‹ Confidences d'un prestidigitateurChapitre 26 sur 36 · LE CARTON DE ROBERT-HOUDIN · texte numérisé non relu

LE CARTON DE ROBERT-HOUDIN

La plus simple des lois naturelles veut que le contenant soit plus grand que le contenu ; ici c'est tout le contraire. On peut donc appeler ce tour une impossibilité réalise.

En effet, j'apportais sous mon bras un carton à dessin qui n'avait pas plus d'un centimètre d'épaisseur et je le posais sur de légers tréteaux placés dans le plus complet isolement au milieu de la scène ; puis j'en retirais successivement :

1° Une collection de gravures ;

2° Deux charmants chapeaux de dame garnis de fleurs et de rubans, aussi frais que s'ils sortaient à l'instant même des mains de la modiste ;

3° Quatre tourterelles vivantes ;

&° Trois énormes casseroles en cuivre remplies, l'une de haricots, l’autre d’un feu ardent, et la troisième d’eau bouillante.

5° Une grande cage remplie d'oiseaux voltigeant de bâtons en bâtons (1).

6° Enfin, après que le carton avait été fermé une dernière fois, mon plus jeune fils, le héros de la suspension éthéréenne, soulevait le couvercle, montrait au public sa tête souriante et sortait aussi de cette étroite prison.

(1) Un de mes bons amis, M. Bouly, de Cambrai, avocat distingué, auteur de plusieurs ouvrages archéologiques très estimés, amateur passionné des arts en général et de l’escamotage en particulier, est l’auteur de ce tour ingénieux. La cage sortant du carton est entièrement de son invention. Les autres prestiges que j'ai ajoutés à cette expérience ne peuvent rien ôter au mérite de l’idée première.

> A = " @ ® — Le] me a e = = @o®

Page 1