DÉMONSTRATION PLUS COMPLÈTE DE LA REGLE DE LA FOI CATHOLIQUE
Sachez comment vous devez vous conduire dans la maison de Dieu qui est l'Église du Dieu vivant et la colonne et le soutien de la ve'rite'. (Saint Paul, e'p. I, à Timothee. )
Le Christ, pour l'accomplissement de l'œuvre qu'il avait entreprise, ordonna à ses apôtres de prêcher l'Évangile à toutes les nations et d'enseigner ses préceptes; leur promettant d'être, avec eux et tous ceux qui leur succéderaient dans ce ministère, jusqu'à la consommation des siè-
clés. Celte promesse , rapprochée d'autres passages des saintes Écritures, ne laisse aucun doute sur la garantie donnée par Dieu du maintien éternel de la vérité dans l'Église du Christ.
Parmi les titres de la foi catholique , ceux-là surtout ont fixé mon attention où l'on retrouvait ce même gage de l'intervention divine pour empêcher l'Église de tomber dans l'erreur. Or là est la plus grande preuve de la vérité de notre règle de foi; loin d'avoir épuisé cette matière, combien n'aurais-je pas à dire encore ?
Je pourrais parler de toutes ces reco'mmandations faites par le Sauveur aux apôtres lorsqu'il leur confie son troupeau, lorsque, sous tant de symboles , il leur donne les clefs de son royaume, leur prescrivant de lier et de délier. Ce principe d'autorité, il est remarquable qu'il ne forme pas seulement la base de la foi chrétienne, mais que, de degré en degré, dans l'ensemble comme dans les détails, on retrouve la même loi d'obéissance ; de sorte que la résistance ne peut se montrer quelque part sans rencontrer la répression particulière appropriée, pour ainsi dire, à cette résistance (1).
Ce qu'il faut surtout remarquer, ce sont ces
[ (î)Matlh., XVIII, n-io.
passages importants où la suprême juridiction est donnée à un seul : delà, en effet, émane toute l'autorité de l'Église; mais, plus tard, nous traiterons cette question spéciale.
Maintenant, insistons sur les passages où le Christ fait part de son pouvoir aux apôtres , lorsqu'il leur dit que, de même que son père l'a envoyé, il les envoie (1), et encore : « Celui qui vous écoutera m'écoutera, et celui qui vous méprisera me méprisera (2). » On ne peut douter que les apôtres ne comprissent que le Christ avait reçu de Dieu le pouvoir d'enseigner ses doctrines etd'en imposer la croyance; et ce pouvoir émanait également, à leurs yeux, de sa divine nature : aussi > quand nous le voyons les nommer ses vicaires sur la terre, en leur confiant le dépôt des vérités célestes, quand nous l'entendons s'exprimer en de tels termes sur la mission qu'il leur donne de prêcher et d'enseigner, nous ne pouvons nous empêcher de sentir qu'ils ont dû se croire autorisés , en effet, à instruire l'humanité, à la soumettre à leurs décisions , et à exiger l'hommage de la raison individuelle.
Comment donc ont procédé les apôtres? Sur