBA L'imposition à la province du Mani-

POUR LA JUSTICE

toba de maiiiLenir ce pacte sacré constituerait, dans l'opiuion de M. Monk, une injustice pour la majoilité. Elle constituerait également une injustice pour la minorité de l'ancimne partie du Manitoba ( 4504-4505 ) . Voici donc cette question de la vieille province du Manitoba qui revient sur le tapis. Il y a un instant, elle éta'it disparue, on devait l'écarter, il ue devait plus en être question, elle était rég'lée pour toujours depuis quinze ans. Et maintenaiit la minorité du Mauitoba, — qui, entre parenthèses, proteste à Winnipeig, comme nous ici. contre le sacrifice des droits au Kéwatin -f la minorité,parlant à Ottawa, par la bouche des ministres fédéraux, nous dit, paraît-il :

"Ne sauvegardez pas les droits de Kéwatîn, car vous endommageriez notre propre position. Nous souffrons d'une injustice, grâce à la tsrrannie de M. Greonway, grâce à la trahison de M. Laurier, grâce à la négligence de M. Roblin ', si vous voulez nous aJider, ne sauvegardez aucuns droits dans la région nouvelle que vous annexez à la province — et M. Eoblin va améliorer notre sort." Et alors, tout naturellement, vient à nos lèvres, la question que M. Macdonald a posée, mardi, à l'honorable ministre des travaux publics : "Has the Hon. Member any assurance or understanding that any such tliing will be done ?" (4505).

Cette question, nous la formulons à notre tour. L'honorable ministre des travaux publics, qui nous demande d'abandonner les droits du Kéwatin afin d'aider à la minorité du Manitoba, peut il nous assurer que la minorité du Manitoba a la moindre promesse de M. Eoblin?

Voici la réponse du ministre: —

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