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VII. — LES ÉCRITS

avions quatre abonnés et cette gazette avait quatre pages format de papier à lettres. Nous y donnions des nouvelles de la classe et timidement nous y caricaturions les professeurs.

Il y avait un roman-feuilleton et le dernier verso était illustré.

Pendant mes années de mer, un journal de voyage et des lettres arrivant en répercussions par-dessus les flots et les lointains. Ma. mére consérva tout.u]Je lesrai encore, tachés par le sel des eaux, tachés par lé sel du temps, plus corrosif, avec leurs vieilles adresses et leurs timbrages postaux surannés. Ah ! en quelle naïve fierté et quelles naïves espérances y transparaissait mon âme adolescente que je puis maintenant juger comme si elle était l'âme d’un autre |

À l'Université, rien: les examens, les terribles et vains examens, m'absorbent. Mais immédiatement après, dans la mélancolie des premiers Jours au Palais de justice, isolé et inquiet de l'avenir, j'écris, dans /4 Belgique Judiciaire, des articles, hardis sans que je le

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sache, sur le délaissement décourageant des Jeunes par les anciens du Barreau et par Îles magistrats. Car, en effet, qu'étais-je pour eux, moi et ceux qui débutaient en même temps que moi, commençants infimes et quelle niaiserie de nous croire dignes d'être remarqués!

Cela fit des rumeurs dans le Landerneau professionnel. J'avais signé CLaupius. Le style était jeunet et déclamatoire.

Le désir versificatoire(manque-t-1l jamais à cet âge?) me travailla et je rimai l'amour naissant et autre chose, suivant les règles les plus rigoureuses de la prosodie classique alors despotiquement régnante, quoique fussent si proches Jules Laforgue et son enfant le vers hbre dont d'autres aujourd'hui voudraient se faire attribuer la glorieuse paternité; j'en fis plus tard un essai dans la préface d'un livre de Yachting fluvial, charmant, d'un de mes confrères au Barreau, Hector Van Doorselaer.

Ces'vérsiculets de valeur variée mais 2b°0lument sincères comme croquis de mes

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premières aventurettes sentimentales, furent publiées une dizaine d'années après comme Curiosa, avec le titre Réveries d'un Stagiaire, à cinquante exemplaires seulement, aujourd'hui recherchés, très rares, par de tenaces et furetant bibliophiles.

À peine étais-je inscrit au Tableau des Avocats, que s'ouvrit la période de deux ans, durant laquelle vécut le journal Za Zaiberté, dont jai parlé dans « la Politique ». Alors pour la première fois ce furent les grandes eaux : articles sur la poussée progressiste, polémiques à coups de dent contre le Doctrinarisme,- articlès sur d'Art. articles.sur.le Droit, articles sur «les Questions ouvrières », sujet, à cette époque, presque extravagant en Belgique. Explosion de jeunes idées sur dé jeéunés sujets exprimés ‘en uné jéune forme turbulente. De l'enthousiasme et du désordre. Du neuf aussi, ou cru tel, et, dans le public, un intérêt vif pour le chamaillis de cette nichée de faucons. Est-ce un mirage de croire que même aujourd'hui,

après trente-cinq années, cette Zzberté à belle et. fringante allure n'est pas tout à fait oubliée ?

€ L'Avocature >» commence alors à me ténir fortement."Le Droit m'attire, mais en sa substance contemporaine positive, restreinte et transitoire.

Je l'ai expliqué plus haut. J'ai montré les métamorphoses qu'il revêtit dans mon cerveau mal instruit par l'enseignement utilitaire et mesquin d'alors, visant non pas à laire.dés hommes ét des caractères, mais à nantir le plus rapidement possible les étudiants du pauvre trousseau de connaissances strictement indispensable pour commencer l'exercice d'une profession. J'at montre ma pensée juridique sélargissant, au cours des années, et s'épanchant dans des écrits de plus en plus considérables, dans des travaux dont le nombre et la permanence, imprévus quand je les entamai (si j'avais su, eussé-je osé les entreprendre?), souvent en ma mémoire, non pas orgueilleuse mais essayant

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