‹ Conférences sur l'encyclique Humanum genusChapitre 34 sur 62 · MANDEMENT XLIII · texte numérisé non relu

MANDEMENT XLIII

politique et des affaires publiques, la laïcisation de l'enseignement, le pouvoir de l'Etat sur le lien du mariage, la souveraineté du peuple, etc.

" La Franc-Maçonnerie," dit le Saint-Père, "se propose de réduire à rien, au sein de la société civile, le magistère et l'autorité de l'Eglise; d'où cette conséquence que les francs-maçons s'appliquent à vulgariser et pour laquelle ils ne cessent de combattre, à savoir qu'il faut absolument séparer l'Eglise de l'Etat. Par suite, ils excluent des lois aussi bien que de l'administration de la cbose publique la très salutaire inlluence de la religion catbolique. "

" Les cliefs du gouvernement, suivant eux, ont puissance sur le lien conjugal.''

" Déjà dans plusieurs pays, ils ont réussi à faire confier exclu sivement à des laïques l'éducation de la jeunesse "

"Tout pouvoir, d'après eux, est dans le peuple libre"... (Encycl. Hamanum gcnus).

Mais ces doctrines libérales, condamnées par l'Eglise, ne sont admises par les Francs-Maçons que comme un acheminement à des erreurs plus radicales : les sectaires n'adoptent le libéralisme que comme transition entre l'enseignement catbolique et l'ensei gnement des loges. Pour eux, ils descendent jusqu'aux dernières conséquences du naturalisme le plus révoltant.

Le naturalisme, dogme fondamental de la Franc-Maçonnerie, pose en premier principe la souveraineté de la raison humaine ou de la nature. Pour lui, "en dehors de ce que peut comprendre la raison humaine, il n'y a ni dogme religieux, ni vérité, ni maître en la parole de qui, au nom de son mandat officiel d'enseignement, on doive avoir foi. " " Il ne garde même plus dans leur intégrité et dans leur certitude les vérités accessibles à la seule lumière de la raison naturelle, telles que sont assurément l'existence de Dieu, la spiritualité et l'immortalité de l'âme." (Encycl. Bumanum genus\.

Relativement à l'individu, les naturalistes le soustraient à l'espérance des biens futurs et à la crainte des châtiments éternels, et le rabaissent au niveau des jouissances temporelles. "N'ajoulant aucune foi à la révélation que nous tenons de Dieu, ils nient que le père du genre humain ait péché, et par conséquent que les forces du libre-arbitre soient d'aucune façon " débilitées, ou inclinées vers le mal". (Concile de Trente). Tout au contraire, ils exagèrent la puissance et l'excellence de la nature, et. mettant

XL1V MANDEMENT

uniquement en elle le principe et lu règle de la justice, ils ne peuvent même pas concevoir la nécessité de faire de constants efforts et de déployer un très-grand courage pour comprimer les révoltes de la nature et pour imposer silence à ses appétits ". (Encycl. Humanum gcnus).

De là, la licence des mœurs la plus effrénée, et des désordres moraux qui rappellent ceux du paganisme.

Relativement à la société domestique, le mariage, qui en est la base, n'est, suivant la doctrine naturaliste, u qu'une variété de l'espèce des contrats; il peut donc être légitimsment dissous à la volonté des contractants."

De là, le divoice et la ruine de la famille.

La société n'étant que le développement de la famille, et la jeunesse étant l'espoir de la société, " la secte concentre tousses efforts pour s'emparer de l'éducation."

Relativement à la société civile, le naturalisme enseigne que " Tout pouvoir est dans le peuple libre ; ceux qui exercent la commandemant n'en sont les détenteurs que parle mandat ou par la concession du peuple, de telle sorte que si la volonié populaire change, il faut dépouiller de leur autorité les chefs de l'Etat, même malgré eux. La source de tous les droits et de toutes les fonctions civiles réside, soit dans la multitude, soit dans le pouvoir qui régit l'Etat, mais quand il a été constitué d'après les nouveaux principes. En outre, l'Etat doit être athée. '* (Encycl. Humanum gcnus).

Prétendre ainsi constituer la société civile en dehors de tout principe religieux, c'est une témérité sans exemple chez les païens eux-mêmes, qui reconnaissaient la nécessité sociale delà religion. Donner pour source et pour base à l'autorité la souveraineté populaire, c'est ébranler les fondements de tous les états et de tous les empires.

80 Conséquences pratiques de ces erreurs.

lo L'Eglise étant la dépositaire '.' des doctrines révélées de Dieu, aussi bien que de l'autorité établie pour les enseigner avec les autres secours donnés du Ciel en vue de sauver les hommes", avant tout, il faut paralyser son action, la réduire à l'impuissance et détruire même entièrement cette société, qui est d'institution divine. Voilà pourquoi le Siège Apostolique e&t dépouillé de sou

MANDEMENT XLV

pouvoir temporel, et son autorité spirituelle livrée à tontes sortes d'entraves ; *' les restes des biens ecclésiastiques, soumis à mille servitudes, sont placés sons la dépendance et le bon plaisir d'administrateurs civils"; nombre de lois sont portées contre le clergé, pour diminuer le nombre de ses membres et le priver de ses moyens indispensables d'action et d'existence ; " les communautés religieuses sont supprimées ou dispersées"; et toutes ces mesures de persécution n'attendent que la faveur des circonstances [tour être poussées dans leurs dernières conséquences, qui sont la ruine complète de l'ordre religieux et social.

•2o L'individu étant soustrait aux principes mêmes de l'honnêteté naturelle, on multiplie et l'on met à sa portée tout ce qui peut flatter ses passions, ''journaux et brochures d'où la réserve et la pudeur sont bannies; représentations théâtrales dont la licence passe les bornes; œuvres artistiques où s'étalent, avec un cynisme révoltant, les principes de ce qu'on appelle aujourd'hui le réalisme ; inventions ingénieuses destinées à augmenter les délicatesses et les jouissances de la vie: eu un mot, tout est mis en œuvre pour satisfaire l'amour du plaisir". (Encycl. llumauum genus).

3o Le mariage) n'ayant plus son caractère religieux et sacré. et la loi divine qui pourvoit à ce que les unions conjugales ne soient pas dissoutes étant mise de côté. wl la constitution de la l'amille sera en proie au trouble et à la confusion • les femmes seront découronnées de leur dignité; toute protection et toute sécurité disparaîtront pour les enfants et pour leurs intérêts. L'éducation est enlevée au père de famille, à la direction de l'Eglise, et livrée à l'Etat sans Dieu.

4o Les erreurs que l'on proclame au sujet de la société civile •u menacent les Etats des dangers les plus redoutables. En effet, supprimez la crainte de Dieu et le respect dû à ses lois ; laissez tomber en discrédit l'autorité des princes; donnez libre carrière et encouragement à la manie des révolutions : lâchez la bride aux passions populaires; brisez tout frein, sauf celui des châtiments, vous aboutirez par la force des eboses à un bouleversement universel et à la ruine de toutes les institutions : tel est. il est vrai, le but avéré, explicite, que poursuivent de leurs efforts beaucoup d'associations communistes et socialistes; eL la secte des Francs-Mnrons n'a pas le droit de se dire étrangère à leurs attentats, puisqu'elle favorise leurs desseins, et que, sur le terrain

Page 1