‹ ConfiteorChapitre 78 sur 105 · VII. — LES ÉCRITS · texte numérisé non relu

VII. — LES ÉCRITS

ondulante, montante, descendante, variée comme un bracelet de pierres ou de monnaies sans autre identité que leur liaison, appelant des raccords que je pourrai maintenant établir.

Traversé par les forces dominatrices qui règlent la marche des choses, j'ai raconté leur action sur le théâtre minuscule de mon individualité. Je l'ai essayé consciemment dans ce-livre, comme; au cours demon existence, je l'avais essayé d'instinct par des rédactions partielles et accidentelles. Je ne suis pas httérateur dé métier. Je nai Jamais pensé à composer et à combiner des œuvres artificielles et imaginatives. Mais il m'est arrivé d'éprouver, avec une violence qui eut parfois Île caractère d’une nécessité physique, le besoin de faire sortir de mon intimité les phénomènes d'âme qui Sy manifestaient. Alors j'ai pris la plume, ou, plutôt, d’elle-mème la plume est venue à mes doigts. Chacun de mes écrits a été un morceau de moi-même projeté au dehors. Déjà le lecteur a pu le voir de ci,

de là, et spécialement quand j'ai parlé du Droit et de l'Amour.

Ceux que mes aveux successifs auront intéressés et qui désireront en savoir davantage, sinon par curiosité, du moins pour mieux se figurer ce que fut au cours du XIX® siècle, une âme d'homme dans notre pays, âme qui fut changeante en ses surfaces, mais, si je ne m'abuse, toujours la mème, en l'unité de ses directions foncières, n'ont qu'à reprendre ce que j'ai ainsi répandu au hasard des conjonctures. Là se trouve le commentaire anticipatif de Confiteor. Confiteor n'en est que la synthèse et le résumé.

D'année en année il est ainsi tombé de moi des écritures jalonnant ma route et marquant ses étapes comme des bornes miliaires aux inscriptions abondantes. Je laisse des « preuves par écrit > de ce qui sest passé en moi.

Oui, qu'il s'agisse de livres, d'articles, de discours, de prèches, de causeries aimables ou de discussions acerbes et stériles, la parole

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