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sur ce trépas funeste , dans des exagérations déclama^ toires, comme il est arrivé à d'autres ^ il vaut mieux en déterminer les circonstances avec scrupule pour la vérité y et sacrifier à Texactitude historique l'intérêt romanesque. Fidèle narrateur et au risque d'affaiblir ce que la tradition a de touchant , nous dirons donc que la mort de Henri Estienne à l'hôpital fut plutôt le résultat de son isolement que la preuve de son indigence. Surpris par la maladie dans une ville où il n'avait fait que passer^ et où sans doute il n'avait point d'amis^, il dut recourir , et peut-être même recourut-on pour lui , sans le connaître y aux secours de la charité publique ^ comme plus immédiats et plus efficaces. Ainsi sa présence dans cet asile de la douleur et de la misère fut purement accidentelle.
Ce qui démontre que l'état embarrassé de ses affaires n'excluait pas certaines ressources, c'est que tous les engagements pécuniaires qu'il avait contractés paraissent avoir été fidèlement remplis. La vente des livres fort nombreux que renfermaient ses magasins sufiitpour acquitter les dettes qu'il avait laissées, et permit en outre à sa veuve comme aux enfants qui lui survécurent et qui n'étaient pas établis, de conserver quelques moyens d'existence. Paul écrivait, plusieurs années après, « que son père, à sa mort, était , par la grâce de Dieu , paisible possesseur de son imprimerie*. »
1 . Dans le Borboniana il est dit faussement quMl avait dirigé quelque temps une imprimerie à Lyon en qualité de proie.
2. Il avait cependant, mais plus de vingt années auparavant, dédié un de ses livres (de Latinitate falso suspecta) à Chastillon, président au parlement de Lyon.
3. Cette lettre, datée de 1603, a été récemment retrouvée : on peut la lire dans Touvrage de M. Renouard sur les Estienne , p. 574 delà 2* édition. Elle réfute ce quia été affirmé par plusieurs,