LE VASE ENCHANTÉ
Ou le Génie des Roses.
Au commencement de cette petite scène, qui tenait dela féerie, on apercevait sur u: e table placée au milieu de ma scène, un vase étrusque orné de pierreries , d'un travail et d’un goût exquis. Il était surmonté de branches et de feuilles de rosier.
Je priais une dame de choisir une carte dans un jeu et de l'enfermer dans une petite boîte que je lui présentais. Aussitôt la carte sortait de la boîte, revenait entre mes mains et 5e trouvait remplacée par un charmant canari.
J'enfermais ce petit oiseau dans une cage.
— Mesdames, disais-je ensuite, ce serin est tellement obéissant, que lorsque je vais lui en donner l'ordre, il sortira à travers les barreaux de sa cage pour aller se percher sur le bouquet qui couronne ce vase. Afin de lui offrir une séduisante attraction, je vais faire pousser des fleurs sur ce feuillage.
J'étendais alors ma baguette sur le rosier et l'on voyaitapparaître de petits boutons qui grossissaient à vue d'œil, s’épa-
nouissaient insensiblement, et devenaient de magnifiques roses.
Ce prestige ne s'était pas plus tôt accompli, que le serin disparaissait de la cage et se montrait sur le sommet du rosier en gazouillant de toute la force de son gosier .
Là, selon le désir des spectateurs, il chantait tel air qu'on lui désignait. Lorsque chacun avait entendu le morceau de son choix, le musicien s'envolait, et ainsi qu'un acteur qui vient de jouer son rôle, il rentrait dans la coulisse.
Pour terminer cette charmante scène, le vase s’ouvrait en plusieurs parties, formait un élégant kiosque dans lequel un Indien exécutait, avec la plus rare perfection, sur une corde raide, des danses acrobatiques et des exercices de haute voltige.
Cette pièce a été représentée pour la première fois à mon théâtre, le 25 novembre 1850.