‹ Conformité du langage français avec le grecChapitre 65 sur 256 · LXXV · texte numérisé non relu

LXXV

Henri Estienne a fait lui-même la 'contre-partie de son ingénieux traité, ou plutôt il a sensiblement infirmé la valeur de ses conclusions, quand il a recueilli , pour l'intérêt d'une autre cause, dans son livre de la Latinité faussement suspecte, un grand nombre d'expressions latines dont la similitude frappante avec les françaises indique mieux encore une origine commune. Par là on aperçoit clairement que l'idiome romain , cet intermédiaire qu'on avait voulu écarter, est bien en réalité celui auquel nous sommes le plus redevables*.

Lorsque Henri fit paraître la Conformité, un malheur de famille venait de l'atteindre, ainsi que nous l'apprend la préface de cet ouvrage : peu de mois auparavant , il avait été privé de la douce et heureuse compagnie de sa femme, Marguerite Pillot ou Pilon ; marié vers la fin de 1555 , il l'avait perdue en octobre 1564. On nous permettra , à cette occasion , d'entrer sur notre auteur dans quelques détails domestiques : plusieurs de ses lettres récemment retrouvées 2 , et les registres de l'état civil

ricus Stephanus, de italica Monosinius, de hispanica Matutius et Aldretus, de anglka Stephanus Skynnerus , qui verborum catologos subinde contexuere, quae aGrœcia profluxisse volunt. »

1. Parmi les auteurs qui ont établi le parallèle du français avec le latin on remarque Le Laboureur qui a même prétendu établir la supériorité de notre langue sur celle des Romains. — Quant à la proportion des divers éléments entrés dans la composition

t de notre idiome, elle a pu être ainsi établie : trois sixièmes appartiennent au latin , introduit par les Romains vainqueurs ; un sixième à la langue des anciens Gaulois , au celtique ; un autre à l'allemand, en usage chez les Francs; un dernier sixième enfin au grec , que l'on parlait autrefois à Marseille.

2. M. Passow en a publié vingt-sept (l'une d'elles a déjà été citée), qui, écrites en latin de la main de Henri, existaient dan» la bibliothèque Sainte-Elisabeth à Breslau : voy. Opusc. academ. ,

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