‹ Confins [par] Tristan ChoiseulChapitre 4 sur 16 · MATINS · texte numérisé non relu

MATINS

Matins de ta naissance du Monde qui se levttieni dans le rire vierge du paradis terrestre où, sur un lit de roses, Eve nae, endormie, bouche close, ignorait encore le baiser de l'homme...

Matins de la morsure première et de la connaissance, matin d'adieu à J'Eden parmi les éclairs vengeurs du glaive de la destinée...

Matins de la terre réaliste, aride,- sans poésie et sans fleurs...

Matins dressés comme des géants noirs, armés de janlx, sur la mort des choses et des êtres...

'Mutins, où préludant à la haine des hommêê, Çetïn te mit à haïr A bel...

Matins de l'histoire d'Asie, de Rome, d'Athènes, de France et d'Allemagne, matins de gloire et d'horreurs sanglantes où l'homme s'imagina créer le droit et la civilisation...

Matins des petits peuples dévoués an carnage pour Vassoiffemeni des fauves...

Malins de ma jeunesse où se répondaient de si multiples ivresses, . où j'avais le cœur bon, l'âme chantante, une sensibilité ivre des révélations d* la vie....

Matins où j'ai tenu des têtes mortes dans me§ bras...

Matin où je t'ai cherché, Rêve défunt, sans plus jamais te revoir et te saisir...

Matins de Paris eu Luxembourg illuminé du sourire des statues ; glorieux matins des Champs-Elysées où semblent, dans la gloire, revivre tout un peuple de déesses et dt dieux...

Matins de Milan dont on aurait voulu presser t'afe, avec les deux paumes, afin d'y capter le rire de la Joconde...

Matins d'or romains percés de flèches et de campaniles effilés, où s'endort le péché sous un cilice et dès violettes...

Mutins de Florence qui repose àuec sa ceinture de légers mamelons et de fins cyprès envolés...

Malins de Venise sur le grand canal oâ l'on croyait respirer le parfum de George Sund et entendre les cris de douleur de Musset...

Matins de Sorrentc où sur la mer romantique glissait le fantôme de Graziella...

Malins de Pompeï brandissant son éloquente volupté dans la mort des ruines...

Matins de peluche pourpre sur le golfe de Naples...

Tous les matins qui exaucèrent mes déiirs de poésie et d'enivrement...

Malins de la petite enfance heureuse, du premier désir et des baisers neufs, chers matins de mai, de juillet et de décembre, tombez à nouveau dan* mon souvenir...

Matins de l'illusion, de la foi et de l'espérance, ■de la paix dans le rêve doré, des maisons familiales, revenez avec vos muguets, vos lys et vos roses, bruire à mon oreitle, rapportez-moi la jeune ardeur de vos soleils.

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