‹ Conferences sur les litanies de la très-sainte viergeChapitre 96 sur 125 · ORDRE DES RELIGIEUSES DE L'ANNONCIATION DE LA TRÈS-SAINTE VIERGE · texte numérisé non relu

ORDRE DES RELIGIEUSES DE L'ANNONCIATION DE LA TRÈS-SAINTE VIERGE

Cet Ordre a été institué par sainte Jeanne, fille de Louis XI, sœur de Charles VIÏT, et épouse de Louis XII, rois de France, l’an du Seigneur 1504. Cette Sainte, très-illustre par son héroïsme et célèbre par sa sainteté, se consacra entièrement à la sainte Vierge, Mère de Dieu. C’est pourquoi, devenue veuve, elle vécut chastement, s’adonna à la contemplation des choses divines et fonda cet Ordre en l'honneur de la sainte Vierge.

CONGRÉGATION DES SŒURS SOUS LE TITRE DE LA VISITATION DE LA TRÈS-SAINTE VIERGE MARIE.

Elle doit son institution à saint François de Sales, évêque de Genève., L'institut de cette congrégation est d'autant plus précieux qu’il a pour but de visiter et de secourir les malades, tant les hommes que les femmes , mais celies-ci plus particulièrement, et de prévoir ‘en outre tout ce qui est nécessaire tant au salut de leur âme qu'à celui de leur corps 1.

LES CLERCS DE LA CONGRÉGATION DE LA MÈRE DE DIEU. Le fondateur de la Congrégation .des Cleres de la Mère de Dieu, d’abord érigée à Lucques, sous le titre de Congrégation des Clercs séculiers de la très-sainte Vierge, fut le Père jean Léonard,

4 Voir la Vie de sainte Chantal, par M. Bougaud, pour l'explication du changement survenu dans le but de cet Ordre. (Note du Traducteur.)

natif du diocèse de Lucques, sous le pape Grégoire XIII, l’an de Notre-Seigneur 1574. Il eut pour premiers disciples et compagnons trois gentilshommes de cette ville (Lucques). Le pape Clément VIII approuva le but de cette congrégation, la reçut sous la protection du Siége apostolique, l’affranchit de la juridiction ordinaire des évêques, et lui accorda différents priviléges, des indults et autres faveurs, comme l’indiquent plus en détail ses constitutions expédiées le 13 octobre 1595. Ensuite, le cardinal César Baronius, d’heureuse mémoire, protecteur de cette même congrégation, avec l'autorité que lui en avait donné de vive voix le même Clément VIII, approuva et confirma, après les avoir examinées par un ordre du même Pontife, les constitutions de cette congrégation, rédigées par le Père Jean Léonard lui-même. Cela conste d’après la lettre datée du 10 juin 1604, écrite de la main du cardinal lui-même et revêtue de son sceau. Paul V confia aux clercs de cette congrégation la direction des écoles chrétiennes de la ville, et donna en outre à leur congrégation le nom de Congrégation de la Mère-de-Dieu, comme on le voit dans son 81° décret, commençant par ces mots: fnter pastorales, du 14 janvier 1614. Dans la suite, de concert avec la Sacrée-Congrégation interprète du Concile de Trente, le même Paul V accorda à tous les clercs en général et à chacun en particulier, de cette congrégation, d'émettre, outre les trois vœux simples de chasteté, d’obéissance et de persévérance, qu'ils émettaient déjà en vertu d’une lettre de Clément VIII, le vœu simple aussi de pauvreté, comme l'indique une lettre en forme de bref, en date du 30 juillet 16145. De plus, laissant toute leur vigueur aux décrets émanés et confirmés du Saint-Siége, et aux autres priviléges qu’il leur avait accordés, il concéda aux supérieurs de cette congrégation le pouvoir de varier, de changer ou de détruire même tout ce qui, dans ces décrets, pouvait être contraire au vœu de pauvreté, et d'établir tout ce qui pouvait lui être favorable, comme on peut le voir dans une autre lettre en forme de bref, datée du 14 août 1619. Enfin, Grégoire XV, de concert avec la Sacrée-Congrégation des cardinaux chargés de négocier les affaires des évêques et des religieux réguliers, l’éleva au rang des religions des trois vœux solennels. Ceci est prononcé par sa lettre en forme de bref, en date du 3 novembre 1624.

LES CLERCS PAUVRES DE LA CONGRÉGATION DE LA MÈRE DE DIEU DES ÉCOLES PIES.

La Congrégation des Clercs pauvres de la Mère de Dieu des écoles pies fut érigée avec l’autorisation de Clément VIIT, par Joseph Calasanz, auparavant de la Congrégation de la Mère-de-Dieu, du royaume d'Aragon, et confirmée par Paul V, comme onle voit pleinement dans sa lettre en forme de bref, datée du 4 janvier 1614. Cette congrégation ne devait avoir pour sa direction qu’un seul préfet, ses membres, engagés par les trois vœux simples de pauvreté, savoir : de chasteté et d’obéissance, gratuitement et sans aucun émolument, ni récompense, ni salaire, ni honoraire, doivent instruire les enfants sur les premiers éléments, sur la grammaire et Le calcul, leur inculquer des mœurs bonnes et pieuses, et enfin les élever chrétiennement et leur inspirer l’amour du travail et de l’étude, de telle sorte que, dans la suite, cette congrégation, création de Paul V, mérita le titre de Congrégation des Pauvres de la Mère de Dieu des écoles pies. Plus tard, Grégoire XV, par son décret 14 commençant ainsi : În suprema, en date du 48 novembre 1621, approuva cette congrégaion et la classa parmi celles qui sont consacrées par les trois vœux solennels. Le même Grégoire XV, en vertu de sa constitution 14, commençant par ces mots : Ad uberes, du 15 octobre, l’an du Seigneur 1622, lui accorda le privilége de toutes les exemptions, les indults et toutes les faveurs dont jouissent tous les Ordres mendiants.

Il y a aussi, je pense, d’autres Ordres ou congrégations d'hommes et de femmes sous le titre de la glorieuse Mère de Dieu, dans l’Église militante de Dieu; qu’il nous suffise de les avoir énumérés, afin que, par leur exemple, nous nous retrempions dans la piété, dans une plus grande dévotion et un profond respect pour cette Vierge, et que nous nous dévouions à elie plus particulièrement. Ainsi soit-il.

D£Es ORDRES MILITAIRES COXBAYTANT SOUS LE VOCABLE DE MARIE, Mère DE Div.

Sommaire. — 1, Avant-propos. — 2. Chevaliers de Notre-Dame de l'Étoile. — 8. Ordre teutonique. — 4. Chevaliers de lAnnonciade, — 5, Chevaliers de Noti> Dame du Chardon. — 6. Chevaliers de la glorieuse Vierge Marie. — 7. Cher: liers de l’Immaculée-Conception. — 8. Chevaliers de Calatrava.— 9, Chevaliers du Mont-Carmel.

I. — De même qu’on repousse victorieusement les ennemis invisibles de l’Église militante par les armes spirituelles de la justice évangélique, de même aussi avec des armes sensibles on repousse les adversaires visibles de la foi catholique, par exemple, les nations barbares qui, privées de la lumière surnaturelle de la foi, ennemies du nom chrétien, s’efforcent de les détruire, et on les chasse comme des lions féroces ou comme des loups ravisseurs, loin de la bergerie du Christ. Le but que l’Église catholique se propose en maintenant les Ordres militaires et en les comblant de grâces nombreuses, de faveurs et de priviléges, est qu’en toute occasion et toute nécessité ils combattent par terre et par mer contre les infidèles, contre les ennemis de la foi catholique et de la sainte Église romaine.

Beaucoup d’entre ces Ordres militaires sont placés sous le titre de la Mère de Dieu. Marie étant le secours, le guide, et la patronne de tous les Chrétiens, mais plus spécialement de ceux qui combattent pour la foi chrétienne contre les infidèles, îls ont voulu qu’elle fût la protectrice de leur institut, que leur société fût honorée de son‘titre très-glorieux; ils demandèrent cette faveur à l’Église qui la leur accorda. Le principal de ces Ordres, comme étant le plus ancien, est

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