‹ Conformité du langage français avec le grecChapitre 153 sur 256 · CXCIX · texte numérisé non relu

CXCIX

au duc de Brunswick et devenu malheureusement trop rare, offre de précieux ornements pour la mémoire et , ce qui vaut mieux , des règles pratiques pour la conduite , des secours efficaces pour l'âme : on pourrait le définir un résumé de la morale antique. C'est l'un de ces petits livres, aimés de Henri Estienne, qui, tenant lieu de plusieurs, renferment en peu d'espace beaucoup de substance : il est divisé par sections, dont la première présente les pensées qui roulent sur la vertu en général ; la seconde et les suivantes, celles qui concernent chaque vertu en particulier, telle que la tempérance, la valeur, etc. Çà et là d'heureux rapprochements piquent et réveillent l'attention; car Henri Estienne se plaft à comparer, dans l'expression des mêmes idées, les poètes célèbres de la Grèce et de Rome. La comédie nouvelle d'Athènes lui fournit notamment de fréquentes sentences, où Ton remarque cette teinte grave et doucement mélancolique qui distingue Ménandre et son école 1 .

Deux ans après, dans un manuel, destiné comme le précédent à la jeunesse 2 , H. Estienne fit passer en vers grecs d'autres pensées choisies chez les plus anciens poètes latins : ce fut le fruit de ses loisirs pendant un voyage à Vienne en Autriche. Là encore le caractère moral et littéraire est heureusement associé. L'auteur nous apprend* qu'il chercha dans ce travail une distraction aux peines qui l'assaillaient, lorsque ses regards se

a imité de très-près, Epist. CVIII, et quelques vers français de La Faye, où la même idée a été fort bien exprimée ( voy. Mairaontel, Éléments de littérature 9 à Fart, rime),

1. Voy. Henri Estienne, préface du Virtutum Encomia; cf. M. Villemain , Tableau de la littérature au xyio* siècle, T édit. , t. II, p. 325.

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