‹ Confession et ... communion [microforme]Chapitre 12 sur 18 · DIFFICULTÉS DK QUELQUES BONS CHRÉTIENS · texte numérisé non relu

DIFFICULTÉS DK QUELQUES BONS CHRÉTIENS

J° Je souhaite de vivre en bon chrétien-- Combien de fois me faudra-t il cammunier par année ou par mois ?

Quand JÉsus parcourait la Judée, enseignant aux peuples les vérités du salut, guérissant les malades, pardonnant les pécheurs, si, désireux, vous aussi, de devenir disciple de l’Homme-Dieu, et de suivre la vie nouvelle, vous eussiez demandé : ‘‘ Combien de visites aurai-je à lui faire pour cela ?

-On vous eût répondu : ‘‘ Mais allez trouver le Maître le ‘‘ plus souvent possible. Vous avez des habitudes mau- ‘{yaises...... vous voulez vous réformer, allez à Celui qui

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#“ guérit 1 Âme et la fortifie dans le bien : plus souvent vous ‘ le visiterez, mieux vous vous en trouverez.’ |

Pourquoi donc ne pas le comprendre? J#sus dans la Communion est le même Sauveur qui appelait jadis les Juifs, et qui nous appelle aujourd’hui pour nous rendre les mêmes services.

C'est toujours l'erreur que signalait Mgr de Ségur. Nous considérons la communion comme une récompense de la sainteté et non pas mme le grand moyen d'acquérir cette sainteté.

Ecoutez les enseignements de l'Eglise : ‘‘ Que les fidèles ‘“ sachent bien qu’il faut communier souvent. ‘‘......Les cu- ‘{ rés n’oublieront donc pas de citer les autorités des saints ‘“’Pères qui recommandent instamment Z communion ia

LA. Mist

ss Serait-il mieux de communier tous les mois ou ‘ toutes les semaines ou tous les jours? On ne peut pres- ‘ crire à ce sujet une règle fixe et uniforme pour vous. :# Cependant, voici la règle très sûre donnée par saint ‘" Augustin : Vivez de telle sorte que vous puissiez commu- ‘* nier chaque jour.”’ (Catéch. Rom., de la Comm., n. 46.)

2° Précisez davantage. ] habite la ville, je puis: facilement communier, Si je le VEUX... Que me conseillez-vous ?

Je vous conseille d’abord de communier fous les mois, pour éviter les péchés mortels, ou pour ne pas les laisser prendre racine en vous.

Ensuite je vous cébesités de communier fous les huit jours, | si vous voulez faire des progrès plus rapides dans la vertu

et lutter plus efficacement contre vos défauts.

‘Enfin je vous conseille de commnnier plusieurs fois la

schaïine, ou même fous les jours, si vous désirez gagner dé tombreux mérites et vous mettre dans l'heureuse situation

mm ca

des apôtres qui, tous les jours, recevaient les leçons de JÉsus et s’appliquaient à conformer leur conduite à la sienne,

Du reste, voici une règle simple et sûre, pour communier plus souvent que tous les huit jours: manifestez à votre confesseur le désir que vons en avez et communiez aussi souvent qu’il vous le permettra. ‘‘ C’est à lui d’en juger d’après votre pureté de conscience et le fruit de vos communions fréquentes.” (Innocent XI, décret de 1679, n. 3.)

I1° Communier tous les mois !...… mais y. songez vous ? moi qui tombe souvent dans des fautes graves !..……

C'est là précisément la raison qui devrait vous décider à communier souvent, au moins tous les mois.

Quand on veut vivre en chrétien, la première chose À faire n’est-elle pas de se débarrasser de ses habitudes mauvaises, de l’impureté, de l’ivrognerie, du blasphème, de l’injustice; etc....? Mais vous imaginez-vous pouvoir y.réussir seul, grâce uniquement à l'énergie de votre résolution et aux efforts de votre volonté? Le prétendre, ce serait ressembler à un enfant qui s’obstinerait à vouloir terrasser un géant... Non, détrompez-vous, il vous faut la force d un Dieu pour réussir dans votre entreprise.

Enfin, vouloir attendre pour se confesser et pour nmunier que l’on ait dompté ses habitudes mauvaises, serait agir comme un malade qui ne voudrait voir le méd cin qu’une fois la guérison en train de se faire.…...c

Vous tombez souvent dans des fautes graves: concluez donc à la nécessité de vous confesser souvent pour vous relever et ne pas laisser des habitudes dangereuses s’enraciner en vous et vous dominer complètement, Vous êtes

* faible : communiez souvent afin-d’être fortifié par votre ami . et Père Notre-Selgneur ed

IHI° Je communie souvent, mais je n’en eur pes mieux

pour cela.

En êtes-vous bien sûr et votre conduite est-elle devenue

Ne

pire depuis que vous communiez souvent ? Commetter-vous plus de péchés? Non, n'est-ce pas? Si le nombre de vos fautes n’a pas diminué, il n’a pas augmenté non plus. - Eh bien ! même en face d’un résultat qui vous semble si

| peu satisfaisant, vous avez lieu de vous efñcourager et de

vous réjouir. Les passions de l'âme, en effet, sont comme les maladies du corps ; elles ne restent pas stationnaires ; dès que le progrès du mal s'arrête, la convalescence com:

mence, Or, la convalescénce, c’est l'acheminenient Léa ri

tmoins rapide vers une guérison complète.

Continuez donc à vous confesser et à communier souvent; avec des dispositions smarsarus-s vous sarer certainement

par triompher.

: # Confession et communion, dit s. Alphonse de Liguori, ‘ voilà la source de tous les biens. C'est ce qui abat les

‘4 passions et ce qui fortifie contre lés assauts de l'ennemi ‘“ du salut. Sans les sacrements, l’on va de chute en

‘“ chute....”’ Par contre, avec les sacrements, on s'élève peu à peu, de degré en degré, jusqu” à la sainteté la plus par faite selon sa fidélité à la grâce.

Les arbres au printemps mettent plus « ot olus de demo

à se couvrir de feuilles et de fleurs, selon leur nature et la

qualité du sol où ils ont poussé ; mais tous finissent pour-

tant par se parer de ces ornements, pourvu qu’ils DrEoRrent les. rayons bienfaisants du soleil. .

“Iv° Paie commiez souvent. PTE : Quel saint Rire vous :

devez étre!

Mais pas du tout. - ‘ “h e ne me craie nuilaient un saint homme, loin de là ; mais, par exemple, : je veux travailler à le devenir, et voilà tout le secret de ma conduite. .. . .

- Je suis un en: je vais voir souvent le médecin Li

guérit.

. Je suis un is faible pour le bien, très RTE au oil: résistent avec peine aux tentations qui se trouvent sur mon chemin, et je demande à mon Père force et protection pour

en triompher. Je souhaite de devenir un saint et je m’approche souvent du Maître de la sainteté pour recevoir ses leçons et les mettre peu à peu en pratique.

N'’agissons-nous pas de la sorte dans les relations ordinaires de la vie? L’apprenti ne demande-t-il pas à son mattre de le corriger, de l’instruire, de lui apprendre les secrets du métier? Le malade ne réclame-t-il pas plusieurs fois par semaine ia visite et les conseils du médecin? L/enfant ne demande-t-il pas avec confiance à son père les secours dont il a besoin, l'explication des difficultés qui se présentent à sa jeune expérience ? ... Craint-il d’être importun et de voir ses demandes rejetées avec humeur ?

Pourquoi donc ne pas agir ainsi avec Notre-Seigneur qui est vraiment un père pour nous? Pourquoi avoir si peur de nous approcher de lui dans la Communion ? Pourquoi oublier la mission qu’il s’est donnée dans ce sacremeut d’amour ?

. V° Communier tous les huit jours ! mais je commets chaque jour tant de fautes vénielles… d'impatiences — de manque de charité, etc.

Ecoutez ce que saint François de Sales répond à cette objection :

Si l’on tombe plusieurs fois dans des fautes vénielles, il ‘me faut pas pour autant, s'éloigner de la sainte table, ‘ pourvu que l’on s’en repente, parce que, comme dit saint ‘* Hilaire, si les fautes ne sont pas mortelles, l’on ne doit * pas se priver du remède du corps du Sauveur qui sert de ‘* remède à ces sortes de péchés.”

Puis saint François de Sales ajoute daus son style charmant :

. La fête de la purification n’a pas d'éaré Il faut que *{ nous ayôns deux égales résolutions : l’une, de voir croître ‘* de mauvaises herbes en notre jardin, et l’autre d’avoir le

“courage de les voir arracher et de les arracher nous- ‘“ mêmes.” (St-Franç, de Sales. Entr. me

Pourvu que vous soyez décidé à faire des efforts pour vous corriger peu à peu de ces péchés véniels, vous avez les dispositions requises pour communier souvent,

‘ Il n’est personne, dit Benoit XIV, à qui la communion mensuelle ne puisse être conseillée, et il est peu d'âmes à qui la communion hebdomadaire doive être refusée .’’ |

‘{ J'exhorte à communier tous les dimanches quiconque n’a pas la conscience souillée de péché mortel.” (S. Antonin. Cf. Mgr de Ségur, p. 46.)

VI° Je n'ose pas communier souvent... Je craindrais de scandatiser mon entourage par mes imperfections quotidiennes,

Communier souvent et rester toujours aussi impatient, aussi susceptible au plus léger manque d’égard, aussi disposé à critiquer le prochain, serait, il est vrai, peu édifiant pour votre entourage. Mais, si l’on remarque en vous des efforts sérieux pour dompter les défauts de votre tempérament, on dira : ‘‘ Cet homme veut à tout prix réformer sa ‘“ vie. Ilest encore bien imparfait, j'en conviens, mais il ‘“ lutte contre ses mauvais penchants..….… Déjà on aperçoit ‘“ un heureux changement dans son caractère...’

T'els sont, en effet, les résultats que la communion doit produire en nous : pratique des vertus chrétiennes, surveillance de l’humeur, correction des défauts, surtout de ceux qui sont plus remarqués et plus critiqués par notre entourage.

Plus que tout autre, la mère: de famille qui communie souvent doit s'appliquer à cette réforme de la vie. La plupart du temps, l’excellence de la religion se personnifie pour l’homme et les enfants dans la conduite extérieure de la mère de famille, Ils l’entendent parler, ils la voient agir. Si ses paroles et ses actions sont embaumées du véritable esprit chrétien, cette douceur pénètre aussi dans leur propre

cœur, si mauvais qu'il soit ; ils en viennent peu à peu à

aimer des vertus qui sont si aimables et à les pratiquer. . Rien, au contraire, ne serait moins édifiant que de voir une femme qui communie souvent, se montrer toujours atissi

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emportée dans son humeur, aussi maussade dans ses paroles, aussi alerte à la critique, aussi prompte à donner des coups de dents à la réputation du prochain, aussi mondaine dans ses toilettes, aussi négligente de ses devoirs domestiques... Certes, elle était bien cruelle la réflexion qu'un homme du monde faisait à l’un de ses amis : ‘ Je vous en prie, ne ‘{ venez pas me voir demain, c’est jour de communion pour ‘4 ma femme, et ces jours-là, had est d’une Butsenr massa- ‘€ crante à la maison.”’

VII Alors mieux vaudrait ne pas communier si souvent. ou même ne pas communier du tout...

Non pas, car en vous éloignant de la communion, vous n’en deviendriez ni plus patiente, ni plus charitable, ni plus dévouée à votre famille... bien au contraire. Seulement faites des efforts plus sérieux pour vous corriger, montrez plus de bonne volonté, surveillez er votre humeur et Notre-Seigneur fera le reste.

Dans uu article très bien fait et très drsstaet sut la communion fréquente, publié par lAmi du Oterge (No 26, 1er JHnitet 1897) ou lit ce qui suit :

Supposons, par exemple, une personne très colère. ‘ Elle a beau prendre des résolutions à chaque confession ; ‘ cela ne l’empêchera pas de retomber dans son péché à ‘€ chaque oscasion difficile, Faut-il pour cela lui retrancher ‘{ Ja communion ? — Quelquefois oui, peut-être, mais ‘habi- ‘{ tuellement, non : car alors qu'est-ce qui l’excitera à se “surveiller davantage, si même la communion n’y réussit ‘pas? Et qu'est ce qui lui en donnera la forcé, si mêtie ‘la communion ne la lui donne pas ? Et puis, qui sait comi- ‘ bieu de fautes de ce genre la communion à pu prévenir, ‘sans cependant les avoir prévenues toutes? On connait ‘la réponse du célèbre capitaine Marceau, à ceux qui

"€ 8 étounalent qu'il fût encore si colère, quoiqu'il commu

“miât tous les jours. —‘{ Ah ! vous ne me connaissez pas. “Si ‘je ne me reténais pas, je vous’ jétterais tous par dessus

RÉPON3HS À QUELQUES D1FFICULTÉS 63

‘{ bord’’.., Pour ces âmes donc, bien que la communion ‘{ n'empêche pas toutes les fautes, elle en empêche cepen- ‘ dant beaucoup ; et si on la retranchait, elles n’auraient ‘ plus ni la volonté, ni la force de se corriger.’

L'auteur ajoute à ces réflexions quelques couxeils fort sages: :

‘4 Ces personnes, dit-il, répareront les scandales qu’elles ‘“ auront donnés, en demandant toujours hvizblement ‘© pardon à ceux qu’elles ont scandalisés, sans chercher à se ‘ justifier, ni même à s’excuser ; ce en quoi beaucoup ‘ d’entre elles pèchent : elles avoueront qu’elles ont eu ‘ tort, elles plaideront seulement pour qu’on ne leur prête ‘{ pas une intention coupable qu’elles n'avaient pas. Mais ‘“ sl elles ont offensé quelqu’ un, elles ne craindront pas de ‘ s’humilier devant lui, de lui faire des excuses, de lui

‘{ faire oublier la peine qu’elles lui ont causée. Si elles font

‘‘ cela, avant d’aller communier de nouveau, personne ne ‘ se scandalisera de les voir approcher de la sainte Table.”’

VIII° /e communie souvent, mais je ne ressens aucune dévolion sensible dans mes communions.

Notre Seigneur ne nous a pas promis de la dévotion sensible, comme fruit de nos communions, mais bien des consolations solides et des grâces abondantes pour notre âme.

Que faut-il entendre par ces mots : Consolations solides ?

Ecoutez saint Ignace de Loyola ‘‘ J'appelle consolation, ‘“ dit-il, tout ce qui nous porte à aimer Notre Créateur et ‘ Seigneur, tout ce qui augmente la foi, l’espérance et ‘# l'amour, tout ce qui élève l’homme vers les choses céles- ‘{ tes et l’excite à travailler à son salut, en pacifiant son ‘! Ame, dans son Créateur et Seigneur.” (Æxerc. Spirit.,

… Discernement des esprits.)

Or, la communion, même faite sans dévotion sensible, nous procure tous ces avantages.

Elle augmente en nous l1 vie divine, en augmentant Îcs

mme pee

vertus de foi, d'espérance et de charité dont elle nous fait pratiquer des actes excellents.

Elle nous donne plus de force pour le bien, plus d'énergie pour repousser les tentations, voilà le vrai et solide goût des choses célestes. |

Chaque communion nous assure des grâces spéciales qui üous seront données au temps où nous en aurons besoin. C’est pour ainsi dire un billet promissoire signé par Notre- Seigneur. Il nous en paiera fidèlement la valeur quand l'heure de la tentation viendra. Nous résisterons alors et nous triompherons, grâce à nos communions précédentes.

Toutes ces opérations se feront en nous par le fait seul que nous recevons Jésus avec bonne volonté en notre âme, parce que, selon le langage de l'Eglise, le sacrement de l’Kucharistie opère par sa vertu propre et spéciale. Ainsi le soleil éclaire, réchauffe et ‘ivifie tout ce qui tombe sous ses rayons bienfaisants.

Enfin comptez-vous donc pour rien les actes nombreux de diverses vertus que nécessairement la communion vous fait accomplir : des actes de foi, d’humilité, de repentir, de confiance, d'amour de Dieu, de reconnaissance pour ses bienfaits? Enumérez-les si vous le pouvez, et dites-moi quelle riche moisson de mérites l’ange gardien recueille pour vous

à chaque communion et le dépose avec soin dans votre tré-

sor éternel.

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