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HUMANUM GENUS III

d'abord pour empocher la perte éternelle des ;Vnes dont le sa hit Xoiis a été conlié ; puis, afin que le royaume de Jésus Christ, qui! Nous sommes chargés de défendre, non seulement demeure debout et dans toute son intégrité, mais fasse par tonte ta terre de nouveaux progrès, de nouvelles conquêtes.

Dans leurs vigilantes sollicitudes pour le saint du peu pie chrétien, Nos Prédécesseurs eurent bien vite reconnu cet ennemi capital au moment où, quittant les ténèbres d'une conspiration occulte, il s'élançait à l'assaut en plein jour. Sachant ce qu'il était, ce qu'il voulait, et lisant pour ainsi dire dans l'avenir, ils donnèrent aux princes et aux peuples le signal d'alarme, et les mirent en garde contre les embûches et les artifices préparés pour les surprendre.

Le péril fut dénoncé pour la première fois par Clément Xll (I) en 1738, et la constitution promulguée parce Pape fut renouvelée et confirmée par lienoit XIV (2>. Pie Vil (3) marcha sur les traces de ces deux Pontifes; et Léon XII, renfermant dans sa Constitution apostolique Quo graviora (4) tous les actes et décrets des précédents Papes sur celte matière, les ratifia et les confirma pour toujours. Pie VIII (5), Grégoire XVI iG), et, à diverses reprises, Pie IX (7) ont parlé dans le même sens.

Le but fondamental et l'esprit delà secte maçonnique avaient été mis en pleine lumière par la manifestation patente <î agissements, la connaissance de ses principes, l'exposition de ses règles, de ses rites et de leurs commentaires auxquels plus d'une fo:s s'étaient ajoutés les témoignages de ses propres adeptes. En présence de ces faits, il était tout simple que ce Siège Apostolique dénonçât publiquement la secte des francs-maçons comme une association criminelle, non moins pernicieuse aux intérêts du christianisme qu'à ceux de la société civile. Il édicta donc contre elle les peines les plus graves dont l'Eglise a coutume de frapper les coupables, et interdit de s'y affilier.

Irrités de cette mesure, et espérant qu'ils pourraient, soit par le dédain, soit par la calomnie, échapper à ces condamnations ou

(1) Const. In eminenti. du 24 .avril 1738.

(2) Const. l'rovidas, du 18 mai L751.

(3) Const. Eeclesiam a Iesu Chritto, du 13 Bepteml re 1821.

(4) Const. du 13 mars 1825.

(5) Encycl. Traditi, du 21 mai 1829.

(G) Encycl. Miran, du là août 1832.

(7) Alloc. Multipliée» inier, du 25 septembre 1865, Encycl. <Jni flur du 9 novembre 184G ; etc.

en atténuer la force, les membres de la secte accusèrent les Papes qui les avaient portées, tantôt d'avoir rendu des sentences iniques, tantôt d'avoir excédé la mesure dans les peines infligées, (.'est ainsi qu'ils s'efforcèrent d'éluder l'autorité ou de diminuer la valeur des Constitutions promulguées par Clément XII, Benoît XIV, Pie VII et Pie IX.

Toutefois, dans les rangs mêmes de la secte, il ne manqua pas d'associés pour avouer, môme malgré eux, que, étant données la doctrine et la discipline catholiques, les Pontifes romains n'avaient Tien fait que de très-légitime. A cet aveu, il faut joindre d'assentiment explicite d'un certain nombre de princes ou de chefs d'Etat qin eurent à cœur, soit de dénoncer la société des francs-maçons a'2 Siège Apostolique, soit de la frapper eux-mêmes comme dangereuse, en portant des lois contre elle, ainsi que cela s'est pratiqué en Hollande, en Autriche, en Suisse, en Espagne, en Bavière, en Savoie et dans d'autres parties de l'Italie.

Il importe souverainement de faire remarquer combien les événements donnèrent raison à la sagesse de Nos Prédécesseurs. Leurs prévoyantes et paternelles sollicitudes n'eurent pas partout ni toujours le succès désirable : ce qu'il faut attribuer, soit à la dissimulation et à l'astuce des hommes engagés dans cette secte pernicieuse, soit à l'imprudente légèreté de ceux qui auraient cependant eu l'intérêt le plus direct à la surveiller attentivement. 11 en est résulté que, dans l'espace d'un siècle et demi, la secte des francs-maçons a fait d'incroyables progrès. Employant à la «ois l'audace et la ruse, elle a envahi tous les rangs de la hiérarchie sociale et commencé à prendre au sein îles Etats modernes une puissance qui équivaut presque à la souveraineté. De cette rapide et formidable extension sont précisément résultés pour l'Eglise, pour l'autorité des princes, pour le salut public, les maux que Nos Prédécesseurs avaient depuis longtemps prévus. On en est venu à ce point qu'il y a lieu de concevoir pour l'avenir tes craintes les plus sérieuses, non certes en ce qui concerne FEglise, dont les solides fondements ne sauraient être ébranlés par les efforts des hommes, mais par rapporta la sécurité des Etats au sein desquels sont devenues trop puissantes ou cette secte île la franc-maçonnerie ou d'autres associations similaires qui se 5ont ses coopératrices et ses satellites.

Pour tous ces motifs, à peine avions-Nous mis la main au gouvernail de l'Eglise que Nous avons clairement senti la néces-

site de résister à un si grand mal et de dresser contre lui, autant qu'il serait possible, Notre autorité apostolique- Aussi, protitaiti de toutes les occasions favorables, Nous avons traité les principales thèses doctrinales isur lesquelles les opinions perverses de la secte maçonnique semblent avoir exercé la plus grande influence. C'est ainsi que dans notre Encyclique Quod apostolici muneris* Nous Nous sommes efforcé de combattre les monstrueux systèmes des socialistes et des communistes. Notre autre Encyclique Arcanum, Nous a permis de mettre en lumière et de défendre la notion véritable et authentique de la société domestique dont le mariage est l'origine et la source. Dans l'Encyclique Diuturnunh Nous avons fait connaître, d'après les principes de la sagesse chrétienne, l'essence du pouvoir politique et montré ses admirables harmonies avec l'ordre naturel, aussi bien qu'avec le salut des peuples et des princes.

Aujourd'hui, à l'exemple de Nos Prédécesseurs, Nous avons résolu de fixer directement Notre attention sur la société maçonnique, sur l'ensemble de sa doctrine, sur ses projets, ses sentiments et ses actes traditionnels, afin de mettre en une plus éclatante évidence sa puissance pour le mal. et d'arrêter dans tes progrès la contagion de ce funeste fléau.

Il existe dans le inonde un certain nombre de sectes qui, bietî qu'elles diffèrent les unes des autres par le nom, les rites, la forme l'origine, se ressemblent et sont d'accord entre elles par l'analogie du but et des principes essentiels. En fait, elles sont identiques à la franc-maçonnerie, qui est pour tontes les autres comme le point central d'où elles procèdent et où elles aboutissent. Et quoique à présent elles aient l'apparence de ne pas aimer à demeurer cachées; quoiqu'elles tiennent des réunions en plein jour et sous les yeux de tous; quoiqu'elles publient leurs jonrnaux, toutefois, si l'on va au fond des choses, on voit bien qu'elles appartiennent à la famille des sociétés clandestines et qu'elles en gardent les allures. Il y a, en effet, chez elles des espèces de mystères que leur constitution interdit avec le plus grand soin de divulguer non seulement aux personnes du dehors, mais même à bon noi bre de leurs adeptes. A cette catégorie appartiennent les conseil* intimes et suprêmes, les nom» des chefs principaux, certaine» réunions plus occultes et intérieures ; de même encore les décisions prises, avec les moyens et les agents d'exécution. A cette loi du secret concourent merveilleusement la division faite mitre lei associés des droits, des offices et des charges, la distinction hié-

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