L'ARGUMENT DU NOMBRE
M. Pelletier a employé un auitre argument que j'aurais préféré lui voir laisser à d'autres. "Ce qui est en cause au Kéwatin, dit-il, c'est un vaste territoire à peine habité. Je me préoc-
(1) N'oublions pas qu'à l'heure actuelle, les catholiques de "Winnipeg, Brandon et autres villes paient cette double taxe. Ceci dure depuis 15 ans. C'est ce que M. Monk appelle la "très extrême indulgence" du gouvernement Roblin à l'endroit de la minorité. Si dans le Québec un seul père de famille protestant était ainsi traité, "a blue flame ■would rise from Westmount", comme dirait M. Cahan.
cupe davantage des habitants qui vivent et qui peinent au Manitoba."
Cette tendance à évaluer les droit»
au poids du nombre ou de la force, est l'un des traits les plus caractéristiques de nos mœurs politiques et de notre temps. C'est à l'aide de cette doctrine qu'en 1905, M. Rodolphe Lemieux, muni de copieuses statistiques et de chiffres bien aligné^, prouva qu'il était juste et bon d'abolir l'emploi officiel de la langue française au Nord-Ouest, parce que les Canadiensfrançais y étaient moins nombreux que les Galiciens et les Mormons.
Grand Dieu ! que les hommes de 1905 et de 1912, voient moins loin, moins grand et moins haut que ceux de lSf57 et 1875 !
( Applaudissements )
Et maintenant. M. Pelletier se décide à aborder la question et à se demander s'il y a bien des droits scolaires au Kéwatin.
"Abordons la question "carrément", dit-il, et aLiaquons-la sans hésiter. Y a-t-^1 des droits acquis ( en matière d'enseignement ) au Kéwatin, aujourd'hui ? " (4529).
Mais avant de donner sa réponse, il se reprend à regarder la question de coté, il regagne les sentiers détournés; ei pour la troisième fois, il ne répond ni oui ni non.
Je ne suivrai pas M. PejUetier dans toute son argumentation, beaucoup moins précise que celle de M. Mont.
Liiii ETRANGES DEDUCTIOlSS DE M. PELLETIER
Il commence par prévenir la Chambre, qu'"il a lu toute la législation à ce sujet" et "qu'à un moment il a constaté un étrange état de choses" (4530). Il n'est pas injuste d'ajouter que l'honorable ministre en tire des déductions non moins étranges.
La loi de 1875, dit M. Pelletier, s'appliquait bien aux Territoires ; mais la pensée de Blake a été détruite par la perfidie de Laurier, par le règlement Laurier-Greenway, par l'attitude du peuple de la province de Québec, (4525).
Comment ! mais le ministre vient de nous dire, et avec raison, que l'af-
POUR LA JUSTICE
laire du Manitoba et celle du Nord- Ouest sont deux questions absolument distinctes ; son collègue, M. Monk, nous a prévenus que seuls des gens mal intentionnés pourraient songer à ressusciter l'agitation du Manitoba avec celle du Nord-Ouest » pendant trois jours le parlement n'a discuté que les statuts qui s'appliquent au Nord-Ouest exclusivement ; et voici que M. Pelletier vient nous d!ire que ce statut a été annulé par le règlement liaurier - Greenway ! Le règlement Laurier-Greenway, si je ne me trompe, ne visait que les lois scolaires du Manitoba ; comment a-t-ij pu ajMecter les lois scolaires des Territoires du Nord- Ouest, entièrement distinctes, dès l'origine, de celles du Manitoba 1
A la suite de son collègue, M. Pelletier affirme que la clause scolaire de 1875 n'a jamais affecté le Kéwatiû, parée qu'elle n'était pas répétée da^is l'acte de 1876. (4530).
J'ai réfuté cet argument, assez clairement, je crois, en analysant le discours de M. Monk.
Mais il n'est pas sans intérêt de signaler le résultat des lectures de M.
Pelletier.