‹ Confession et ... communion [microforme]Chapitre 9 sur 18 · TRE · texte numérisé non relu

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invitations ; vous ne reprochiez pas à ces hommes l’indignité de leur vie, vous vous rendiez au contraire avec empressement chez ces pécheurs, vous preniez part à leurs festins, et vous guérissiez leurs malades. À ceux qui s’étonnaient æ une pareille conduite, vous répondiez simplement : ‘‘ Je ‘ suis venu, non pas pour les justes, mais pour les pécheurs.… “Les malades, et non ceux qui se portent: bien, ont besoin ‘‘ du médecin.’’ Ha Ainsi le Sauveur prenait les hommes tels qu’ils étaient :

orgueïlleux, voleurs, blasphémateurs, impudiques, afin de

les délivrer de ces passions et de leur faire prendreles mœurs et les habitudes d’une vie nouvelle et sainte.

Telle est aussi la mission qu’il se propose dans la sainte communion. Il nous appelle d’une voix pleine de bonté : ‘{’Venez à moi, vous qui êtes fatigués, vous qui avez de la ‘{ peine, je vous soulagerai.’’

Allons donc à lui, tels que nous sommes avec nos misères

-et nos fautes. Plus grandes sont nos fautes, plus nous avons

besoin de Celui qui pardonne, Plus fortes sont nos passions et nos habitudes mauvaises, plus souvent aussi ils nous faut recourir à la charité du médecin qui guérit. Plus profonde enfin est notre ignorance, plus nous devons entendre les leçons du Maître de la sainteté.

JÉSUS ne fait aucune distinction entre les hommes, il les” appelle tous à lui, mais, selon la belle remarque de Bossuet, #{ les plus malheureux, sont les plus appelés.”

Mgr de Ségur avait donc bien raison de dire : ‘‘ Let com- ‘! munion n’est pas une récompense de la sainteté acquise, ‘! mais "n moyen d'arriver à la sainteté, en conservant Je ‘ grâce ct en l’augmentant.’?

Aux hommes qui, répondant à son appel, sinon le recevoir souvent dans la communion, JÉsus ne demande qu’une seule chose : un bon cœur, c’est-à-dire la volonté de mieux faire et de régler leur vie selon ses conseils et ses enseignements. Avec cette disposition, il est sûr d'opérer la transformation de l’homme même le nés entoncé. dans le mal et

d'en faire uv saint.

XVIII Pour communier souvent, il faudrait aussi me confesser souvent... el cela me coûte trop.

Ah ! voilà donc enfin la raison secrète et véritable qui empêche nombre d'hommes de communier souvent... Il faudrait se confesser et la confession est trop pénible ; on la diffère le plus possible. La confession, en effet, n’a rien de bien attrayant pour l’homme, puisqu'elle est un aveu de faiblesse et de culpabilité qui humilie toujours l’amourpropre. Mais enfin, il nous faut bien, ‘’accepter, bon gré mal gré, puisqu'elle est la condition indispensable du pardon, le seul moyen efficace de nous corriger d’ habitudes mauvaises,

Du reste, permettez moi de vous le dire, il y a encore une

autre raison plus secrète et moins avouable qui éloigne bien des personnes du sacrement de Pénitence. La voici : . La confession fréquente, c’est la lutte en permanence contre les mauvais penchants de notre nature. Or, nous aimons à nous ménager des accommodements avec notre conscience, À nous accorder des trèves avec le devoir, afin d’avoir pour un temps, du moins, nos coudées franches.

La confession, c’est la surveillance des opérations de notre âme ; or, nous ne sommes pas fâchés de nous soustraire à un contrôle aussi fatigant.

Sans trop vouloir l'avouer, voici le raisonnement secret rarement, ‘‘ Si j’ allais à confesse souvent, ii me faudrait ‘ réformer mes habitudes de j jeu et de boisson. .. surveiller

‘mon humeur... m'occuper davantage de ma maison et

‘* de mes enfants... SI j allais à confesse souvent, je devrais ‘* quitter plusieurs de mes habitudes mondaines. .. ne plus * aller souvent aüx soirées et au théâtre... Je ne pourrais

4, - EUR entretenir avec telle et telle personne des relations

* qui me sont agréables. .. de ‘La pie alors me semblerait trop ‘austère, trop sombre,

‘# Au contraire, èn ne me ‘Confessant eten ne communiant

‘‘ qu’une ou deux fois dans l’année, j'échappe à cette con-

“‘ trainte si pénible. ...,. Dans l’intervalis de mes confes- ‘* sions, je vis à ma fantaisie, quitte à accuser mes fautes ‘{ quand le temps de Pâques sera venu. ..... !

Mais y avez-vous jamais réfléchi sérieusement? Qriels seront pour voire âme les résultats d’une pareille con iuite ? N'est-ce pas là envisager la confession et la communion p::cale comme une sorte de formalité, qu’un honnête homme doit accomplir par convenance, au temps prescrit, pour avoir la paix dans sa famille, maïs pas du tout comme ure condition nécessaire à la vie chrétienne ? ‘‘ Je suis un catholique ‘“ pratiquant, je fais mes Pâques...’ Et là dessus vous vous croyez parfaitement en règle avec Dieu et votre conscience ?

‘“ Je faismes Pâques. C’est très bien, mais si vous prêtiez l’oreille à la voix de votre conscience, elle vous dirait : ‘‘ Aux environs de Pâques, il y a eu, il est vrai, quelques

““efforts pour prier et pour résister aux tentations dange-

‘{ reuses.…… quelque bonne volonté pour être un peu plus

- “{ chrétien que de coutume... Mais, après les Pâques tu as

‘“ presqu’aussitôt repris les vieilles allures d'autrefois et les ‘ mêmes habitudes... la même vie large et abandonnée au ‘‘ caprice, sans souci de la loi de Dieu et des devoirs d’un ‘* chrétien... mêmes habitudes de blasplhèmes et d’intem- ‘“ pérance, mêmes fautes d’'impureté, même négligence pour ‘{ la prière et la messe du dimanche................... sé patens 4

Au jour où il sera rendu à chacun selon ses œuvres, Dieu trouvera-t-il assez grande la part que vous lui faites dans votre vie? Pourra-t-il, au nom des bonnes œuvres accomplies, vous donner une place dans son Paradis ?

L'important n’est pas de faire ses Pâques, mais de les bien faire. Mieux vaudrait pour vous ne pas communier, si vous n'êtes pas sérieusement décidé à changer de vie et à employer les moyens que le confesseur vous indiquera pour corriger vos habitudes mauvaises. Or, parmi ces moyens, se trouvent la confession et la communion fréquentes,

Ne cessons point de le redire.

Un homme ne saurait devenir un saint s’il ne prend souvent les leçons de Notre-Seigneur, s’il ne compare, dans la confession, son âme à la sienne, ses mœurs aux mœurs de

Jésus. Il ne saurait triompher de ses passions et des ten-

tations du démnn, s’il ne cherche pas la force divine dans les sacrements,

XIx° Me confesser souvent... Je n'en ai pas le temps.

* Eh quoi! Vous n’avez pas le temps de donner tous les mois, toutes les semaines une demi-heure à l'affaire de votre salut !

: Vous n’avez pas le temps d’arracher votre due au démon à qui vous l’avez livrée par des péchés mortels !

Vous n’avez pas le temps d'aller faire casser par la miséricorde divine la sentence de condamnation à l’enfer que la justice de Dieu a portée contre vous |

Vous n’avez pas le temps de recevoir les grâces que J fsus

vous réserve pour dompter vos passions et vous maintenir

dans le chemin qui mène au ciel | - Reconnaïssez-le donc franchement : pareille excuse est tout simplement une nouvelle insulte faite à la bonté pa-

tiente de votre Sauveur? C’est un mépris dédaigneux de l'invitation qu’il vous adresse, du fond de son tabernacle,

un refus des secours qu’il vous offre, une coupable indiffé-

rence pour le bonheur du Paradis qu’il voudrait vous donner,

.I1 vous répète les touchantes paroles qu’il disait aux

] Juifs : ‘{ Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués, vous qui

‘ portez de pesants fardeaux, je vous soulagerai.”’ Mais comme autrefois les habitants de Bethsaïda et de Corozaïn, vous tournez le dos à JÉsus, et vous lui répondez

ironiquement que vous n’avez pas le temps de vous occuper

de lui, ni du salut de votre âme.

Rappelez-vous la pénible malédiction du Suiveur contre ces villes nonchalantes et coupables :

"4 Malheur à toi, Corozaïn, malheur à toi Bethsaïda | Si

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