‹ Conformité du langage françois avec le grecChapitre 103 sur 243 · CUI · texte numérisé non relu

CUI

rudesse. Non content d'interdire aux étrangers l'accès de sa bibliothèque , si pleine de richesses enviées, il ne permet pas même à ses proches d*y pénétrer * ; inabordable également pour tous, il s'y cache comme un avare au milieu de ses trésors, vrai bibliotaphe, ainsi que Fod surnommait son ami Henri de Mesmes : bien différents, Tun et l'autre, de ce généreux GroUier , jadis ambassadeur de François I^^ à Rome, qui , après une carrière diplomatique honorable, vouant le reste de sa vie aux loisirs littéraires, avait formé une bibliothèque d'environ trois mille volumes, reliés avec magnificence, et sur la couverture desquels on lisait : « Joannis Grollerii et amicorum ^. » |

Les livres de Henri Estienne, sans usage durant ses absences si prolongées , se détérioraient dans l'abandon et les ténèbres. Malheur à ceux qui lui confiaient alors leurs travaux. Renfermés avec les siens , il n'était presque plus possible d'en obtenir la restitution : ses oreilles , étaient sourdes aux réclamations et aux prières. Pour \ rendre à Rittershuys un manuscrit vainement sollicité , : il fallut , pendant l'éloignement du maître , forcer l'entrée de sa bibliothèque. L'affection que Casaubon portait à ce savant lui inspira cette audace, sur laquelle il demande son secret le plus absolu : car il ne saurait prévoir, lui dit-il , quelles violences , quels terribles orages une simple indiscrétion pourrait exciter*. Tel était l'effroi que rhumeur ombrageuse de H. Estienne et son despotisme impérieux inspiraient dans sa famille ! Leuncla-

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