Confiteor
J'aurai bientôt soixante-cing ans. Le Sort ma accordé plus que la moyenne de la longévité humaine. J'ai, très humble parcelle du Monde, été entrainé depuis 1836 dans le déroulement du prodigieux XIX* Siècle, le Plus extraordinaire apparemment depuis les temps historiques, ce que Si peu ont discerné parmi ceux qui y vécurent. Avec des milliers dètres je fus charrié à travers le Temps, subissant l'influence toute puissante de l'universelle Evolution, rouage tnfiine dans la Jnécanique Supérieure du Cosmos; poussé ct tyansforiné, simple épisode, par des causes et
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pour un but dont le mystère alla augmentant à mesure que Se prolongeatent le drame et son spectacle.
Pour moi, son acteur ef Son principal
ssistant, ma Vie s'est déroulée sans que, le plus souvent, je m'en sois rendu compte.
T'antôt j'y fus inattenhf, tantot je la trouvar incompréhensible.
Maintenant qu'elle s'achève et que, dans un avenir moins lointain et moins éblouri par les 1llusions et les espérances, j'en entrevois le lerine, je Commence à 1n1eux discerner ce quelle fut, Sinon dans Ses raisons dèfre, mnalgré tout fénébreuses, du moins dans la série des faits personnels qui en forméèrent la trame. Etje veux tenter d'en faire le récit.
Je me garderai pourtant, dans cette Confession, de m'occuper des faits anecdotiques en lesquels se concrétise inévitablement l'activité trop habituellement puéridle d'un homme à une époque où le tragique dans la commune exisfence a presque disparu. Ce n'est pas là ce qui anporte. Mon désir est plus ample, et digne,