XIII
introduite chez nous qu'au commencement du seizième siècle. Jusque-là nous nous contentions en général de lire l'antiquité grecque dans des traductions latines, sans recourir aux originaux. François Tissard, originaire d'Amboise, fut le premier qui édita, vers 1510, chez l'imprimeur Gilles Gourmont, des livres grecs fort imparfaitement exécutés, malgré les peines qu'ils coûtèrent. Parmi ceux à qui l'on dut quelque progrès, on remarque Conrad Néobar, qui fut, en 1538, nommé imprimeur du roi pour le grec, si Ton s'en rapporte toutefois à des lettres patentes dont l'authenticité n'a pas paru inattaquable *. Quoi qu'il en soit , jusqu'au moment où Robert dirigea de ce côté son activité intelligente , le nombre des auteurs que npus avions publiés en grec était très-restreint et l'on ne se servait que de caractères défectueux. Pour la typographie orientale , et notamment l'impression des livres hébreux, le même Gourmont l'avait abordée en 1508. Néanmoins, en dépit de ses efforts, continués par Gérard de Morrhy et Chrétien Wéchel , on était singulièrement arriéré à cet égard, et il n'y avait encore eu, à Paris , que de rares et d'insuffisants essais, lorsque Robert, encouragé par les libéralités de François I er , le fondateur du collège des trois langues, au nombre desquelles était l'hébreu , entra dans cette carrière avec plus de courage et de succès.
Par lui , bientôt , tout changea de face. Muni des beaux caractères de Le Bé, fondus sur l'ordre et sans
langue grecque. LesManuce, en soixante ans environ, donnèrent soixante- trois éditions princeps : on en dut trente-trois au seul Aide l'ancien, de 1494 à 1515, entre lesquelles les ouvrages d'Aristote , de Platon , d'Aristophane , de Démosthène , elc.
1. Elles ont été publiées par M. Crapelet : voyez à ce sujet le Journal des savants /avril 1836, p. 248.